• L´élection présidentielle de 2012 fait partie de ces rares élections où, six mois avant l´échéance, le sort du second tour paraissait scellé. Elle se distingue fortement des derniers scrutins (1995, 2002 ou 2007) qui avaient connu un jeu politique plus ouvert et incertain. Tout s´est déroulé comme si les « figures imposées » l´avaient emporté sur les « figures libres » : figure de la mobilisation gauche-droite, figure des préoccupations économiques et sociales, figure du bilan dans un contexte de crise...
    À l´hyperprésidence de Nicolas Sarkozy, fragilisé à droite, a répondu la campagne de François Hollande en faveur d´une présidence normale. Le candidat socialiste a profité de l´effet catalyseur de la primaire socialiste pour rassembler son propre camp. Il a su aussi agréger des protestations diverses et hétéroclites qui, l´élection acquise, ont retrouvé leur pouvoir dissolvant et perturbateur.  Pascal Perrineau, directeur du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po associé au CNRS), a réuni les meilleurs spécialistes pour décrypter ce moment clé de la vie politique française. L´ensemble des contributeurs s´appuie sur l´étude du panel « Présidoscopie 2012 », le plus fin baromètre de la campagne présidentielle pour offrir une contribution décisive à la compréhension des processus de décision électorale.  Avec les contributions de Daniel Boy, Bruno Cautres, Flora Chanvril, Jean Chiche, Gilles Finchelstein, Jérôme Fourquet, Jérôme Jaffré, Anne Muxel, Henri Rey, Dominique Reynié, Mariette Sineau, Sylvie Strudel, Brice Teinturier, Thierry Vedel.

  • La France au front

    Pascal Perrineau

    • Fayard
    • 12 Février 2014

    Le Front national est-il en passe d´accéder au statut de « grand parti » ?Après avoir prospéré pendant près de trente ans sur les désillusions, les rejets et les inquiétudes, il aspire aujourd´hui à sortir de cette enclave. Le moment est propice : plus que jamais, la crise économique et sociale accentue le discrédit qui touche les deux grandes forces de gouvernement autour desquelles s´organisent les alternances depuis des décennies.  Pascal Perrineau propose une analyse de la stratégie du FN depuis sa création et de son évolution sur la longue durée. Décryptant les ressorts de sa dynamique actuelle, il montre comment l´appropriation des thèmes de la République et de la laïcité, le renouveau générationnel en son sein ou encore l´effort de « respectabilisation » lui confèrent une influence électorale croissante. Soigneusement lissée, l´image de son leader, Marine Le Pen, ne cesse de s´améliorer, et nombre d´idées véhiculées par le parti attirent une audience de plus en plus large.Alors, la France va-t-elle au Front ? Quels que soient les scénarios pour l´avenir, le FN est désormais une force avec laquelle le pays doit compter. Avec une certitude : la grande échéance présidentielle de 2017 rebattra les cartes du pouvoir.Professeur des universités à Sciences Po et directeur, jusqu´en 2013, du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), Pascal Perrineau est l´un des meilleurs analystes de la vie politique française, du vote, et particulièrement de l´extrême droite. Il est notamment l´auteur du Symptôme Le Pen (Fayard, 1997) et du Choix de Marianne (Fayard, 2012).

  • En se qualifiant pour le second tour de l'élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen a conforté la position du Front national au tout premier rang des forces politiques en France.
    Or, ce que Pascal Perrineau établit avec éclat dans ce livre choc, c'est que ce sont aussi les électeurs de gauche qui ont contribué à installer le FN en position dominante et que, ce faisant, ces derniers ont le sentiment de ne rien renier de leurs convictions profondes. Les motifs de leur vote (défense de l'État-providence, du rôle de l'État dans un monde globalisé, de la laïcité, d'une certaine idée de la République) sont au contraire demeurés les mêmes quand la gauche, disent-ils, aurait trahi ses idéaux et abandonné le peuple.
    C'est ainsi que l'enquête témoigne autant des raisons pour lesquelles la gauche a perdu son électorat populaire qu'elle éclaire l'impressionnante progression du parti de Marine Le Pen.
    Des leçons à tirer pour une gauche d'opposition.
    Pascal Perrineau est l'un des plus fins connaisseurs de la carte électorale de la France et des motivations du vote des Français. Il a été directeur du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po) entre 1994 et 2013. Il est professeur des universités à l'Institut d'études politiques de Paris.

