• Paris secret

    Michel Dansel

    " Paris, dans ses permanentes métamorphoses, accumule les secrets les plus dépareillés, les invraisemblances les mieux déguisées par l'histoire, les légendes bétonnées dans la réalité et toute la palette des possibles. " Michel Dansel, enfant de Belleville et de Ménilmontant, définit ainsi, dans une préface savoureuse, sa vision de notre capitale, " véritable kaléidoscope " dont il dévoile les multiples facettes, souvent baroques et extravagantes, avec la curiosité passionnée d'un promeneur " pathologiquement " amoureux de sa ville. Il n'est pas d'avenue, pas de coin de rue qui, pour l'auteur, ne comporte une part d'énigme, de trouble et de merveilleux. Historien et archéologue à sa manière, cet arpenteur d'un Paris insolite et clandestin est prodigue en trouvailles originales et singulières, parfois invérifiables mais toujours vraisemblables. Ainsi évoque-t-il la présence possible d'une cité souterraine dans le quartier du Marais où quatre enfants auraient découvert en 1965 une grotte préhistorique vieille de dix-sept mille ans, dont les peintures seraient comparables à celles retrouvées à Lascaux ; les " trésors cachés " qui se trouveraient dans la statue équestre d'Henri IV, sur le Pont-Neuf ; l'histoire d'une célèbre maison close située au 12, rue Chabanais, dans le 2e arrondissement ; l'existence d'un cimetière des bossus dans celui de Saint-Côme ; d'un club des divorcés qui se réunissait avenue Bosquet ; d'une clinique spécialisée dans la réparation des poussettes et landaus de collection, 16, rue du Chalet, dans le 10e ; d'un pont des suicidés dans le parc des Buttes-Chaumont... Chaque lieu emblématique ou endroit méconnu de Paris est ainsi raconté et révélé sous son aspect légendaire et anecdotique, loin des vérités de l'histoire officielle. La manière à la fois la plus instructive et la plus divertissante qui soit de nous faire découvrir les secrets d'une cité aux trésors inépuisables.

  • Architecte talentueux, Roger a embrassé une carrière où tout lui a souri. Gloire et réussite, rien ne lui a échappé. Mais le succès a ses revers. Comblé, Roger croule littéralement sous le poids de son succès. Plus de saveur, plus de goût : le sentiment irrépressible qu'il faut en finir. Mais il y a Claudine. Une épouse dévouée à un mari absent. Roger se sent vide, dévoré de l'intérieur. Seule la mort le libérerait de cette douleur de vivre qui l'écrase. Mourir, la belle affaire... Libératrice, assurément. Mais il y a toujours Claudine. Il lui faut alors en finir, et maquiller son suicide en meurtre. Le plan est impeccable. L'exécution, un peu moins. La mort ne frappe pas à la bonne porte et c'est l'enfer qui s'ouvre. Culpabilité, terreur : l'infernale cavale commence pour Roger, qui n'est pas près de connaître le repos. Une tombe trop bien fleurie est un roman collectif, fruit d'une performance hors norme menée sous la houlette de l'Académie Balzac, défi littéraire et humain filmé et retransmis sur Internet. 20 écrivains enfermés pendant 20 jours au Château de Brillac (Charente) ont télescopé leurs univers et écritures pour cette oeuvre à 40 mains. Une mosaïque inédite, pour un polar exaltant.






  • Extrait
    Introduction
    Clavier de toutes les nuances jusqu'aux ricochets de tonalités les plus hardies, palette de toutes les formes d'épousailles, ville singulière qui se conjugue au pluriel, bastingage de tous les possibles, Paris se tricote à belles mailles dans le vivier du quotidien.
    Parisien incurable, chronique, aux semelles rivées sur les trottoirs de la capitale, je me suis longuement demandé comment on pouvait vivre ailleurs qu'à Paris, à moins d'être vigneron, propriétaire d'un haras, médecin de campagne ou bouilleur de cru ! D'ailleurs, ceux qui sont génétiquement contaminés par le virus des vies de quartiers, qu'il s'agisse de Ménilmontant, de la Butte-aux-Cailles, de Montparnasse, du Quartier latin, de Montmartre, du Gros Cailloux, du Faubourg Saint-Antoine, des Batignolles, de Charonne, de Belleville, ou d'autres enclaves qui, chacune d'elles, avec ses lieux de cultes, ses champs de repos, ses artisans et ses bistrots, s'apparente à un village, sont parfois tentés par l'attrait d'une vie provinciale moins turbulente. Mais dans 80% des cas, ceux qui ont déserté la capitale, pour des raisons multiples et fort légitimes, après quelques années passées à contempler la mer ou les paysages idylliques et sereins de nos vertes campagnes, s'en reviennent rongés par une nostalgie qui échappe à toute logique pour qui n'est pas une fleur de bitume made in Paris !
    Car ici on peut vivre dans l'anonymat sans jamais être isolé ! Et chacun a de Paris la vision que lui dicte sa clairière intime. Toutes les pointures du coeur s'y croisent allègrement. Mais le solfège des uns n'est pas celui des autres. La vie de ses voisins est loin d'être primordiale sur cet échiquier où les destinées les plus inattendues se côtoient en s'ignorant.
    Pourtant, il y a ceux qui subissent cette gare de triage aux allures de terminus comme un garrot de plomb. Nombre d'exilés à temps complet venus des plus proches provinces comme des plus lointains pays y font glisser le palet sur la marelle des destinées sans destination. Il y a ceux qui pataugent dans la misère, ceux qui sont coagulés dans le luxe, ceux qui flirtent avec l'invraisemblable, l'imaginaire en galoches ou la folie à claire-voie. Chacun tricote sa vie avec les aiguilles de son choix et la laine de ses moyens sans être montré du doigt. Dans un café ou un restaurant on peut se trouver assis à côté d'un ministre, d'un prince, d'un déménageur, d'une fieffée fripouille, d'un ecclésiastique ou d'un artiste.
    Paris est inracontable, Paris échappe à la dialectique, et quand Paris s'enrhume, c'est la France qui tousse. Sous cet angle, il s'agit d'une ville pour initiés, d'une ville qui se découvre sous le bandeau, d'une ville lumière et tout en même temps obscure. Ceux qui restent sur le parvis lui reprochent son inconfortable promiscuité, son âpreté, son vice à fleur de pavé. Pour certains, tout se passe comme si ailleurs c'était le paradis. Ceux-là sont des parisiens d'opérette ! Car ici tout est exacerbé, dilaté, et l'inflation verbale ricoche dans les coeurs et dans les esprits. Pour insulter et cocufier cette grande Dame qu'est Paris, toutes les raisons sont bonnes, mais aucune n'est franchement valable.

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