• Trop souvent, l'histoire de France fait fi de la mer. Elle est ici au coeur du nouveau livre d'Olivier Chaline. Les éléments, nous rappelle-t-il, ignorent les luttes entre nations et, dans leur sauvage impartialité, se prêtent aux calculs des hommes ou s'acharnent à les ruiner. C'est en fonction des vents et des courants, comme de la météo marine et des marées, qu'il faut considérer cette France des Bourbons : depuis le large, ses rives européennes et ses nombreux prolongements outre-mer. Que permet la mer ? Que refuse-t-elle ? Quelles routes la parcourent devant les rives françaises ou à partir d'elles ? Quels navires et quels équipages s'y aventurent ? Comment pénètre-t-elle le royaume terrien ? Dans ce livre inédit, constitué de toute la richesse de notre histoire maritime, revivent les obscurs et les sans-grade qui ont fait les équipages de la pêche, du commerce et de la guerre ; leurs conditions de vie, leurs voyages, leurs formations nous sont mieux connus en même temps que l'impressionnante complexité de leurs navires. C'est le quotidien passionnant des « petites mains » indispensables à la manoeuvre des vaisseaux - ces premiers géants de la mer - ou de la moindre gabare. Ainsi au fil des pages surgit une réalité, celle de Français vassaux de Neptune qui, dans des conditions souvent difficiles, n'ont jamais tourné le dos à la mer mais en ont accompagné les caprices, pressenti les désirs. Une tyrannie, certes, mais si douce pour ses inconditionnels...

  • Le règne de Louis XIV « L'État, c'est moi », la médiocre intelligence du roi, le pouvoir malfaisant de Mme de Maintenon, la domestication de la noblesse... La liste des lieux communs qui s'attachent au règne de Louis XIV semble infinie. Il y a du vrai, d'ailleurs, là-dedans, et aussi bien des sottises. Car en soixante-douze années de règne, de nombreux témoins ont été semés en chemin. Écoutons-les, pour prendre la mesure du règne de Louis : cet humble curé qui, du fond de sa province, guette le passage de la cour sur la route des Flandres ; cette favorite fatiguée de la vitalité d'un souverain aussi jouisseur qu'acharné au travail ; ce marin assoiffé de conquêtes à qui s'ouvre l'immensité du monde, des Indes à l'Amérique ; ce courtisan qui s'agace de piétiner dans la puanteur du chantier de Versailles... Au fil de ce livre surgissent la personnalité exceptionnelle du roi et l'emprise grandissante de son État. Mais ce qui apparaît aussi, c'est que nous avons oublié à quel point le règne de Louis XIV fut divers et souple - à mille lieues de l'absolutisme roide que nous imaginons.

  • L´année tragique. Comment évoquer autrement ces mois tissés de noir qui ont vu se succéder quatre dauphins à la cour de Louis XIV ? En avril 1711, le vieux roi perd son fils, emporté en quelques jours par la petite vérole. Sa tristesse est immense, mais Louis sait qu´il a en son petit-fils, le duc de Bourgogne, un successeur digne de lui. L´espoir tourne court : en février 1712, le jeune homme succombe à une maladie foudroyante ; trois semaines plus tard, le fils de celui-ci, le duc de Bretagne, devenu dauphin l´espace d´un mois, meurt à son tour. Louis est pétrifié de chagrin, la France semble saisie d´horreur, l´Europe entière a les yeux fixés sur Versailles en deuil, frappé par ce qui ressemble à une malédiction... L´avenir de la dynastie des Bourbons, cet arbre jadis si puissant, repose sur un enfant de deux ans, arrière-petit-fils du Roi-Soleil dont les chances de survie semblent bien compromises.
    Ce moment crépusculaire, raconté d´une plume magnifique par Olivier Chaline, offre un portrait exceptionnel de Louis XIV, accablé par la douleur, mais gardant la tête haute et, jusqu´au bout, le sens de la majesté.

  • Le règne de Louis XIV « L'État, c'est moi », la médiocre intelligence du roi, le pouvoir malfaisant de Mme de Maintenon, la domestication de la noblesse... La liste des lieux communs qui s'attachent au règne de Louis XIV semble infinie. Il y a du vrai, d'ailleurs, là-dedans, et aussi bien des sottises. Car en soixante-douze années de règne, de nombreux témoins ont été semés en chemin. Écoutons-les, pour prendre la mesure du règne de Louis : cet humble curé qui, du fond de sa province, guette le passage de la cour sur la route des Flandres ; cette favorite fatiguée de la vitalité d'un souverain aussi jouisseur qu'acharné au travail ; ce marin assoiffé de conquêtes à qui s'ouvre l'immensité du monde, des Indes à l'Amérique ; ce courtisan qui s'agace de piétiner dans la puanteur du chantier de Versailles... Au fil de ce livre surgissent la personnalité exceptionnelle du roi et l'emprise grandissante de son État. Mais ce qui apparaît aussi, c'est que nous avons oublié à quel point le règne de Louis XIV fut divers et souple - à mille lieues de l'absolutisme roide que nous imaginons.

