• La memoire des vaincus

    Michel Ragon

    Qui est Fred Barthélemy, dont Michel Ragon nous fait une biographie si passionnante ? Qui est Flora, la petite fille de ses amours enfantines, devenue marchand de tableaux célèbre et richissime ? La Mémoire des vaincus mêle personnages réels et personnages inventés en une vaste fresque où l'histoire, le mythe, le romanesque et l'autobiographie se conjuguent.Dans le cours du roman, communisme, anarchisme, fascisme apparaissent dans leur complexité, dans leurs luttes féroces, par le biais de personnages historiques dont Michel Ragon nous fait d'étonnants portraits ; mais aussi d'hommes et de femmes moins connus, les obscurs, les éternels vaincus par un pouvoir omnipotent, sans cesse attaqué et sans cesse renaissant. Il n'empêche que ces vaincus, qu'ils se nomment Makhno, Durruti ou Lecoin, ne s'avouent jamais battus et qu'à l'heure où le totalitarisme marxiste fait naufrage, leur increvable esprit de liberté ressuscite.

  • Le roman de Rabelais

    Michel Ragon

    Quel roman la vie de Rabelais ! Homme d'Eglise dont l'itinéraire va d'un obscur couvent vendéen à la fréquentation des papes au Vatican, devenu l'un des plus illustres médecins de son temps, écrivain truculent et révolutionnaire, toujours en fuite pour échapper aux bûchers de l'Inquisition...Roman picaresque et émouvant d'un homme si cher au coeur de Michel Ragon qu'il n'a cessé de hanter son oeuvre, roman intime et attachant d'un Rabelais méconnu, profondément humain, lucide et désenchanté, qui sut préserver un incroyable souffle de liberté dans un siècle plein de fractures.Michel Ragon raconte son Rabelais. C'est un homme étonnamment moderne et proche que l'on découvre, dont le rire déconcertait hier les puissants et continue de tonner contre toutes les intolérances.

  • En 1796, dans un village du bocage vendéen ravagé par les Colonnes Infernales, une poignée de survivants recommence l'histoire du monde. Hommes du pays de Gargantua et de Barbe-Bleue, de la fée Mélusine et du Sacré-Coeur, ces villageois vivent intensément des mythes qui les dépassent, avec leurs coutumes étranges, leur peur des hussards et des âmes errantes, leur vieux curé un peu sorcier, leurs ogres et leurs fradets. Ces hommes qui se disent avec crânerie « brigands et aristocrates » vivent une aventure où le tragique se mêle au sordide et l'espoir à la frustration. Et c'est peu à peu la résurrection de toute une paroisse, l'épopée du monde chouan que, même après le génocide de 1793, l Histoire ne se lasse pas de persécuter - répression ponctuée d'événements sensationnels comme en 1808 la désopilante et véridique visite de Napoléon 1er ou, finalement, le dérisoire et décevant retour des Bourbons.Dans la veine profondément populaire des grands « raconteurs d'histoires », d'Erckmann-Chatrian à Giono, Michel Ragon a écrit avec les Mouchoirs rouges de Cholet un superbe roman historique qui dresse avec une précision quasi ethnographique un tableau foisonnant de la vie rurale d'autrefois, une belle histoire émouvante et drôle, riche en rebondissements et péripéties.

  • " Soulages aime se trouver absolument seul et dans une pièce en ordre, comme s'il faisait une peinture pour la première fois. Aussi, lorsque l'on pénètre dans un atelier de Soulages, est-on toujours frappé par le grand vide d'un espace où rien ne traîne. Toutes ses peintures sont cachées, sauf (et encore cela est exceptionnel) celle à laquelle il s'attaque. Jamais il n'étale ses peintures terminées, comme la plupart des artistes, mais les range hors de la vue.

    Homme de toutes les curiosités, homme de l'outil, Soulages s'est attaché à créer des objets porteurs d'émotions esthétiques, que ce soient de ces objets peints que l'on appelle des tableaux, ou de ces objets gravés que l'on appelle des estampes, ou des planches de ces gravures devenues bas-reliefs de bronze, ou de ces objets tissés que l'on appelle des tapisseries, ou de ces objets qui captent et émettent la lumière que l'on appelle des vitraux. Tous ces objets (il préfère dire : ces " choses ") sont la composante d'une oeuvre unique, dont l'ampleur paraît de plus en plus évidente. " Michel Ragon

  • Se situant en dehors des partis et les récusant tous, l'anarchie se singularise par l'association tumultueuse de tendances parfois contradictoires. Michel Ragon, depuis longtemps témoin engagé de l'épopée libertaire dont il fut le grand romancier (La Mémoire des vaincus), rassemble ici pour la première fois les éléments d'un Dictionnaire de l'anarchie, véritable mise en récit de cette aventure méconnue mais capitale.