  • Le choix de Marianne

    Pascal Perrineau

    • Fayard
    • 8 Février 2012

    Les Français vont bientôt se rendre aux urnes pour élire le président de la République. Leur choix sera l'expression de plusieurs fractures (ou "clivages") qui traversent la société française. Certaines sont anciennes et ne mettent plus toujours aujourd'hui en scène un affrontement politique lisible et fort : l'affrontement biséculaire de la droite et de la gauche, le conflit des classes sociales ou encore la partition politique des territoires. D'autres sont plus neuves mais ne parviennent pas encore à faire naître des oppositions politiques claires : les conceptions antagonistes de l'Europe et de son avenir, les lectures divergentes de la crise économique et de la mondialisation, le choc des valeurs ou des cultures.
    C'est à partir de ces fractures anciennes et nouvelles qui donnent sens au combat politique que nous construirons nos choix électoraux. Mais aussi, ceux-ci seront autant de réponses à une conjoncture, celle d'une année 2011-2012 marquée par trois inquiétudes aux allures de véritables défiances : celle vis-à-vis de la politique, celle vis-à-vis de l'avenir même du pays et celle vis-à-vis du président sortant. La politique vaut-elle encore une messe? La France est-elle encore capable d'aimer son avenir ou la "haine de soi" va-t-elle l'emporter? Dans un langage clair, débarrassé des lourdeurs universitaires, Pascal Perrineau éclaire le terrain politique sur lequel se formera notre décision électorale pour 2012.

  • La notion de "rupture", politique, économique, culturelle, a été introduite dans la campagne par Nicolas Sarkozy. Au-delà de la rhétorique, on pouvait s'interroger sur la capacité des électeurs à se retrouver dans cette "rupture" et à l'assumer. Une fois la campagne développée, le verdict des urnes exprimé et le nouveau cours de la politique sarkozyenne inscrit dans des actes de gouvernement, cet ouvrage prend la mesure des différences et des continuités propres aux élections présidentielle et législatives de 2007.
    La "bataille des images" pendant la campagne électorale, la forte participation les 22 avril et 6 mai, les résultats électoraux (du succès massif de Nicolas Sarkozy à l'usure de la gauche, de la dynamique autour de François Bayrou à l''effondrement du vote lepéniste), la bipartisanisation et la présidentialisation du système politique sont décryptés et illustrés de nombreuses cartes, graphiques et tableaux.
    Ont contribué à cet ouvrage : Daniel Boy, Pierre Bréchon, Yves-Marie Cann, Jean Chiche, Olivier Duhamel, Élisabeth Dupoirier, Jérôme Fourquet, Jacques Gerstlé, Gérard Grunberg, Jérôme Jaffré, Anne Muxel, Christophe Piar, Thierry Vedel.
    Créée en 1992 par le Cevipof, la collection "Choniques électorales" se propose à chaque élection d''en dégager la dynamique générale et de présenter analyse des résultats et résultats in extenso.

  • This edited volume is based on a highly original survey carried out between November 2011 and June 2012 among a panel of 6,000 voters. The panel was interviewed on 12 separate occasions about how and why they made their voting choices. The book focuses on how electoral choices are made and how these choices evolve during the short time-span of an election campaign. The analysis of the 2012 electoral result shows more than ever that voting choices are the fruit of interweaving timelines: the long term period that characterizes voters' predispositions and their predictions of a possible scenario; the shorter period of time during which the campaign unfolds where those predispositions are either confirmed, called into question, or undone; and the moment when the final choice is made. This is the first time the electoral decision-making process during a French Presidential election has been systematically studied. 

  • Les élections présidentielle et législatives de 2002 ont été les élections de tous les refus : refus dune campagne considérée comme ennuyeuse, refus dun scénario de second tour présenté comme bouclé, refus du vote et records dabstention, refus des grands candidats au premier tour de la présidentielle, et enfin refus de la cohabitation lors des législatives. Ce livre sefforce den prendre la mesure et den saisir toutes les logiques.

  • Fracture entre le peuple et les élites, inégalités sociales et sexuées, faiblesses de la démocratie participative, rejet du projet européen au profi t du nationalisme, primauté de l'intime dans la construction de l'engagement politique et du lien citoyen, incertitudes du socialisme et du libéralisme de demain... Que nous disent ces signaux sur l'évolution de la démocratie en France se demande ici une équipe de chercheurs du CEVIPOF ? Que le « commun » ne se fabrique plus à partir du public mais du privé. Que le politique a désormais pour creusets des espaces communautaires de toutes sortes, famille, obédiences religieuses, partis politiques, oligarchies... Qu'à cette confusion des répertoires répond une fragmentation sociale assumée, malgré les célébrations républicaines et les appels à l'union nationale. Ainsi s'élabore une démocratie de l'entre-soi, en rupture avec le principe de séparation des espaces public et privé qui a fondé la vie démocratique depuis les révolutions américaine et française.

empty