• La découverte d'un monde jusqu'alors insoupçonné, à la fin du xve  siècle, suscita en Occident d'innombrables hypothèses et fantasmes. Que ce soit la localisation du Paradis terrestre au coeur de l'Amérique du Sud ou le problème de l'origine des populations indiennes, ces recherches se fondaient souvent sur des études remarquablement documentées, menées avec une rigueur que l'on peut presque dire scientifique.
    Parallèlement, parmi les populations amérindiennes, en réaction à la situation coloniale, se développèrent sur l'ensemble du continent américain des mouvements «  messianiques  » ou «  prophétiques  », récurrents dans la longue durée. Migrations vers la Terre sans Mal, attente du retour de l'Inca, vision extatique du retour des morts dans la Ghost Dance  : ces mouvements combinent des croyances et pratiques autochtones avec certains apports occidentaux, en ordonnant ces derniers selon la logique propre des systèmes de pensée indigène. Ainsi se modela au fil des siècles l'identité indienne.
    Nathan Wachtel poursuit, avec ce nouveau livre, sa réflexion sur la pluralité des perspectives historiques, leur complémentarité pour la restitution d'une histoire globale, et les traces que les traumatismes hérités du passé inscrivent dans les mémoires collectives.
     
     
    Titulaire de la chaire «  Histoire et anthropologie des sociétés méso- et sud-américaines  » au Collège de France, Nathan Wachtel est l'auteur de nombreux ouvrages, dont La Vision des vaincus. Les Indiens du Pérou devant la Conquête espagnole (1530-1570) (Gallimard, 1971), Le Retour des ancêtres. Les Indiens urus de Bolivie, xxe-xvie siècle (Gallimard, 1990), La Logique des bûchers (Seuil, 2009) et La Foi du souvenir. Labyrinthes marranes (Seuil, 2001).
     

  • Depuis quarante ans, la confrontation avec l'anthropologie a été l'occasion d'un profond renouvellement des interrogations et des expérimentations historiennes. Dans le domaine qui s'est ouvert alors, Nathan Wachtel occupe une place centrale. Il y a construit une oeuvre majeure.Croisant le travail de terrain et l'enquête archivistique, il a renouvelé le vieux rêve d'une histoire totale. Deux grandes trilogies, consacrées l'une aux études andines l'autre aux études marranes, ont illustré ce parcours pionnier. Des Indiens des hautes terres boliviennes aux proscrits essaimés à travers le Nouveau Monde et qui s'obstinaient à judaïser en secret, il n'a cessé de s'interroger sur l'articulation entre identités et mémoires collectives, de chercher à rendre compte d'un passé dont il retrouvait les traces dispersées et persistantes dans le présent.L'auteur réunit dans ce volume les textes de réflexion qui ont accompagné son itinéraire singulier.Professeur au Collège de France où il a occupé la chaire « Histoire et anthropologie des sociétés méso- et sud-américaines » de 1992 à 2005, Nathan Wachtel est directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales. Parmi ses ouvrages, La Vision des vaincus. Les Indiens du Pérou devant la Conquête espagnole (1530-1570), Gallimard, 1971 ; Le Retour des ancêtres. Les Indiens Urus de Bolivie, XXe-XVIe siècle. Essai d'histoire régressive, Gallimard, 1990 ; Labyrinthes marranes, Seuil, 2001.« Hautes Études » est une collection des Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, des Éditions Gallimard et des Éditions du Seuil.

  • Les socialistes français n'ont jamais élaboré une vision claire du régime représentatif. Leur critique persistante de la Ve République a fait oublier leur relation ambiguë et contradictoire avec le parlementarisme « bourgeois » sous les deux républiques précédentes. Jean Jaurès, Léon Blum et Guy Mollet ont tour à tour incarné cette contradiction. La manière dont le socialisme français a pensé et géré tout au long de son histoire son rapport au régime représentatif forme la trame de cette vaste fresque. Par quel processus historique un parti de classe marxiste a-t-il fini par se muer en France en un parti parlementariste ? Quelles ont été pour lui les conséquences de son intégration au régime parlementaire ? Pourquoi les socialistes n'ont-ils pu détruire le « régime gaulliste » et comment François Mitterrand a-t-il réussi à les amener au compromis avec la Ve République ? Des « enragés » de la Révolution française et des premiers disciples de Marx à l'acceptation du libéralisme politique par François Mitterrand et François Hollande, de Jean Jaurès et Léon Blum à Lionel Jospin en passant par Paul Faure, Daniel Mayer et Guy Mollet, voici retracés deux siècles d'histoire politique et intellectuelle qui éclairent d'un jour neuf, ô combien d'actualité, le difficile rapport des socialistes aux institutions politiques, et, par voie de conséquence, à l'exercice du pouvoir.

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