    Dictionnaire des principaux militants de l'anarchie et de ses théoriciens, tels Proudhon, Bakounine, Kropotkine, ce livre est aussi un dictionnaire de tous ceux qui se sont réclamés ou se réclament de la pensée libertaire, comme Breton et Camus, Céline et Dubuffet, Richard Wagner et Oscar Wilde... Dictionnaire des hommes, mais aussi des idées et de la pensée anarchiste dans le monde contemporain, de son influence, souvent méconnue, voire occultée.

  • Le cocher du Boiroux

    Michel Ragon

    Depuis l'immense succès des Mouchoirs rouges de Cholet et de La Louve de Mervent, Michel Ragon s'est imposé comme le grand écrivain de la Vendée et de ses légendes. Il en retrouve dans Le Cocher du Boiroux tous les sortilèges.Nous sommes au début du siècle. La terre se meurt, la ruine ronge peu à peu maisons et châteaux. Comme celui du Boiroux où le baron Octave dérive lentement vers la mort face à ses domestiques toujours enchaînés aux traditions et au passé. Mais la vie bascule déjà. Son fils Henri revient. Sous la conduite de son vieil ami d'enfance le cocher Clovis, il découvre avec stupeur cet univers si lointain où les parfums d'enfance se mêlent aux menaces d'aujourd'hui, où les fantasmes rejoignent le quotidien, et le tragique naît des mystères d'une nature aussi indomptée que le marais féerique tout proche.Dans ce roman envoûtant, Michel Ragon excelle tout autant à nous plonger dans la vie d'autrefois entre châtelain et serviteurs qu'à nous restituer l'atmosphère délétère et les derniers soubresauts d'un monde à l'agonie. Il nous fascine par cette étrange histoire de terroir hantée de personnages singuliers et inoubliables, mi-sorciers, mi-démons.

  • « Pendant quatre ans, je n'ai cessé de penser à Jeanne, au bûcher de Rouen, à notre amour muet.Muet.J'ai voulu qu'il parle, qu'il sorte de cet alanguissement qui nous rendait si timides. Ou si effrayés l'un et l'autre de briser un sortilège. On ne pouvait pas aimer charnellement Jeanne sans rompre son pacte avec les anges. »La première fois que Jeanne la Pucelle vit Gilles de Rais, elle l'appela « Barbe Bleue ». Entre eux naquit un amour impossible, scellé par un pacte avec Dieu, à moins que ce ne fût le Diable. À travers le destin de deux êtres que tout semblait opposer, Michel Ragon nous entraîne au coeur d'une légende où se mêlent amour et histoire, interdit et sacrifice.

  • Qu'est-ce que la littérature prolétarienne ? Ce n'est pas cette littérature "destinée aux classes pauvres", qui la plupart du temps est écrite par des bourgeois. Ce ne sont pas davantage les oeuvres, d'ailleurs généreuses, où des intellectuels non prolétaires expriment leur vision de l'existence des travailleurs. Il s'agit au contraire d'une littérature de témoignage sur la vie prolétarienne, écrite par des prolétaires, ou d'anciens prolétaires - ouvriers ou paysans. Des autodidactes, par conséquent, nés dans le peuple et ayant eu une formation de travailleurs manuels, qui nous montrent le visage authentique de ce peuple, son évolution, ses aspirations, ses plaintes et ses joies.
    Presque tous les écrivains prolétaires sont des auteurs oubliés : certains carrément inconnus, les autres méconnus - moins dans leur valeur littéraire que dans l'importance de leur message social et humain. Comment réparer cette injustice et répondre à l'intérêt croissant qui se manifeste pour la littérature d'expression populaire ? Depuis très longtemps, en effet, il n'existe plus d'ouvrage d'ensemble sur la question. Or, aujourd'hui, Michel Ragon comble cette lacune. Son Histoire de la littérature prolétarienne de langue française< /i> établit un panorama complet, un recensement méthodique qui va du Moyen Âge à nos jours et qui est accompagné d'abondantes citations de ces oeuvres introuvables en librairie.

