• " Qui suis-je ? " La question formulée par Descartes dans les Méditations métaphysiques traverse les courants les plus divers de la philosophie, sous des formes variées et conflictuelles. Wittgenstein, trois siècles plus tard, la reprend et la retravaille. Est-il possible, par un jeu de confrontation entre Descartes et Wittgenstein, de renouveler cette question de l'identité subjective ? C'est le projet que se fixe Pascale Gillot dans cet ouvrage.

    Elle nous fait entendre, chez ces deux philosophes traditionnellement opposés, une même attention à la grammaire spécifique de la subjectivité, qui n'est ni un quelque chose, ni un rien. Les expériences de pensée proposées par Wittgenstein, autour d'une expérience phénoménale ne renvoyant pas au corps propre (la possibilité d'avoir mal dans le corps d'un autre), rencontrent alors les analyses cartésiennes d'un Je, le Je métaphysique, un sujet sans référent corporel. Loin de s'identifier à une substance fantomatique, à un moi psychologique, ce Je inassignable donne à entendre le caractère constitutivement évanouissant de la subjectivité, une subjectivité rétive à la grammaire de l'objectification.

    Paradoxalement, le caractère insaisissable du sujet, sa vacuité, offrent un socle de résistance aux injonctions managériales à " être soi-même ". Ainsi se conçoit une possible libération à l'égard des multiples assignations à tel statut civil ou social ; autrement dit, un refus des identifications aliénantes autant qu'imaginaires.

  • Comment saisir la vie mentale ? Quel est le rapport de l'esprit au corps ? Deux traditions s'affrontent. D'un côté, l'hexagone. De l'autre, le monde anglo-saxon. D'un côté Descartes. De l'autre, Ryle, Davidson, Putnam, Kim. D'un côté le cogito. De l'autre l'intelligence artificielle ou les théories de l'identité esprit-cerveau. Faux débat, nous dit Pascale Gillot dans ce livre percutant. Outre-Atlantique Descartes est certes critiqué et contesté. Mais l'opposition entre la philosophie classique et la philosophy of mind est à interroger. Il y a des continuités cachées : en mettant en perspective les théories les plus actuelles avec Descartes, mais aussi Spinoza, Leibniz, des héritages se découvrent, des questionnements persistent, de nouvelles interrogations surgissent. Une confrontation stimulante et inédite de deux traditions en dehors des querelles d'école. Une histoire vivante et accessible des débats les plus actuels.

  • L'objet principal de cet ouvrage concerne la réception par Althusser de la « découverte de Freud » - telle qu'elle fut en particulier théorisée par Lacan - et la réélaboration qu'il en fit, dans le cadre spécifique du « retour à Marx », entre le début des années 1960 et la fin des années 1970. Il s'agit donc d'abord de réinterroger, au prisme de la théorie psychanalytique, quelques concepts importants de l'oeuvre d'Althusser, comme ceux de « lecture symptomale », de « surdétermination », ou encore de « causalité structurale ». C'est surtout dans cette perspective qu'il est possible de mieux entendre la singularité du projet althussérien de constitution d'une théorie de l'idéologie, au croisement du marxisme et de la psychanalyse. Si cette théorie de l'idéologie tend à combler un manque dans la philosophie même de Marx, elle s'articule expressément à une théorie de l'inconscient, et son horizon est celui d'une problématisation originale de la question du sujet, particulièrement intriquée et énigmatique dans l'oeuvre d'Althusser.

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