• Lorsque l'épidémie de suicides s'étend aux artistes, le geste auto-agressif est présenté par Édouard Levé, de manière quasi-prémonitoire, comme indissociable de l'activité artistique, voire directement adressé aux récepteurs de l'oeuvre. Le narrateur de Suicide fait ainsi référence à la phlébotomie d'un chanteur au beau milieu d'un concert. Cet événement, auquel a assisté l'ami du narrateur, renvoie au passage à l'acte de Daniel Darc, pour qui Édouard Levé dit sa grande admiration dans son Autoportrait. Le rocker a poussé l'autodestruction jusqu'à se taillader les veines pour asperger son public, en novembre 1979, lors d'un concert parisien, au Palace, en première partie du groupe Talking Heads.

  • Nul besoin d'insister sur le fait que notre époque est imprégnée d'une inquiétude profonde quant à la survie de notre planète face aux diverses atteintes - récentes ou non - à sa santé écologique. Même si la musique est le plus immatériel des arts, les musiciens ne se sentent pas moins concernés que les autres artistes par la terre menacée. Ce numéro explore des projets de compositeurs se réclamant d'un point de vue explicitement écologiste, notamment les événements Balance/Unbalance, « art! x climate » et EChO de Ricardo Dal Farra, le festival Ear to Earth lancé par l'électroacousticien et historien Joel Chabade et la méthode de composition « écomimétique » de Charles-Antoine Fréchette, entre autres.

empty