• L'auteur est à la fois un théoricien et un auteur engagé dans des débats politiques. Nourrie par la philosophie, la politique s'éclaire ainsi de commentaires différents et contrainte par la politique, la philosophie se garde de toute déraison dans la fabrication de concepts. Ce livre rassemblant à la fois des textes parus dans différentes revues et de nombreux textes inédits, tous revus et actualisés pour cette édition en un seul volume, explore cette double construction de la philosophie et de la politique ensemble. Un livre utile inaugurant une nouvelle forme de pensée politique.

  • Vu par nous, et parfois par les étrangers, il existe une certaine forme de malheur politique français. La France serait entrée dans un cercle de déclin économique : ayant perdu son statut de grande puissance, elle serait condamnée à la stagnation, mais aussi à la faillite sociale, éducative et culturelle. Au-delà du cliché du « village gaulois », elle connaîtrait une classe politique paralysée et incapable de conduire une action de redressement. Les thèses plus rassurantes peinent à convaincre. 
    Cette thèse typiquement française a de fait une origine politique et intellectuelle. La France est prompte à embrasser des débats binaires dont la correspondance avec la réalité paraît ténue : exceptionnalisme contre perte de singularité dans le monde, libéralisme contre étatisme, laïcité contre multiculturalisme, diminution des inégalités contre dynamisme économique, individualisme contre sens de la communauté, pression fiscale contre augmentation de la part de gâteau, service public contre entreprise privée, ouverture à l'Europe et au monde contre protection et identité nationale, etc. Certaines de ces oppositions vont d'ailleurs bien au-delà du débat gauche-droite. Elles alimentent aussi dangereusement un radicalisme politique sans avenir. Cet essai, qui devrait inspirer les confrontations politiques de demain, montre qu'un autre point de vue, brisant avec ces oppositions révolues, est nécessaire pour retrouver le sens de l'action et sortir de la crise. Nous en avons les moyens : demain, la fin du malheur français ?

  • Comment s'est construite, du Moyen Age jusqu'à nos jours, une spécificité de l'approche française de la politique ? De manière synthétique et critique, voici les grandes pensées politiques, replacées dans leur contexte.

  • Philosophie et politique font-elles bon ménage ? On peut se le demander. La crise politique actuelle trouve son origine dans un désordre intellectuel : la confusion des genres. Car c'est une habitude bien française de voir le monde politique à la recherche de certitudes se tourner vers les intellectuels. Un jeu particulièrement dangereux à l'heure où les philosophies à la mode condamnent l'action. C'est cette perversion que dénonce Nicolas Tenzer qui soumet à une analyse sans concession les engouements du moment. La paralysie politique dont nous souffrons doit beaucoup à la prétention d'une certaine philosophie à régler les affaires du monde. Mais de la recherche d'un consensus préalable à toute action au désir de justifier celle-ci par l'appel aux théories en vogue, le politique n'est pas moins responsable. Dans cet essai vivant et iconoclaste, au style virulent, Nicolas Tenzer ne se limite pas à la critique. Il propose aussi de rénover l'action politique, en lui montrant qu'à fuir la réalité pour les idées et en inventant de faux problèmes pour ne pas traiter des vrais, elle fait fausse route et se condamne à l'impuissance. Et l'auteur de conclure que c'est d'une révolution de la pensée dont la société française a besoin pour affronter l'avenir.


  • La France ne peut échapper au monde, mais le monde représente une chance pour elle.

    Délocalisations, chômage, crise économique et financière, peur de l'autre, perte du sens de la communauté nationale, fuite des cerveaux, déclin de l'Europe... Les Français considèrent la mondialisation comme une menace plus que comme une chance à saisir. Pourtant, aujourd'hui, c'est bien hors de nos frontières que se situent les marchés qui tireront vers le haut la croissance de notre pays. C'est en échangeant des idées et des
    hommes avec l'étranger que la France trouvera sa place et sera plus compétitive à l'international. Il est temps de nous ouvrir au monde, car c'est là que se joue notre avenir.

  • Un essai novateur et original qui présente le monde de demain et prend le contre-pied de bien des prédictions géopolitiques actuelles.
    Qui d'entre nous ne rêve pas de savoir à quoi ressemblera le monde dans vingt ans ? Nicolas Tenzer nous invite à comprendre et à découvrir ce futur proche qui se profile à partir de dynamiques déjà à l'oeuvre. Il dessine un monde sans pôles ni grandes régions structurées, où les richesses seront réparties différemment, où les Etats et les peuples redeviendront des acteurs de poids ; un monde doté de pouvoirs d'influence plus disséminés et subtils, d'une autre hiérarchie des puissances et de leaders d'un nouveau genre.
    Dans un essai tel que la France en produit rarement, l'auteur nous entraîne dans un voyage passionnant à travers cette cartographie des puissances mondiales de demain, où les Etats-Unis continueront d'être la seule figure de l'universalisme, mais d'où sortira un monde aux joueurs plus nombreux et plus mobiles. Et il n'est pas sûr que cela soit un mauvais présage.