    Bien entendu, cette Histoire est liée très étroitement à celle du mouvement ouvrier, comme à celle de l'évolution paysanne. C'est pourquoi Michel Ragon analyse notamment les rapports difficiles que le Parti Communiste n'a cessé d'entretenir avec les écrivains prolétariens.

    Voici donc enfin présente, grâce à cet ouvrage fondamental, une littérature inconnue, oubliée sitôt qu'elle apparaît, une littérature méprisée et condamnée trop souvent à rester marginale. Publiés à compte d'auteur ou chez des éditeurs occasionnels, les ouvriers et les paysans qui écrivent continuent cependant à être nombreux. Avec son talent riche de conviction, Michel Ragon plaide ici pour eux.

  • L'accent de ma mère

    Michel Ragon

    « Pendant trente ans, ma mère m'a écrit chaque semaine, me racontant son ennui, ses maladies, ses malaises, c'està-dire son inquiétude, dont j'étais toujours l'objet. Je n'avais jamais remarqué que ma mère parlait avec cet accent paysan de l'Ouest. Parce

  • La louve de mervent

    Michel Ragon

    1832 : des chouans surgissent une nouvelle fois dans l'Ouest. Cette cinquième guerre de Vendée, suscitée par la folle équipée de la duchesse de Berry et par un quarteron de hobereaux, ne durera que trois jours.
    Qu'advint-il de tous ces gueux, braconniers

  • Un si bel espoir

    Michel Ragon

    Gibus et crinolines, lionnes voraces exténuant les princes, cris retentissants du peuple qui s'émancipe... Le Paris du Second Empire que nous narre Michel Ragon est celui des métamorphoses et des révolutions. C'est le Paris éventré des grands boulevards,

  • Ami de Soulages, Atlan, Poliakoff, Zao Wou-Ki ou Dubuffet, Michel Ragon a découvert, soutenu, fréquenté les plus grands artistes. Aujourd'hui, le grand critique s'insurge contre un monde où l'art est devenu marché, les oeuvres des placements, où l'imposture semble avoir remplacé l'audace et le vide l'effervescence. S'amusant du non-art, déplorant le « financial art », il évoque dans ce Journal tenu entre 2009 et 2011 une époque où les artistes créaient sans penser au cours de la Bourse, souvent encouragés par des galeristes qui croyaient en leur talent et des critiques pour qui l'admiration tenait lieu de pain quotidien. Amusées ou désenchantées, ces chroniques, qui confrontent Tinguely et Koons, Klein et Buren, Alechinsky et Murakami, nous font partager les rencontres, les amitiés, les admirations et les dégoûts d'un inlassable amoureux de l'art.

  • Ils se croyaient immortels, ils étaient célébrés, puis la roue du destin a tourné, ils se sont égarés dans les ornières de l’Histoire, témoins impuissants de leur propre défaite. Descartes, Dumas, Lamartine, Courbet, Kropotkine, Hamsun, Pound, Clemenceau, Fréhel et Sagan, qu’ont-ils en commun si ce n’est leur mort pitoyable et leur gloire retrouvée ?

    Avec ce sens de l’anecdote tendre et féroce à la fois, Michel Ragon évoque leur vieillesse déchue, leurs illusions, leur aveuglement mais aussi leur génie et leur gloire, et ce mystère fragile, grotesque et dérisoire que revêt toute existence humaine.

  • L'époque qui suivit la fin de l'occupation allemande fut celle d'un formidable espoir pour Michel Ragon, du fait de son origine populaire et des travaux manuels qu'il continuera longtemps d'exercer, ces années 1943-1953 ne ressemblent guère à celles de ses contemporains. Alors que tous les intellectuels étaient liés au tout-puissant Parti communiste, il va devenir le compagnon de route des anarchistes dont il retraduira l'histoire, quarante ans plus tard, dans La Mémoire des vaincus. Mais son intuitive curiosité le mènera à sauter d'une berge à l'autre, des milieux populaires aux milieux intellectuels, de la littérature prolétarienne à la peinture abstraite d'avant- garde.

    Michel Ragon nous livre là une autobiographie intellectuelle, avec d'étonnants personnages, le plus souvent méconnus ou oubliés, décrits avec cette fidélité et cette vitalité qui ont fait le succès de L'Accent de ma mère. Si bien que nous lisons ce livre comme le roman d'une passionnante décennie.

