• En 1983, Patrick Roegiers s'établit à Paris pour devenir écrivain. Personne ne l'attend.
    Installé dans la maison de Saint-Maur, d'où sortent tous ses livres, il conte avec humour ses premiers pas dans l'édition. Le bonheur en famille se conjugue avec des coups de théâtre, des incidents tragi-comiques ou carrément burlesques, qui émaillent l'existence de celui qui construit son oeuvre au fil de la plume, sans quasiment sortir de son bureau, alors que le monde tourne autour de lui.
    Voyages et vacances au bord de la mer, rencontres inattendues, portraits émouvants d'artistes, auteurs, acteurs, chanteurs, éditeurs ou cinéastes admirés.
    Portée par une écriture enthousiaste, une éblouissante déclaration d'amour à la France.
    Cet hymne à la création crépite comme un feu d'artifice apollinien.

  • Voici le grand roman picaresque sur la Belgique, mené au pas de course par un héros de onze ans, sans prénom ni parents. S'y croisent en une succession d'aventures originales et inatten-dues Yolande Moreau, Victor Hugo à Waterloo, Jacques Brel qui chante la naissance du pays avec la Malibran. Mais aussi les Quatre fils Aymon à l'Exposition Universelle de 1958. Ou Hugo Claus, l'auteur du « Chagrin des Belges », dont cette fresque épique est le pendant joyeux. Echappée au tour des Flandres, tranchées de la guerre 14-18, école buissonnière en compagnie de Verlaine et de Nadar, c'est toute la Belgique du passé et du présent qui défile en une sarabande délirante.
    On rit, on s'amuse, on s'interroge...
    Tintin, Simenon, James Ensor, Marc Dutroux et le grand Bruegel sont de la partie. L'anachronisme se mêle ici à l'érudition et à la plus haute fantaisie. Plus que tout, Le bonheur des Belges est porté par une langue éblouissante. A la fois drôle, cruelle, torrentueuse, poétique et musicale. Elle est le coeur même de ce livre singulier, curieusement euphorique, à l'heure où la Belgique, petit pays génial et méconnu, s'interroge sur son avenir.

  • « Lorsque j'ai été mis à la porte de chez mes parents le jour de mes vingt ans, vendredi 22 septembre 1967, j'aurais dû comme Salvador Dali dans la même  situation me raser le  crâne et placer un oursin sur le dessus de ma tête, à l'instar de Guillaume Tell posant une pomme sur le front de son fils  ... »  
     
    Dans ce livre incisif et percutant, allègrement écrit, après avoir attendu longtemps, avec beaucoup d'amusement et une grande sincérité, Patrick Roegiers parle pour la première fois de lui-même, de ses parents, de sa famille, de son éducation, des fracas de son adolescence et des tumultes de son enfance. Sans nostalgie mais non sans émotion, il  raconte son histoire comme il l'a vécue et, surtout, telle que la reconstitue et la ressent inconsciemment la mémoire. Le portrait de sa mère, Gorgone moderne, Médée vengeresse, chargée d'une lourde hérédité et agonisant sa progéniture, est plus que saisissant. Le souvenir n'est pas le pardon. Le passé n'est jamais mort. C'est un fantasme du présent.

  • Beau regard

    Patrick Roegiers

    Beau regard est le récit détaillé d'un dîner où l'on ne mange que des homards.
    Spectres de chair et d'os, aux gestes mécaniques, ces gens en tenue de soirée sont dépecés de sang-froid par un hôte imprévu qui, tel un mauvais ange, s'évertue à donner corps à ses fantasmes. De menus incidents, des détails infimes et la plus fugitive image prennent une importance disproportionnée aux yeux de cet observateur distant et muet (le narrateur du livre) qui se livre à un acte de véritable chirurgie visuelle.
    Le rapport extravagant d'un homme à son poids, le soin maladif qu'il apporte à l'entretien de sa pelouse, l'obsédante précision des doigts décortiquant les crustacés constituent les ingrédients premiers de cette sonate acide, aux tonalités singulières.
    Passant progressivement de la description objective à la vision introspective, cet acte de dissection par le regard mue la table en salle d'opération et le rituel convivial du repas en une radiographie sans appel des comportements humains.
    Projection rêvée d'une situation banale, ce récit virulent célèbre l'absolue primauté de la vue. Mené avec une rigueur sourcilleuse, il se déroule en continu, d'une seule respiration, comme la rotation de la terre ou la circulation du sang.

