• « Celui qui lit dans une langue étrangère se fait une force de sa faiblesse. Il lit avec plus d'attention que dans sa langue maternelle. L'incompétence est pour lui un stimulant autant qu'un handicap. On lit mieux dans une langue qu'on sait mal. » Comme il l'a fait de ses lectures d'enfance dans Seuls les enfants savent lire, Michel Zink se souvient ici de quelques-uns des livres lus au cours de sa vie en allemand, anglais ou italien, non qu'il possède parfaitement ces langues, mais au contraire parce que la paresse lui a trop souvent fait préférer le plaisir de la lecture à l'effort d'un apprentissage méthodique.

  • " Michel Zink, professeur au Collège de France, fait partager la sensualtié et le charme de la poésie en langue d'oc du XIIe siècle. Émouvant. "Le MondeLes troubadours sont, au XIIe siècle, les auteurs, immensément admirés, des plus anciennes chansons d'amour composées dans une des langues nouvelles de l'Europe, la langue d'oc. Le tremblement du désir et celui de la crainte, la ferveur et la frustration, la jalousie et la jouissance, tout cela ils l'ont dit de façon si nouvelle et si intense que leurs chansons résonnent encore dans les mots d'amour d'aujourd'hui.
    Le beau livre de Michel Zink rend sa fraîcheur à cette poésie vieille de neuf siècles en la suivant dans ses méandres, en disant au fil des poèmes, qu'il cite en grand nombre, juste ce qu'il faut pour qu'elle nous parle, pour qu'elle nous enchante et pour qu'elle vive en nous.

  • Bienvenue au Moyen-Âge ! Ou plutôt bienvenue dans le merveilleux, l'imaginaire, l'aventure du Moyen-Âge. Il nous est à la fois familier, des chevaliers de la table ronde à la série télévisée Kaamelott, et il nous paraît si lointain : " Nous ne sommes plus au Moyen-Âge ". En quarante séquences vivantes et imagées, Michel Zink, l'un des plus grands spécialistes mondiaux de la littérature médiévale nous fait entrer dans le monde des poèmes, des romans, des chansons, des légendes du Moyen-Âge. L'univers des troubadours n'était pas celui des baba-cool à guitare mais celui des poètes exigeants et des hommes de cour. Ils recherchaient avant tout l'élégance des manières, de l'esprit, des sentiments. Le Moyen-Âge, c'est aussi la voix amoureuse des femmes qui se fait entendre en poésie. Sait-on par exemple que " Malbrough s'en va t'en guerre " est une chanson du XVIIe siècle mais héritière d'une tradition qui remonte au Xe siècle. La légende de Roland a t-elle existé réellement ou est-elle une invention qui a modelé notre histoire nationale ? Qui était le roi Arthur imaginé par Chrétien de Troyes ? L'amour occupe une place essentielle au Moyen-Âge et particulièrement l'amour conjugal. Ici, la vie est une quête au plus près de la nature : Quête du Graal et du merveilleux. Entrez de plain-pied dans le Moyen-Âge, voici sans doute la plus belle des invitations au voyage proposé avec humour et légèreté par un troubadour du XXe siècle. Ces chroniques ont pour origine une série d'émissions diffusées pendant l'été 2014 sur France Inter. L'ouvrage sera accompagné d'une forte promotion sur les antennes de France Inter et de Radio France.

  • Ce livre est une plongée dans les lectures de mon enfance : livres de classe, romans pour enfants ou que j'ai lus enfant, contes, poèmes. L'amour des livres est un amour d'enfance. Non seulement l'enfant a des impressions plus vives, mais il comprend avec une pénétration instinctive qu'il perd en devenant adulte. Même ce qu'il ne comprend pas, il le comprend mieux que quand il le comprendra. Seuls les enfants savent lire.

