• Dans ce nouveau volume de la collection "Destins croisés", Michel Panoff décrit, en ethnologue qui ne dédaigne pas l'humour, comment Tahiti est devenue en deux siècles le véritable laboratoire d'un métissage à la fois biologique et culturel. Successivement, les Anglo-Saxons avec la nombreuse descendance des mutins du Bounty et les missionnaires propagateurs d'un protestantisme rigoureux, les Français porteurs du double message de l'Église catholique et de 1789, les Chinois appelés par les planteurs mais bien vite convertis au négoce comme au christianisme, ont apporté leur sang et leurs moeurs à la société polynésienne. Face à des administrateurs envoyés aux antipodes avec le Code Napoléon, de nouvelles générations, issues du métissage, conduites par les "demis" évolués, façonnées par l'apprentissage du commerce à l'occidentale, se faufilent avec astuce dans le maquis d'un étrange régime foncier et s'adonnent aux délices des campagnes électorales, sur fond d'affairisme. Malgré les maux très divers dont a souffert la "Nouvelle-Cythère", sa population ne cesse de croître et elle se prépare à aborder le prochain millénaire avec deux atouts majeurs : les retombées économiques du Centre d'essais nucléaires de Mururoa et l'essor du tourisme international.

  • oPourquoi, depuis le séjour prolongé de Malinowski aux Trobriands, l'ethnologue doit-il se rendre sur le terrain, et ne peut-il se contenter d'interpréter des faits rapportés de seconde main ? oLes auteurs de ce livre, attachés de recherches au C.N.R.S. et actuellement en mission en Nouvelle-Guinée, estiment que le terrain n'est pas un rite de passage, dont on pourrait aisément se désintéresser, mais qu'il constitue l'expérience à partir de laquelle s'organise la science ethnologique : le terrain apparaît comme un laboratoire où l'ethnologue doit faire des séjours longs et répétés. oL'ouvrage défend ainsi une conception de l'ethnologie selon laquelle l'expérience directe, nécessairement limitée à quelques sociétés, se révèle plus féconde que la course, à travers livres et revues, à des informations dont la valeur reste toujours douteuse. oL'apprentissage ethnographique est une véritable éducation. Il semble difficile de tricher sur le terrain. L'expérience ethnographique sollicite en effet de l'ethnologue tout autre chose qu'un simple savoir : il comparaît en chair et en os, et le verdict de ce tribunal portera aussi bien sur ses qualités morales, affectives ou sensorielles, que sur des connaissances purement académiques. oOn comprend alors la résistance de beaucoup, leur peu d'enthousiasme à se rendre sur le terrain, les artifices qu'ils mettent en oeuvre pour truquer cette expérience, s'ils s'y sont, en fin de compte, résignés, et leur silence au retour. C'est justement ce mutisme que ce livre voudrait rompre.

  • oPourquoi, depuis le séjour prolongé de Malinowski aux Trobriands, l'ethnologue doit-il se rendre sur le terrain, et ne peut-il se contenter d'interpréter des faits rapportés de seconde main ? oLes auteurs de ce livre, attachés de recherches au C.N.R.S. et actuellement en mission en Nouvelle-Guinée, estiment que le terrain n'est pas un rite de passage, dont on pourrait aisément se désintéresser, mais qu'il constitue l'expérience à partir de laquelle s'organise la science ethnologique : le terrain apparaît comme un laboratoire où l'ethnologue doit faire des séjours longs et répétés. oL'ouvrage défend ainsi une conception de l'ethnologie selon laquelle l'expérience directe, nécessairement limitée à quelques sociétés, se révèle plus féconde que la course, à travers livres et revues, à des informations dont la valeur reste toujours douteuse. oL'apprentissage ethnographique est une véritable éducation. Il semble difficile de tricher sur le terrain. L'expérience ethnographique sollicite en effet de l'ethnologue tout autre chose qu'un simple savoir : il comparaît en chair et en os, et le verdict de ce tribunal portera aussi bien sur ses qualités morales, affectives ou sensorielles, que sur des connaissances purement académiques. oOn comprend alors la résistance de beaucoup, leur peu d'enthousiasme à se rendre sur le terrain, les artifices qu'ils mettent en oeuvre pour truquer cette expérience, s'ils s'y sont, en fin de compte, résignés, et leur silence au retour. C'est justement ce mutisme que ce livre voudrait rompre.

  • L'ethnologie se porte mal ces temps-ci. Du coup elle est mal portée dans les milieux élégants et qui pensent. Avoir été à la mode pendant des années fait qu'elle est maintenant démodée, et la ferveur venant à manquer, les yeux s'ouvrent sur ses défaillances, ses compromissions et sa fécondité insuffisante. On dit même qu'elle est en crise et qu'elle n'y survivra pas, oubliant ainsi le désarroi beaucoup plus général qui semble entourer la « production » de tout discours scientifique depuis 1968. Qu'en est-il exactement ? Tous ces maux en isme (impérialisme, racisme, passéisme, fétichisme culturel, etc.) qu'on lui découvre aujourd'hui, quand sont-ils apparus ? Ou faut-il mettre en cause le regard même que l'Européen porte sur les autres hommes depuis le XVIe siècle ? Le corpus spécifique de l'ethnologie permet de répondre sans abandonner trop de terrain au règne de l'opinion. Souvent critique, ce livre entend montrer que l'ethnologie a encore un avenir. Il se peut donc que les nihilistes, vaste et remuante tribu ne le trouvent pas à leur goût.

  • Nouvelles Ces neufs nouvelles sont autant de variations ironiques sur les rapports entre Blancs et Noirs en Papouasie pendant les années 1900-1960 : de modernes Papous se prennent soudain pour d'anciens Hébreux, des colons puisent dans l'alcool la force d'affronter leurs ouvriers, un petit catéchiste noir désespère de trouver des chrétiens parmi les nouveaux maîtres du pays, du coup le voilà que se fait écrivain.

  • Faut-il être biologiste ou biotechnologue pour avoir le privilège d'étudier le risque biologique ? Juristes, sociologues, théologiens, paysans, historiens, psychologues nous avertissent : la biologie, avant tout science des "yeux", glisse insidieusement vers une science des "mains", de l'étude de la vie vers la manipulation du vivant. Voici une construction d'une pensée complexe autour de la question du risque biologique, question qui nécessite urgemment d'être collectivement posée.

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