  • Un Fragonard peut en cacher en autre. Honoré, né à Grasse, se forme à l'anatomie auprès du dénommé Lemoignon, avant de monter à Paris pour enseigner auprès de Bougrelat, fondateur de l'École vétérinaire de Maisons-Alfort, où il se voue à l'exploration des chairs, des peaux, des dépouilles et conçoit ses fameux écorchés. Attentif aux grandes expérimentations scientifiques caractérisant le basculement du XVIIIe au XIXe siècle, il est un personnage singulier, profondément émouvant, qui traverse une époque effervescente où le monde est défini sous l'éclairage de la raison, et non plus de la religion. Il croise des peintres (Jean-Honoré, son célèbre cousin, ainsi que David), des écrivains (Diderot), des figures pittoresques. Mais aussi l'amour : une jeune fille littéralement foudroyée lors de leur seule et ultime rencontre, et dont le deuil demeure impossible.
    Ce roman foisonnant et haut en couleur révèle la part d'ombre qui sous-tend les Lumières, muant ainsi le siècle classique en un siècle baroque. On retrouve ici tout l'humour, l'invention verbale, le délire, la puissance visionnaire de l'auteur d'Hémisphère Nord et de La Géométrie des sentiments, deux livres qui, avec Le Cousin de Fragonard, composent une trilogie sur les rapports de la science et de l'art.


  • -  Vous avez le permis pour regarder le lac  ?
    -  C'est combien  ?
    -  50 francs suisses.
    -  Ce n'est pas donné.
    -  Tout se paye.
    -  On l'a noté.
    -  Pas de sous, pas de Suisse.
    -  Quel beau pays  !
     
    Hergé, le père de Tintin, et Léopold, le roi des Belges, se rencontrent au bord du lac Léman, en juillet 1948. L'un est en dépression, l'autre en exil. Ils sont les protagonistes d'un film où ils jouent leur propre personnage et qui se tourne à mesure que le roman s'écrit. La distribution comprend Marlene Dietrich, Humphrey Bogart et Ava Gardner notamment, mais aussi Tex Avery, Walt Disney et Harold Lloyd. Le film est dans le roman, le roman est dans le film.
    Un livre vraiment original, drôle, inattendu, mordant et sarcastique, où la virtuosité s'allie à la plus haute fantaisie.

  • L'histoire de la Belgique racontée à travers la vie de ses rois, de Léopold I er à Albert II. Le succès de l'année 2007 dans les librairies belges.
    Présente trente-cinq semaines d'affilée dans la liste des best-sellers, La Spectaculaire Histoire des rois des Belges est proposée ici dans une version revue et actualisée. " Ce livre se lit comme un véritable roman-feuilleton. "SEPTENTRION " Ah, qu'on eût aimé avoir un prof d'histoire qui nous eût raconté l'histoire de Belgique comme le fait Patrick Roegiers ! "LA LIBRE BELGIQUE " Ce livre a tout pour plaire à un très large public. Il y a le style, l'amoureux de la langue, des formules à l'emporte-pièce. On sourit à chaque page, un régal. "LA REVUE GÉNÉRALE " Une thèse terriblement convaincante et d'une actualité brûlante au fil d'un récit enlevé. "TÉLÉRAMA " Un succès inouï. "LE FIGARO LITTÉRAIRE " Une sorte d'épopée fl amboyante. "DERNIÈRE HEURE Auteur entre autres de neuf romans, Patrick Roegiers prolonge ici sa réfl exion sur son pays d'origine, inaugurée avec Le Mal du pays, autobiographie de la Belgique (Seuil) et La Belgique, le roman d'un pays (Gallimard).

  • Marcel Proust et James Joyce se sont vraiment rencontrés le 18 mai 1922, au Ritz, dans mon roman. L'amour de la nuit, la solitude, l'état déplorable de leur santé, l'insularité de leur personnalité, l'ampleur de l'œuvre, la folie de la langue, mais aussi les phobies (les rats pour l'un, les chiens pour l'autre), l'amour des chansonnettes (ils adorent " Viens Poupoule "), tout les rapproche. Marcel vient de terminer La Recherche, James de publier Ulysse. Un coup de foudre en amitié unit ces deux génies qui se tutoient.
    Dans la seconde partie, Proust décède. À son enterrement, au Père-Lachaise, se presse le gotha de la littérature. Homère, Shakespeare, Molière, Diderot, Kafka, Calvino, Barthes... La disparition d'un écrivain contient celle de tous les autres. Et Proust en personne assiste à sa mise en terre. La fiction l'emporte sur le Temps. Les grands écrivains ne meurent jamais.
    P.R.