  • Quelle relation la littérature du Moyen Âge entretient-elle avec le temps et la mémoire ? Quelle est la place de la religion et de la spiritualité dans cette littérature ? Peut-on concevoir la poésie comme un récit ? Michel Zink, dans sa leçon de clôture au Collège de France, jette un regard rétrospectif sur ses vingt-deux années d'enseignement. Les grands thèmes ayant servi de fil conducteur à ses cours y sont analysés, et en tout premier lieu le temps : le regard que porte la littérature médiévale sur son propre passé, l'imbrication du temps subjectif et du temps de l'histoire, la réception moderne de ces textes anciens. Des questions de poétique ensuite : poésie et récit, anonymat et sujet poétique, poésie et nature. Enfin, la constante imprégnation religieuse des lettres médiévales, qui brouille la notion même d'une littérature profane.

  • L'humiliation nous révulse parce que nous la redoutons mais aussi parce que nous nous identifions à l'humilié. Signe d'exclusion, marque d'infamie, elle éveille en nous une douloureuse empathie. Cette ambivalence, le Moyen âge nous l'a léguée. Dans la société féodale et chevaleresque comme dans celle de l'Antiquité et dans bien d'autres, chacun doit tenir son rang et rien n'est pire que de perdre l'honneur. Mais le monde médiéval adhère profondément à une religion de l'humilité fondée sur une scène d'humiliation, la passion du Christ. Il est ainsi partagé entre deux idéaux contradictoires. Comment parvient-il à concilier cette contradiction ? Comment considère-t-il Lancelot montant dans sa charrette ? Comment le poète lépreux, que sa maladie, souvent vue comme une punition divine, condamne à l'exclusion et à la honte, se voit-il lui-même ? à travers récits et poèmes du Moyen âge, Michel Zink déchiffre des attitudes qui éclairent les nôtres et nous renvoient à nos propres contradictions.

  • Dans les lettres médiévales se cristallisent toutes les associations entre le passé et la littérature, tous les indices qu´un lien essentiel unit la notion de littérature au sentiment du passé. La curiosité qu´a éveillée la littérature du Moyen Âge depuis sa redécouverte à l´aube du romantisme suppose de telles associations. Les formes de cette littérature elle-même recèlent de tels indices. Ils invitent à embrasser d´un même regard l´intérêt de l´époque moderne pour le passé médiéval et les signes du passé dont le Moyen Âge marque sa propre littérature. Bien plus, ils invitent à chercher dans la relation avec le passé un critère de définition de la littérature, tâche tout particulièrement nécessaire s´agissant d´une époque où le mot ne s´entend pas dans son acception moderne et où l´existence même de la notion correspondante n´est pas assurée.

  • Un notable lyonnais sexagénaire reçoit un professeur parisien septuagénaire à la recherche de son enfance lyonnaise et du mystère entourant un frère et une soeur, dont il était alors très proche. Le notable parle trop en expert-comptable, le professeur s'exprime trop en professeur pour que chacun ne prête pas au soupçon de forcer un peu son rôle?: légère énigme se superposant à celle que veut percer «?le petit vieux monsieur?», comme l'autre l'appelle avec condescendance tout en s'agaçant de le voir nouer avec son épouse une complicité un peu ridicule, un peu touchante.
    Mais derrière les toutes petites choses de la vie, derrière des souvenirs du Lycée du Parc, vieux de soixante ans, se cachent les stigmates de la guerre et de la Libération, de l'Indochine et de l'Algérie, les traumatismes de l'enfance, oubliés, déplacés, réveillés. Un récit feutré et souriant, des blessures profondes.
     

  • Recueil de textes de la littérature médiévale qui tire ses formes propres d'une attention simultanée aux ombres de la conscience à la lumière de Dieu.

  • Ce livre fait appel à la notion de subjectivité littéraire pour mettre en lumière une étape décisive dans la constitution de la littérature française au Moyen Age.