  • Parlements et Lumières : l'association des deux notions peut sembler contre-nature, tant l'historiographie a longtemps vu dans les magistrats une catégorie hostile par principe aux Lumières, les bourreaux de Calas et de quelques autres comme les adversaires égoïstes d'une monarchie éclairée et réformatrice qu'ils finissent par perdre en descendant eux-mêmes à sa suite au tombeau. Seuls quelques avocats apparaissent sous un jour plus favorable, défendant l'innocence accablée par l'injustice des nantis ou prenant part à la Révolution. Pourtant les progrès de la recherche nous conduisent à des vues beaucoup plus nuancées aussi bien sur les cours et les parlementaires que sur les Lumières elles-mêmes qui ne se limitent pas au seul combat philosophique. Dans ce volume collectif, il est question des gens de justice face aux idées nouvelles, des formes de leur adhésion à celles-ci et de la définition qu'ils ont essayé de donner d'un ordre du monde rénové. Réintroduire les parlementaires en tant que tels dans l'étude de la France des Lumières permettra de comprendre celle-ci plus exactement.

  • Comment la France est-elle devenue une grande puissance militaire, la première sur terre et sur mer sous Louis XIV ? Trois siècles durant, un effort colossal a été exigé du royaume par les monarques Bourbon pour former, équiper et entretenir armées et flottes. De ce gigantesque investissement humain, financier, matériel, technologique, logistique et réglementaire sont nés des régiments, des forteresses, des vaisseaux soutenus par un formidable appareil productif fait d'ateliers, de forges, d'arsenaux utilisant les ressources du vaste royaume terrien mais aussi celles d'autres pays. C'est l'histoire de ce grand chantier, qui a mobilisé autour du roi « absolu » le concours de tous ses sujets, que nous raconte ici Olivier Chaline. Et si la grandeur de la France avait été, davantage et plus longtemps qu'on ne l'imagine, le résultat d'un élan conjoint ?

  • Première bataille de la guerre de Trente Ans, la Montagne Blanche marque, après la défenestration de Prague, l'écrasante défaite des troupes protestantes des États de Bohême, le 8 novembre 1620. Cet ouvrage propose tout d'abord de démontrer la fécondité d'une « histoire bataille » plongeante au coeur de l'expérience du combat. Les mouvements du corps-à-corps ; la mise en oeuvre tactique d'un carré de piquiers - le tir au mousquet à poudre noire ; les regards et les déplacements sur le champ de bataille ; la souffrance physique (la faim, le froid, la maladie, la fatigue...) ; l'épreuve mentale (la peur, la tension extrême, le sentiment du devoir, la folie, l'abrutissement, l'exaltation parfois poussée jusqu'à l'extase) ; autant de situations, de gestes et de sentiments mêlés qui, mis à nu par la violence du combat, sont l'objet d'une approche totalement novatrice d'une bataille et plus globalement d'un conflit. Il permet ensuite d'appréhender le rôle exact du mystique Dominique de Jésus Marie. Après avoir prophétisé la victoire catholique, il sut convaincre un conseil de guerre indécis de livrer bataille. Aux guerriers, il communiqua l'élan de la victoire qui la rendit décisive. À sa propre extase - mystique -, succéda celle - brutale - des combattants. Prendre en compte des sources aussi variées qu'inhabituelles, associer la violence et la ferveur catholique, c'est l'exceptionnel pari qu'a tenté et gagné Olivier Chaline. La minutie, la pertinence et la justesse de sa démonstration réhabilitent une « histoire bataille » trop souvent décriée et révèlent un épisode sanglant de la Réforme catholique, longtemps occulté et soi-disant indicible, véritable onde de choc à travers toute l'Europe.

  • Trois témoignages originaux par des contemporains de la Révolution : un curé de campagne, un noble émigré, un bourgeois de Rouen tenant un journal quotidien des événements.

  • Bien des livres ont été publiés à l'occasion du Bicentenaire. Celui-ci est profondément différent : s'appuyant sur des témoignages d'époque et donnant ainsi la parole aux contemporains, il montre comment la Révolution fut vécue en Normandie par les diverses couches de la population. On découvrira une Révolution au village, à travers les souvenirs de l'abbé Dumesnil, curé de Guerbaville-La Mailleraye ; les problèmes de la noblesse avec la correspondance d'un émigré, le marquis de Bailleul, et de ses régisseurs restés au Pays de Caux ; enfin, les événements urbains au quotidien, grâce à l'étonnant journal tenu par le Rouennais Horcholle. Ces documents sont présentés et commentés avec talent par deux agrégés d'Histoire, spécialistes de la période, Olivier CHALINE (École Normale Supérieure) et Gérard Hurpin (Président du Comité régional d'histoire de la Révolution).

  • « Les bruits de Parlements ne sont plus de saison » : ainsi Colbert s'exprimait-il en 1679 et, depuis cette époque, les historiens, ont, comme en écho, repris l'idée que ces hautes cours de justice qui se disaient « souveraines » avaient été soumises et réduites à l'obéissance et au silence par Louis XIV, incarnation d'un absolutisme triomphant et centralisateur. Or depuis quelques années, cette vision d'un pouvoir royal s'imposant de façon autoritaire et unilatérale a été discutée et, aujourd'hui, la notion même d'absolutisme est en débat. Peut-on dès lors relire l'histoire des parlements sous Louis XIV à la lumière de ces nouvelles interrogations, ou bien faut-il considérer que Colbert, tout bien pesé, avait bel et bien raison ? À travers les questions aussi diverses que le maintien de l'ordre, les remontrances, la politique anti-protestante, la présence des jansénistes, les relations avec les autres institutions, les historiens et historiens du droit rassemblés à Rennes en novembre 2008 offrent ici quelques pistes afin de tenter une relecture d'un chapitre longtemps négligé de l'histoire des parlements.

  • Une équipe de spécialistes présentent les rapports entre art et pouvoir au Moyen Age et à la Renaissance (XIVe-XVIIIe siècle) à travers des textes commentés autour de cette question au programme de la nouvelle formule du Capes.

empty