  • Notre société se dépolitise. Abstentions massives aux élections, crainte de l'avenir que la politique ne paraît pas pouvoir conjurer, tentation de l'extrémisme, du particularisme ou de l'indifférence, telles sont les manifestations essentielles de l'effritement du lien social et, partant, politique. Issu en partie de conférences données à l'Institut d'études politiques de Paris, cet ouvrage n'est pas un manuel. Il se veut plaidoyer pour la politique, replacée ici dans le cadre indispensable à la compréhension de la construction démocratique. À travers des analyses synthétiques, notamment des droits de l'homme, du libéralisme, des relations internationales ou de la culture, il trace une voie de sortie de la crise de la politique, crise destructrice pour notre société. Manifeste en faveur de la dignité de la pensée et de la raison humaines, ce livre inspirera tous ceux - hommes politiques, citoyens, enseignants, étudiants en philosophie, en droit, en sociologie ou en sciences politiques - qui comprennent la politique comme un échange sur l'homme et sur le monde, qui souhaitent qu'elle se réalise comme la substance même du débat public et qui, convaincus que la définition d'un projet politique revêt encore un sens, font confiance à la réflexion pour trouver les clefs de l'action de demain.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La politique est évidemment pouvoir mais elle est, en même temps, principe d'organisation d'un ordre social.

  • De Gaulle continue à régenter la politique française.
    Qu'on rejette son action et sa pensée ou qu'on en cultive la référence, le Général exerce encore sur la vie publique une domination souveraine qui en fait le "grand homme" français du XXe siècle, auquel nul n'ose se comparer.
    Nicolas Tenzer montre qu'il faut en finir avec le complexe gaullien. Non pour dénier à l'hôte de Colombey une supériorité en son temps, ni pour réhabiliter ses adversaires les plus indignes. Mais pour juger les fondements de son action, alors que son héritage, pesant et équivoque, entrave aujourd'hui l'action politique.
    Aux yeux de l'auteur, il est devenu absurde de singer le gaullisme qui, en dehors du Général, n'existe sans doute pas. Ses copistes feraient bien de se dégager de ses cadres de pensée, en matière de politique étrangère comme dans le domaine institutionnel, et de rompre avec sa vision de l'histoire de France, sa marginalisation de la société et ses mythologies qui nous ont trop longtemps dissimulé la politique réelle.
    Mais renoncer aux schémas gaulliens, à droite comme à gauche, n'est pas facile : revisiter De Gaulle suppose une maturité, un ton juste, une distance critique et, nécessairement, une banalisation de cette grande figure historique.
    Au moment où l'on célèbre le 40e anniversaire de la Cinquième République, voici la réflexion roborative d'un esprit indépendant.
    Nicolas Tenzer, né en 1961, ancien élève de l'Ecole normale supérieure et de l'ENA, haut-fonctionnaire, est président du Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique, et dirige la revue "Le Banquet". Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont La Société dépolitisée (PUF, 1990), Philosophie politique (PUF, 1994, 2d éd. 1998) et Le Tombeau de Machiavel (Flammarion, 1997).

  • De de Gaulle à Sarkozy, les dirigeants français ont toujours rêvé d'une grande politique étrangère. Mais avons-nous les moyens de notre puissance et de notre influence ? Venant de parcourir plus d'une vingtaine de pays et ayant rencontré 1300 personnes dans le cadre d'une mission officielle, Nicolas Tenzer lance un cri d'alarme. Au-delà des gesticulations et des postures, la France s'efface du monde. Incapable de structurer durablement des relations intellectuelles en profondeur avec les principaux lieux de pensée mondiaux, elle se marginalise sur la scène internationale des idées. Ne se donnant pas les moyens de conquérir des marchés d'expertise de centaines de milliards d'euros, elle voit son poids économique et son influence, notamment en matière de normes techniques et juridiques, se réduire. Prompte à tenir de beaux discours dans les enceintes internationales, elle ne parvient pas à nouer des relations de travail avec les organisations internationales au-delà du verbe. Chantant les louanges de la francophonie et de l'exception culturelle, elle n'a pas les moyens de sa politique. Intendance déficiente, querelles administratives subalternes, repliement sur soi, manque de leadership, il faut regarder la réalité en face : la France n'a pas de stratégie internationale digne de ce nom et, quand elle prétend en dessiner une, elle ne la traduit pas en actes. Pendant ce temps, Britanniques, Allemands, Canadiens, Nordiques, Espagnols et bien sûr Américains, de manière moins clinquante et plus pragmatique, marquent des points. Cette sortie du jeu international est-elle inéluctable ? Non, mais la fenêtre de tir est courte. Nous avons tout au plus deux ou trois ans pour agir. Alors que nous avons des moyens humains de qualité et des capacités intellectuelles reconnues, les élites politiques et administratives seraient responsables devant l'histoire si elles préféraient les apparences de la « grandeur » à la décision. Après avoir lu ce livre, personne ne pourra plus dire : « Nous ne savions pas ».

empty