  • Hémisphère Nord conte en sept parties la vie d'un peintre romantique, nommé Ulrich, que l'on suit pas à pas, depuis sa naissance au bord extrême du monde, en 1774, à Greifswald, station baleinière (Suède), jusqu'à Copenhague, où il s'inscrit à l'Akadémie, puis à Dresde, alors haut lieu culturel de l'Ailemagne, où il arrive à vingt ans, réalise son oeuvre, se marie, connaît la gloire, et où il meurt en 1840.
    La portée du destin, l'élan de l'aine, l'amour de l'art, l'effroi de la perte et la griserie de la mélancolie - mal endémique -, la quête constante de la causalité (héritage des Lumières), la complétude de l'amitié, autant de thèmes qui étayent cet étonnant feuilleton fourmillant d'anecdotes, d'épisodes inattendus, de rencontres, avec des personnages réels (Goethe, Schopenhauer, Turner) mêlés à maintes figures inventées. Ode à la culture du Nord (le Siècle d'Or hollandais n'est pas loin), cette fresque effervescente et haute en couleurs, brossée à traits amples, obéit à un parti pris osé: celui de la démesure, qui lie l'homme à la Nature, aux éléments forts de l'univers, par la seule jubilation de l'écriture, selon le dessein même d'Ulrich quand il créait sur le motif.

  • La Géométrie des sentiments, fresque romanesque, raconte sur six siècles l'histoire fictive ou vraie de neuf couples dont neuf peintres ont fait le portrait : Van E yck, Titien, Rubens, De Hooch, Gainsbourgh, Wright of Derby, Ensor, Hopper et Hockney.
    De 1434 aux golden sixties, c'est à une inédite carte du Tendre et du Temps, mariant les langues, les villes (de Bruges à New York, via Venise, Anvers, Amsterdam, Ostende, Londres), les us et coutumes, le sexe (dans tous ses états), l'art et l'argent (de la création de la Bourse au krach de 1929), que convie ce feuilleté kaléidoscopique, à la fois tableau satirique et poplémologique hardie des stratégies amoureuses.
    Entre ce que montre une toile célèbre et ce que perçoit le lecteur – que se passe-t-il la nuit de noces ? qui sont vraiment les personnages ? comment finit l'histoire ? – éclôt un monde ou s'éploie la fiction.
    Œuvrant en cartographe de l'intime, Patrick Roegiers brosse un étourdissant traité des passions et poursuit avec jubilation le dialogue érudit entre littérature et peinture inauguré avec Hémisphère Nord.

  • Les deux proses de ce volume, diptyque crépusculaire conçu dans un même élan narratif, célèbrent deux figures emblématiques de la Renaissance : Dürer et Vésale, l'artiste et le savant, quasi contemporains puisque l'un voit naître Charles Quint et que l'autre le voit s'éteindre.
    Pour l'un comme pour l'autre, il s'agit d'une parole ultime ou " testamentaire ", qui suit le décès dans le cas de Dürer - sa servante alors a charge de conter la vie de son maître et se révèle à elle-même à mesure de l'avancée du discours - et qui précède la fin dans le cas de Vésale, ce dernier parlant en son nom propre et clamant sa vérité face à l'oubli de l'histoire.
    Ainsi s'entend le tumulte des sorts illustres : écho puissant et imagé, silence grave des ateliers, rumeurs chuchotées des amphithéâtres de dissection. Dans leurs ultimes moments, les grands destins, prémonitoires, sonnent comme des catastrophes.

  • Frère cadet de Georges Simenon, Christian fut élevé à ses côtés par une mère bigote qui le chérissait et traitait son aîné d'incapable.
    Proie idéale pour le rexisme, parti d'extrême-droite fondé en Belgique par Léon Degrelle, braillard intarissable, Christian s'égara dans la collaboration et participa activement à une effroyable tuerie.
    De son côté, Georges menait la vie de château en Vendée. Livres à succès, femmes et films. Comment se défaire de ce frère encombrant qui allait salir sa réputation? 
    Christian, se sachant condamné à mort, s'engagea dans la Légion et disparut sans laisser de traces ...
    Portrait croisé de deux êtres au destin opposé, L'autre Simenon est un roman à double face, où la mise en lumière de l'un révèle la part d'ombre de l'autre. C'est aussi le portrait d'une époque. Un tableau de faits troublant, porté par une langue implacable, qui parle du passé pour mieux dire le présent.

  • Tripp

    Patrick Roegiers

    J'ai eu envie, dix ans après la publication de mon premier roman, Beau Regard, de retrouver mes personnages qui venaient de participer à un singulier dîner de homard.
    Ainsi, Ange, le narrateur, se retrouve-t-il - par le plus grand des hasards - chez les Tripp qu'il vient à peine de quitter. Et qui le convient aussitôt à passer la nuit sous leur toit.
    De menus événements (un doigt coupé, une claudication, un saignement de nez), perçus comme autant d'indices révélateurs, alimentent cette étrange nuit vécue dans un état second, à mi-chemin du mauvais rêve propre aux digestions difficiles et aux fantasmes ou hallucinations éprouvantes que fait naître un sommeil impossible à trouver.
    Se joue ainsi une partition narrative, cruelle et sauvage, où le cochon qui dort en chacun de nous prend peu à peu le dessus sur la digestion en cours des crustacés. Le séjour nocturne chez les Tripp s'assimile donc à un effrayant voyage intérieur où le refoulé s'allie à l'innommable. Une vraie nuit de cauchemar.
    P.R.

