• La droite française est tellement intelligente qu'elle est la seule à pouvoir donner l'illusion du contraire. Elle espère ainsi perpétuer les succès qu'elle a connus, depuis que Guy Mollet l'a accusée d'être la plus bête du monde. Mais, à force de trop faire semblant, elle risque d'être prise à son propre jeu : les électeurs finiront, un jour, par oublier son intelligence réelle, pour ne plus retenir que sa sottise apparente. Ce qui s'est passé en 1981, peut se reproduire en 1988, et même au-delà. Si la droite a décidé de perdre l'élection présidentielle, elle doit, encore, commettre quelques bêtises, car il lui reste bien des chances de gagner. Mais, pour avoir, au contraire, la certitude de remporter cette élection, il lui faut, très vite, dissiper le malentendu qui la brouille avec une partie du pays : la prise de conscience, au sommet, des candidats et de leurs plus proches partisans, n'est pas encore suffisamment descendue à la base. C'est à l'intention de ceux qui n'ont toujours pas ouvert les yeux qu'est jeté ce pavé dans la mare, pendant qu'il en est encore temps...

  • Un million de chômeurs ? Vous n'y pensez pas, c'est économiquement impossible... Deux millions ? Vous plaisantez, ce serait l'explosion sociale ! Et pourtant ! Nous en sommes maintenant à deux millions et demi. Trois millions et demi de chômeurs, demain, est-ce si absurde, puisque rien n'indique que la tendance soit prête à s'inverser ? Prenant appui sur l'Indicateur de Gravité du Chômage - un instrument de mesure statistique qu'il a mis au point -, Philippe Vasseur nous oblige à regarder la réalité en face ; le changement politique, nous dit-il, est insuffisant : alternance ou pas, le chômage n'a cessé de progresser depuis cinq ans. Les remèdes-miracles ont fait long feu ; même si la France retrouvait une croissance forte, cette éclaircie inespérée ne permettrait pas de surmonter toutes les difficultés. Quant aux espoirs placés dans les progrès technologiques et les secteurs de pointe, on en est déjà revenu : c'est souvent là que l'on supprime le plus d'emplois ! Alors, peut-on dire, pour parodier une formule célèbre, qu'avant 1981, on était au bord du gouffre et que, depuis, on a fait un grand pas en avant ? Aujourd'hui, en tout cas, il est trop tard pour tergiverser, il faut agir. Un livre à lire, d'urgence. Parce que nous sommes tous, désormais, des chômeurs en sursis.

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