  • Le lecteur ne trouvera pas ici une étude de type classique sur la poésie lyrique médiévale - énumérant les théories sur les origines du genre, analysant et décortiquant ses procédés rhétoriques. Si, toutefois, les diverses théories sur les origines de la pastourelle ne sont pas, dans cet ouvrage, passées sous silence, c'est que Michel Zink y voit une occasion de remettre en cause la nature esthétique et idéologique de cette forme poétique, en s'attachant tout particulièrement à éclaircir deux points essentiels. D'abord, le rapport entre le texte versifié et la musique. Contrairement à l'opinion généralement admise - subordination du texte lyrique médiéval à la mélodie - Michel Zink montre que le rythme musical était subordonné au rythme prosodique ; l'aboutissement en était un rythme à peine marqué, aux antipodes de la musique romantique et du jazz moderne. Le texte était beaucoup plus contraignant que la musique pour l'exécutant qui, à la limite, pouvait improviser la mélodie. Le second point montre le rôle inattendu qu'a pu jouer la pastourelle dans l'imaginaire médiéval. Il ne s'agit, il est vrai que d'une hypothèse, mais pleine de richesse : il y aurait une relation profonde entre la pastourelle et le thème mythique de la "femme sauvage" - thème à demi inconscient à partir duquel le poète évoquerait la nature champêtre "ouverte" et la bergère, cet être fruste et presque animal, comme une sorte de contrepoint au verger "clos", à la "dame courtoise", à ce milieu trop civilisé auquel les poètes souhaitaient parfois échapper pour poursuivre le fantasme de leur "pur désir charnel", dans une sorte de "folie érotique", peut-être liée aux vieux rites de mai. Cette nature sauvage se cristallise sur le personnage de la bergère, mais à mesure que ce personnage est individualisé, la nature recule et s'annule, d'autant plus qu'elle diffère des formes régulières d u verger, qui se prêtent mieux à la rhétorique de l'imagerie courtoise. En découvrant ce que la pastourelle - le type de chanson le plus simple de la lyrique médiévale - a de plus révélateur, l'auteur transforme en une étude d'anthropologie culturelle ces pages d'histoire littéraire.

  • This long tradition would certainly not be a reason in itself to keep or restore the subject, had it not something to do with the subject itself. All of the associations between the past and literature, all of the signs that point towards an essential link between the notion of literature and a feeling for the past, are crystallized in medieval literature. The curiosity that medieval literature has aroused since it was rediscovered at the dawn of Romanticism presupposes such associations. The very forms of this literature bear indications of them. They encourage us to consider jointly the interest of modern times in the medieval past and the signs of the past with which the Middle Ages marked its own literature. Even more, they invite us to seek in the relationship with the past a defining criterion for literature, a most necessary task with reference to a time when words are not understood in their modern sense, and there is no guarantee that a corresponding notion exists. The best reason to continue with this hundred-and-fifty-year-old teaching is that its object may not even exist.

  • « Lire un texte vieilli, c'est ce que fait tout lecteur dès lors qu'il lit autre chose que le journal du jour ou un roman de l'année. Dans tous les cas, la distance ainsi créée suffit à elle seule à en faire, quel qu'il soit, de la littérature. Cette distance est la première cause qui fait de la littérature une expérience du temps et un arrachement à soi-même. Pour mieux se retrouver. Plus le texte est ancien, plus le lecteur s'étonne et se réjouit d'être touché par lui, d'être en harmonie avec lui, de se reconnaître en lui. Il n'existe pas au monde de civilisation dont la littérature ne s'enracine dans des poèmes, des légendes, des récits, des mythes supposés issus du passé le plus reculé. Partout, la littérature se fonde sur des classiques et un canon qui ne retient par définition que des textes déjà vieux. Autrement dit, ce qui la définit, c'est la distance créée par le vieillissement du texte. Distance subie, car le texte ancien est difficile, mais aussi goûtée. » M. ZinkMichel Zink, spécialiste de littérature médiévale, est membre de l'Institut et professeur au Collège de France. Contributions de G. Angeli, A. M. Babbi, Y. Bonnefoy, J. Cerquiglini-Toulet, A. Compagnon, C. Galderisi, D. Heller-Roazen, P. Labarthe, M. Mancini, E. Mochonkina, P. Oster-Stierle, K. Stierle, H. Tétrel, J.-C. Vegliante, H. Weinrich, M. Zink.

