• Cet ouvrage, qui dessine une géographie historique du royaume chrétien éthiopien, retrace l'histoire de l'installation des souverains et le transfert de leur pouvoir dans deux nouvelles provinces, l'Amära et le äwa, entre la fin du xiiie et le début du xvie siècle : une nouvelle dynastie y implante son domaine royal et fonde la légitimation de son pouvoir sur le contrôle des réseaux monastiques. L'enquête, qui explore les chroniques royales, les sources hagiographiques, les récits de géographes arabes ou d'ambassades européennes, tente de démêler les étapes de l'écriture et des réécritures qui sacralisent une histoire, devenue mythe. La rencontre du monachisme et du pouvoir dans cet espace en construction est à la fois un facteur de renforcement du pouvoir royal et un facteur de fragilisation de ce même pouvoir, lorsque les moines font du martyr, idéal de sainteté, l'expression privilégiée de leur indépendance vis-à-vis du politique. En réponse, les souverains éthiopiens superposent aux réseaux monastiques leurs propres fondations religieuses qui, étapes pour la cour, lieux de conciles et nécropoles royales, deviennent des lieux privilégiés de l'exercice du pouvoir.

  • Aucune région au monde n'a connu une histoire aussi longue de la traite et de l'esclavage que l'Afrique orientale et l'océan Indien. Très loin des modèles simplificateurs du complexe atlantique, les sociétés de l'océan Indien ont éprouvé des modalités de traites et des situations serviles très diverses, où tous les systèmes esclavagistes européens, orientaux et africains se mêlent. Les Africains et les Malgaches sont majoritaires parmi les esclaves mais ils côtoient des compagnons d'infortune d'origines géographiques extrêmement variées, et en particulier des Asiatiques. Les esclaves sont redistribués et vendus aux quatre coins de l'océan Indien mais aussi vers l'Atlantique, alors que se développent en Afrique de façon croissante les logiques serviles qui connaissent leur apothéose à Zanzibar au XIXe siècle. Cet ouvrage complète magistralement une historiographie qui demeure largement dominée par les études sur l'Atlantique. Par le biais d'une approche globale, océanique comme continentale, il renouvelle en profondeur les questions de la traite et de l'esclavage ainsi que de leurs mutations complexes du XVe au XXIe siècle dans l'espace de l'Afrique orientale et de l'océan Indien. Il offre ainsi au public francophone une approche novatrice et percutante à partir d'études de cas originales et fouillées menées par les meilleurs spécialistes de ces questions. Editeurs : Henri Médard, maître de conférences à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (CEMAF). Marie-Laure Derat, chargée de recherche au CNRS (CEMAF). Thomas Vernet, maître de conférences à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (CEMAF). Marie Pierre Ballarin, chargée de recherche à l'IRD (URMIS).

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