• L'histoire du thé remonte dans le plus lointain passé de l'Asie ; légendes et histoires se mêlent pour raconter ses origines en Chine, plus de 2 000 ans avant J.-C.
    Peu à peu, la préparation et la cérémonie du thé allaient s'élaborer dans des rites raffinés qui trouvèrent leur voie idéale dans le taoïsme chinois. Le Japon fut ensuite initié à ses délices et en fit un élément essentiel de sa culture.
    C'est seulement au XVIIe siècle que l'Europe découvre le thé quand les navires de la Compagnie des Indes orientales ramènent d'Extrême-Orient la précieuse denrée. Les Anglais font alors du thé leur boisson nationale et son commerce est une des bases de leur suprématie mondiale à l'époque des clippers. Tout un art de l'hospitalité se crée par le thé tandis que les plantations de l'Assam, fleuron de l'Empire des Indes, se développent dans le sang et les larmes : par dizaines de milliers, les coolies y furent massacrés. Tel fut le prix de l'expansion brutale d'une économie conquérante qui soutiendra le raffinement des salons victoriens.
    Boisson à l'histoire fabuleuse, par ses origines comme par ses plus récents développements, le thé séduit toujours les imaginations par l'exotisme attaché à son nom. C'est aujourd'hui une boisson mondiale, un agent économique important, un art de vivre, et un des symboles du monde britannique.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • En faisant revivre, au jour le jour, la ville et ses habitants, des guerres de Religion à la Révolution, le grand historien qu'est Paul Butel fait entrer le lecteur dans un monde de contrastes. En dépit de la dureté des temps, encore grande pour beaucoup, le Bordelais de la fin de l'Ancien Régime profite des nouveaux horizons ouverts au grand port des Lumières. Il ne se reconnaîtrait pas dans le Bordeaux du temps de Montaigne, ville tapie dans le cocon de ses remparts, ravagée par la peste, ni même dans la cité qu'un François de Sourdis a voulu convertir, encore moins dans la ville rebelle et insoumise qu'un Parlement, jaloux de son autorité, ferme aux troupes royales à l'époque de la Fronde. À la crainte presque quotidienne de la peste, au renouvellement de la foi sous l'impulsion de groupes de ferveur, soutenus par la dévotion populaire, la nouvelle prospérité du XVIIIe siècle a fait succéder un puissant dynamisme, celui des élites marchandes construisant leurs fortunes de la Baltique à la Caraïbe, étroitement liées aux juges, ces robins acceptant encore mal le poids du pouvoir. Tourny, lou tyran de Bourdeu, impose le décor royal, mais la cité s'éveille d'elle-même à la fièvre des nouveaux quartiers. Cependant, les rythmes quotidiens de la vie demeurent en partie les mêmes : on ne se lasse pas de suivre la société au fil des jours, dans la fondation des familles et la diversité des destins, comme en marge du quotidien, dans les jeux de la délinquance et de la débauche ou l'art de paraître et le plaisir de la fête.

empty