  • "A priori, tout paraît opposer ces deux êtres. Aujourd'hui, cent trente ans après leur aventure qui commence, la distance qui les sépare n'a fait que s'accentuer. Ils semblent même, au regard de l'Histoire, ennemis irréductibles. Lui, le Vendéen qui se complaisait, dans sa vieillesse, à se dire "premier flic de France", lui, le jusqu'au-boutiste nationaliste, "père la Vistoire" en 1918. Elle, l'irréductible anarchiste, la "pasionaria" de la Révolution, l'éternelle rebelle. Et pourtant une amitié, une affection, un respect, une admiration réciproque les lieront pendant toute leur vie. Elle s'appelait Louise, Louise Michel. Et lui Georges. Georges Clemenceau." Deux personnages hors du commun ; deux mondes : celui des libertaires et celui de la Vendée ; une relation secrète et méconnue ; une époque forte en luttes et constrastes, de la Commune à l'affaire Dreyfus. Tout concourt dans ce livre unique à rassembler les multiples talents et les passions de Michel Ragon, historien singulier et grand romancier, auteur des Mouchoirs rouges de Cholet, de La Mémoire des vaincus et d'Un si bel espoir.

  • « Certaines lettres vous bouleversent. D'autres vous intriguent. Comme celle reçue d'une prison avec une étrange requête. Le prisonnier me parlait bizarrement de Christine, mon ancienne épouse, dont il avait perdu l'adresse. L'élan amoureux de ce message

  • Comment vivait-on, dans une petite ville de province, dans la première moitié de ce XXe siècle qui nous paraît déjà si loin ? Le temps de ce temps-là ne se mesurait pas comme le nôtre. La vitesse dépendait encore du pas des chevaux, de la traînée des charrois tirés par des couples de boeufs. Les pauvres gens (les gens pauvres) vivaient pour presque rien et de presque rien, dans la familiarité des animaux et en étroite harmonie avec la nature.

  • Confronter l'homme et les villes, c'est s'apercevoir que l'homme n'a cessé d'être fasciné par les villes, utopiques lieux de toutes les libertés, mais qu'en même temps ces cités sont l'émanation d'un pouvoir qui devient vite tyrannie. Produit de l'Histoire et lieux où se fait l'Histoire, les villes sont à la fois le territoire de l'aliénation et de la permissivité. De Sumer aux rêves des futurologues, chaque chapitre de ce livre représente une étape dans l'analyse des grands phénomènes idéologiques que reflètent symboliquement les cités dans la forme de leurs architectures comme dans le dessin de leurs plans.

    Toutes les villes, depuis les premières nées il y a cinq mille ans en Mésopotamie, et dont il ne reste que des ruines, jusqu'à nos villes neuves nées de l'industrie et du commerce, ont suscité tour à tour l'espoir, le dégoût et la haine. Peut-être cela provient-il seulement de ce qu'elles restent toujours un mirage. La ville pétrifie des rêves, incarne des idées, concrétise des fantasmes collectifs. Son instabilité est aussi le gage de sa vitalité. Sans cesse la ville bouge, se transforme, se métamorphose. Rien ne ressemble plus à un être vivant que ce corps de pierre.

  • Le marin des sables

    Michel Ragon

    A quoi rêve un enfant lorsqu'il vit dans un pays de sable et de sel, sinon à ce qui peut bien se trouver de l'autre côté de la mer ? Et il s'embarque un beau jour à La Rochelle, se mêle aux matelots qui hissent les voiles d'un vaisseau mettant le cap sur

