Armand Colin

  • La période classique (Ve-IVe  siècles) est la plus célèbre de l'histoire de la Grèce. Elle a exercé une véritable fascination jusqu'à aujourd'hui grâce aux témoignages littéraires, architecturaux ou artistiques qu'elle a laissés à la postérité. Mais cette fascination est-elle pleinement justifiée, et est-elle réductible à la seule Athènes ?
    Cet ouvrage interroge la vision idyllique du monde grec à travers les événements, mais aussi les grands domaines de l'histoire (politique, société, culture, religion), pour aboutir à des conclusions plus nuancées sur une période qui reste l'une des plus fascinantes de la civilisation occidentale.

  • La période classique (Ve-IVe siècles) est la plus célèbre de l'histoire de la Grèce, la plus célébrée aussi. Elle a exercé une véritable fascination sur les siècles suivants grâce aux témoignages littéraires, architecturaux ou artistiques qu'elle a laissés à la postérité. Cette fascination n'est pas allée sans distorsions des réalités contemporaines, moins aisées à comprendre qu'il n'y paraît au premier abord. L'importance et le poids d'Athènes durant ces deux siècles a en effet occulté la diversité du reste du monde grec, tandis que l'appropriation par les civilisations occidentales du « miracle grec » a contribué à donner à cette période l'image d'un apogée dans tous les secteurs de la civilisation.
    De fait, de Marathon à Chéronée, de Miltiade à Démosthène en passant par Périclès, Hérodote, Thucydide, Eschyle, Sophocle, Euripide, Aristophane, Phidias, Praxitèle, Platon ou Aristote, c'est Athènes qui semble fournir le fil conducteur à l'histoire, donner le ton à la civilisation du temps et préciser le cadre d'un éternel grec, dans ses réussites comme dans ses échecs.
    Mais Athènes n'est pas la Grèce et la vision idyllique d'un monde est ici discutée et partiellement remise en cause, au travers des événements, mais aussi des grands domaines de l'histoire (politique, société, culture, religion), pour aboutir à des conclusions plus nuancées sur une période qui demeure extraordinaire.

  • Aux Ve et IVe siècles, Athènes connut une période extraordinaire de son histoire, marquée par deux phénomènes complémentaires et indissociablement liés l'un à l'autre, l'impérialisme et la démocratie. Née sur le champ de bataille de Marathon, la volonté de domination des Athéniens sur l'ensemble du monde grec se manifesta sans aucun scrupule et ne cessa de hanter les esprits, même dans les moments de doute. En parallèle, la cité se dota d'institutions de plus en plus démocratiques, marquées par un sévère contrôle des prérogatives des magistrats et une stricte limitation des ambitions de l'aristocratie. Jusqu'à ce que la poussée macédonienne, sous les coups de boutoir de Philippe, d'Alexandre et de leurs successeurs, bride pour jamais les ambitions internationales d'Athènes et abolisse la démocratie ancestrale.
    Pendant que la cité affirmait sa suprématie militaire un peu partout en Grèce, les Athéniens mirent en scène leur propre histoire en faisant graver des stèles de marbre rappelant les traités passés avec les alliés-sujets, en publiant les lois et décrets votés par le peuple, en multipliant les dédicaces, tant publiques que privées, aux dieux. L'agora, l'acropole, les sanctuaires se couvrirent peu à peu d'inscriptions, irremplaçables documents pour comprendre une histoire en train de se faire. Ce sont ces textes, reflétant l'image d'une cité sûre d'elle-même et dominatrice, qui sont ici traduits et commentés.Patrice Brun est professeur d'Histoire ancienne à l'Université Michel-Montaigne de Bordeaux. Il a notamment publié Les archipels égéens dans l'Antiquité grecque (Paris 1996), de L'orateur Démade (Bordeaux 2000) et, chez Armand Colin, Le monde grec à l'époque classique (2003).

empty