  • Jean Froissart n'est pas seulement l'auteur des «Chroniques» qui sont une des principales sources pour la connaissance du XIVe siècle et de la guerre de Cent Ans. Il a pratiqué presque toutes les formes qu'offrait la littérature de son temps. L'objet de ce livre est donc d'étudier la perception et l'expression du temps dans cette oeuvre si variée.

  • Une présence habite le Moyen Age, lui impose sa marque et s'offre au regard : celle du christianisme et de l'Eglise. Ce livre ne traite pas de la poésie religieuse du Moyen Age puisqu'il refuse de séparer une poésie religieuse d'une autre qui ne le serait pas. Il cherche à découvrir comment la poésie en elle-même définit sa nature et cherche à justifier son existence au regard de la conversion. Pourquoi la conversion ? Parce que, au Moyen Age, c'est ce vers quoi doit tendre toute une vie, le mouvement d'une âme vers Dieu. Et la poésie héritière du paganisme, chargée de dangereuses séductions, revendique aussi sa part et son rôle dans ce mouvement de conversion, le poète se veut prophète.

  • Le Moyen Âge est loin de nous. Ne l'est-il pas plus encore, perçu à travers le regard d'un savant du XIXe siècle ? C'est tout le contraire. Gaston Paris (1849-1903), comme les romantiques, sent dans la poésie du Moyen Âge la « source fraîche » qui a renouvelé et revigoré la culture de l'Europe en reflétant la sensibilité de ses peuples. Mais, selon l'esprit du second XIXe siècle, il cherche aussi à faire de la philologie une science, en s'inspirant des méthodes pratiquées dans les universités allemandes, et il est convaincu que seule l'étude du passé en rend la connaissance féconde. Il est de son vivant considéré dans l'Europe entière comme le guide et la conscience des études de langue et de littérature du Moyen Âge, qui font alors des progrès décisifs. Homme d'esprit, d'éloquence et de coeur, dreyfusard engagé, il est si peu oublié que, dans de nombreux pays, des chercheurs se penchent sur son oeuvre. À l'occasion du centenaire de sa mort, ils se sont réunis au Collège de France, où il fut professeur et dont il fut l'administrateur, pour mesurer ce qu'il a apporté à son époque et ce qu'il représente encore aujourd'hui. Michel Zink est membre de l'Institut et professeur au Collège de France. Spécialiste de littérature médiévale, il est l'auteur de nombreux ouvrages qui font référence, dont récemment Poésie et conversion au Moyen Âge.

  • Écrire dans une langue qui n'est pas sa langue maternelle : du Moyen Âge à l'époque contemporaine, de nombreux poètes ou romanciers l'ont fait, par choix ou par contrainte. Dans maintes civilisations, la vie intellectuelle et la littérature ont même eu recours avec une sorte d'aisance naturelle à une langue étrangère ou apprise : le grec pour les Romains, le chinois pour les Japonais, le latin pour l'Occident médiéval. Écrire dans une autre langue, c'est s'arracher à soi-même, ou simplement se partager : la langue du poète, la langue du mathématicien ne relèvent-elles pas de la catégorie des langues autres ? Et la langue maternelle peut, elle aussi, se faire « autre » : lorsqu'elle est dévoyée ; ou lorsqu'elle est consciemment choisie et modelée ; ou lorsqu'elle préserve au sein de l'écriture la langue de la tribu, de l'enfance, de la fratrie. Ces questions se posent à tout écrivain si, comme l'écrit Proust : « Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère. » Michel Zink, spécialiste de littérature médiévale, est membre de l'Institut et professeur au Collège de France. Avec les contributions de Jean-Paul Allouche, Odile Bombarde, Yves Bonnefoy, Pascale Bourgain, Antoine Compagnon, Sir Michael Edwards, Marc Fumaroli, Claudine Haroche, John E. Jackson, Jacques Le Rider, Jean-Noël Robert, Luciano Rossi, Karlheinz Stierle. 

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