  • Revenu pour quelques jours dans la petite ville de mon enfance Fontenay-le-Comte, en Vendée, une lectrice me dit :  - J´ai connu autrefois une Odette Ragon que l´on appelait la Tonkinoise. Vous n´en parlez pas dans l´Accent de ma mère. Elle n´était pas de votre famille ?  Odette m´était renvoyée brutalement et, en toute justice, en pleine figure, comme une gifle. Odette, la petite Cambodgienne que mon père, sous-off de la coloniale, avait ramenée d´Indochine et qui fut l´une des énigmes de mon enfance ; Odette, ma soeur aux yeux d´Asie.  Dans l´instant, je revis la bourrellerie de cousin Gaston où nous nous étions retrouvés en juillet-août 1940, dans cette période floue entre l´armistice et l´occupation allemande institutionnalisée ; cet été 40 où nous nous sommes sentis si proches, si délicieusement fraternels ; et où nous avons découvert, dans une vieille cantine noire, les lettres que notre père envoya de 1909 à 1922 du Tonkin, de la Cochinchine, du Cambodge.  Quelles découvertes ! Cette demi-soeur (mais était-elle la fille de mon père ou un enfant adopté comme on le disait dans la famille ?) et cette Indo-Chine ressuscitée des Chinois à nattes, avec son goût trouble du péché, ses diableries, ses congaïs qui s´achètent, la morbide torpeur des petits postes dans la brousse encerclés par des pirates invisibles, ses deux premières batailles de Diên Biên Phu ; et ce racisme d´un sous-off de la coloniale, cet impérialisme tranquille, étalés sans complexe.  Je revoyais nos dernières grandes vacances de l´été 40, avant l´interminable temps de guerre. Et notre affection trouble, à la limite d´un amour pudique... Aristide-le-Cochinchinois, la terrible tante Victorine, l´Exposition coloniale de 1931, les invraisemblables manuels militaires trouvés aussi dans la vieille cantine noire, la boutique du bourrelier...  Je répondis sans trop réfléchir à tout ce que je devrais interroger :  - Odette ? Mais oui, c´était ma soeur. Je n´en ai pas parlé parce que, pour elle aussi, je ferai un livre.  Le voici.

  • À travers le destin exemplaire de cinq jeunes agriculteurs d'aujourd'hui, Michel Ragon nous plonge dans le drame de nos campagnes écrasées, mises au carré, laminées par les eurocrates, les ingénieurs, les banques, les énarques parisiens... Il nous dit la

  • Lorsque les paysans vendéens saisissent fourches, haches et faux à l'annonce de la levée des 300 000 hommes, lorsqu'ils s'emparent de Machecoul, Saint-Florent et Cholet, Barère s'écrie : « La Vendée est mille fois plus à craindre que toutes les puissances européennes ». La République, menacée par la coalition des forces étrangères, secouée par les révoltes dans toutes les provinces, a trouvé son bouc émissaire. La Convention institue la Terreur comme instrument de régénération publique.Vendéens et républicains se livrent alors une lutte à mort au nom de deux conceptions fanatiques de la liberté : l'une abstraite, héritée des philosophes - « Il n'y a pas de liberté pour les ennemis de la liberté » déclare Saint-Just -, l'autre populaire, préromantique, communale et religieuse.Le 17 octobre 1793, lendemain de l'exécution de la reine, Kléber et Marceau écrasent l'armée vendéenne à Cholet. La population en fuite ne pourra échapper aux massacres sans limites de la répression.Le monde moderne commence en 1793 par un bain de sang et un flot de paroles vaines. Certains de détenir la vérité, les révolutionnaires ont imposé une perversion qui aura une postérité désastreuse : la dictature de la liberté. Michel Ragon, depuis plus de quinze ans, rassemble pièces d'archives, notes et réflexions sur l'insurrection vendéenne. Il a écrit, dans ce grand livre vendéen, le récit poignant de ce cruel moment de notre histoire.

  • Si les dernières années ont vu paraître de nombreux livres sur l'histoire et la sociologie de la mort, il n'existait aucun ouvrage récent sur l'architecture, la décoration et l'urbanisme funéraires. Michel Ragon s'est colleté avec ce thème immense durant

  • Drôles de métiers

    Michel Ragon

    Michel Ragon nous donne avec Drôles de métiers un livre plein de charme, d'humour et de fraîcheur qui nous fait revivre ses années d'apprentissage, d'abord à Nantes où il fut tour à tour saute-ruisseau, manutentionnaire, aide-comptable, mécano, emballeur, employé de préfecture, puis dans le Paris de l'après-guerre qui le voit manoeuvre d'usine, peintre en bâtiment, commis libraire, etc.Ce premier livre écrit à 25 ans nous touche par un ton fait de cordialité, de simplicité, de bonne humeur et d'émotion vraie qui annonce déjà les grands récits autobiographiques de Michel Ragon dont le merveilleux Accent de ma mère.Jean Cayrol a pu écrire à son propos : « J'aime les livres de Michel Ragon ; ils passent dans notre univers contaminé comme un vent de fraîcheur... Michel Ragon a eu une vie dure, parfois misérable, mais il portait en lui une telle force, une telle sympathie pour tout ce qui l'entourait, que ses livres sont non seulement un témoignage mais aussi une leçon d'espérance. »

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