• La traduction est peut-être, comme l'écrivait Roman Jakobson, la pierre de touche et d'achoppement de toute théorie du langage. Dans ce livre, l'ambition de Maurice Pergnier est de jeter un pont entre la linguistique et les réalités pratiques de la traduction : on peut donc le définir comme un traité de linguistique générale reformulée à la lumière des problèmes de la traduction. Cet ouvrage dont la première édition date d'il y a quarante ans s'est imposé comme un ouvrage de référence auprès des linguistes, des traductologues et de tous ceux qui s'intéressent à la traduction. Épuisé, il était introuvable depuis longtemps : cette édition définitive, revue et enrichie, le rend enfin de nouveau accessible.
    Maurice Pergnier entend promouvoir une approche linguistique et sociolinguistique de la traduction. Son propos est de montrer, sur des exemples concrets pour la plupart empruntés au passage de l'anglais au français, que la comparaison abstraite entre des segments de phrases d'une langue à l'autre, à laquelle s'est cantonné le structuralisme, conduit à une impasse : la traduction finirait par sembler impossible. Dès lors que l'on envisage les conditions concrètes, sociales, de la communication langagière, la traduction apparaît non seulement comme possible, mais comme un aspect capital de l'échange intersubjectif. Si les structures sémantiques ne sont pas transposables d'une langue à l'autre, les messages, eux, peuvent (et doivent) être traduits, parce que le sens n'est jamais prisonnier de ces structures.
    La démonstration de Maurice Pergnier n'exige du lecteur aucune connaissance préalable en linguistique. Cet ouvrage d'un grand pédagogue, écrit dans une langue limpide, est accessible à quiconque souhaite s'initier aux grands problèmes de la traduction.

    Maurice Pergnier est professeur émérite de linguistique générale à l'Université Paris-Est-Créteil (UPEC). Il est l'auteur de nombreux essais parmi lesquels Les Anglicismes (1989), Du sémantique au poétique avec Baudelaire, Cocteau, Magritte (1997), Le Sommeil et les signes (2004), La désinformation par les mots (2004), De Saussure à Saussure : le « Cours de linguistique générale » à l'épreuve du siècle (2012). Il est également nouvelliste et dramaturge.

  • Est-il une notion plus familière à tout homo loquens que la notion de mot ? En est-il de plus enracinée dans la conscience linguistique ? Cependant c'est une notion qui a été évacuée de la grammaire par toutes les écoles linguistiques contemporaines, qui ont construit leurs hypothèses grammaticales sur les unités plus petites (morphème) ou plus vastes (phrase, syntagme). Et si, pourtant, le mot existait bien ? S'il était bien une unité grammaticale ? Non seulement une unité grammaticale « de plus », mais l'unité grammaticale par excellence, en fonction de laquelle toutes les autres trouvent leur cohérence, et autour de laquelle l'ensemble de la structure formelle s'organise ? Tirant les leçons des impasses respectives des modèles structuraliste et générativiste, cet essai propose une théorie du mot, et tente de faire apparaître que cette théorie du mot - redéfini sur une base formelle rigoureuse - constitue la clé de voûte de la morphologie et de la syntaxe, ainsi que de leurs rapports à l'énoncé.

  • Linguiste angliciste et anglophile, l'auteur soutient dans ce livre un point de vue qui ne paraîtra paradoxal qu'aux cuistres et aux adorateurs inconditionnels des idées reçues : le « franglais » qui menace aujourd'hui la qualité de notre langue n'est pas le fruit d'un excès de connaissance de l'anglais, mais, au contraire, celui de l'épaisse ignorance de l'anglais qui caractérise les Français qui le propagent. Avant d'être un livre à thèse, cet ouvrage est cependant une étude - à l'aide de concepts linguistiques rigoureux - des différentes catégories d'anglicismes du français contemporain, et une tentative pour cerner objectivement les contours de l'évolution de la langue française au contact de l'idiome hégémonique du monde contemporain.

  • Montrer que l'ambiguïté n'est pas une imperfection contre laquelle on doit se prémunir, mais un trait constitutif du langage qui permet au sens d'avancer masqué, tel est l'objectif de ce petit livre. Une fois admis que c'est dans la polysémie qu'il faut chercher la clef de certaines énigmes, il devient possible au linguiste d'éclairer des créations restées jusqu'ici rebelles à l'interprétation, dévoilant des constructions inattendues et donnant à penser que l'ambivalence sémantique est un des ressorts essentiels du poétique.

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