  • Par sa vision singulière de la réalité, et son défi constant aux conventions, Bill Brandt (1904-1983) a su donner à l'expression de son univers personnel, une dimension plastique exemplaire. Il est surtout l'un des premiers grands photographes à s'être sciemment constitué un style. Son oeuvre s'enracine dans la durée, sur plus d'un demi-siècle, et aborde les quatre grands genres de l'art photographique que sont le reportage, le portrait, le nu, et le paysage, mais elle conserve une part indispensable de mystère, indissociablement liée à la personnalité de son auteur.

  •  « Depuis trente ans que je vis en France, il était temps de dire ce que je dois à la littérature française. La première partie de La traversée des plaisirs, intitulée « Le corps des mots », est un voyage ludique dans ma bibliothèque. Portrait inattendu de neuf grands auteurs (Perec, Beckett, Céline, Dubillard, Leiris, Barthes, Michaux, Robbe-Grillet, Claude Simon), « Le corps des écrivains » compose la seconde partie de cette escapade littéraire qui n'est pas un essai critique, mais un exercice d'admiration et une profession de foi dans les livres et l'écriture. »P.R.

  • Diane Arbus est aujourd'hui un mythe et, trente-cinq ans après sa mort, son oeuvre demeure l'une des plus fascinantes de l'histoire de la photographie du XXe siècle, tant par sa beauté que par la singularité des sujets abordés : les « monstres », bien sûr, mais aussi la solitude et la vieillesse, le corps et son image, la panoplie des déviations sexuelles, l'enfer du couple et de la famille, le spectacle de la laideur et le fantasme désormais commun de la reconnaissance ou de la célébrité. Sans oublier le portrait de l'Amérique, si turbulente, des années soixante, qui semble à mille lieues de celle que nous connaissons aujourd'hui. À la fois puissante, fragile et solitaire, Diane Arbus apparaît ici comme la figure centrale d'un conte de fées à rebours, sorte de descente tragique aux Enfers, qu'elle-même envisageait comme une tentative de recréation du monde. Seul livre consacré jusqu'ici à l'analyse de son oeuvre, Diane Arbus ou le rêve du naufrage reparaît vingt ans après sa publication, à l'occasion de la sortie du film "Fur" où Nicole Kidman interprète le rôle de Diane Arbus.

  • L'horloge universelle relate les diverses étapes de la vie d'un chanteur d'opéra. L'usage de la langue, la pensée du regard, la fascination des étoiles, la rotation des astres et la vie interne du corps, l'amour des nombres et de la musique, l'obsédante présence du passé, la mesure du possible, joints à la contemplation des formes essentielles et au détachement de tout, qui mène vers l'illumination de la blancheur, brossent, de l'apprentissage à la maturité, l'implacable portrait d'un héros pour qui l'intérieur est la galaxie de l'individu, sa loge dans le théâtre du monde. Ce drame à une voix, qui dit la couleur et la pression de chaque mot, est construit en six parties, comme six jours pour inventer le monde, ou sept, en comptant l'épilogue, selon la division traditionnelle de l'univers chez les géographes anciens. Forme imaginative, lyrique et poétique, l'écriture crée une sorte d'opéra visuel, constellation du verbe et de la pensée, qu'amplifient la largeur du style et l'intensité des tons, où le pouvoir de surprendre et celui d'enchanter se mêlent en une étrange et magnifique harmonie.

  • Brossant d'un même élan son portrait et l'autobiographie d'un pays voisin, si proche de la France en apparence, Patrick Roegiers propose avec une tendresse ironique et une mordante franchise une lecture sans précédent de la Belgique.
    Tout y passe: la littérature, la peinture, les mœurs, le sport, la cuisine, mais aussi la pluie, les souvenirs d'enfance, et la mythologie des grands noms (Brel, Tintin, Merckx, Magritte, Ensor, Spilliaert, Michaux, Panamarenko ou Jan Fabre). Et, bien sûr, la question cruciale de la langue, liée à l'absence de langue belge proprement dite aussi bien qu'aux conflits linguistiques. Car "le mal du pays" est autant le mal que le pays s'inflige à lui-même que la nostalgie que l'on en a quand on est parti.
    À la fois dithyrambe féroce et pamphlet louangeur, ce livre, organisé sous forme d'abécédaire, de dictionnaire excentrique, de lexique imaginaire, est une somme unique, ludique, savante et délirante comme il n'en existe pour aucun autre pays.

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