• Lorsqu'il a déclaré en mars 2016, à propos des actes de pédophilie révélés au sein de l'Église, " Grâce à Dieu, c'est prescrit ", le cardinal Barbarin a jeté le trouble et suscité une vive controverse qui n'est jamais retombée. Le primat des Gaules est au sommet de son influence et de son rayonnement, considéré comme un possible papabile, quand il doit faire face à ce scandale sexuel dans lequel se trouvent impliqués des prêtres de son diocèse, dont certains ont été trop longtemps protégés par leur institution. Après avoir donné l'impression de vouloir classer un peu vite ces différents dossiers, monseigneur Barbarin devient la cible de toutes les critiques. Il est attaqué d'autant plus fortement qu'il a pris la tête en 2013, de manière ouverte et virulente, des manifestations contre le mariage pour tous au nom de la morale chrétienne. Marie-Christine Tabet dévoile les liens établis par le cardinal lyonnais entre les milieux conservateurs, la fraction identitaire des traditionalistes et la communauté catholique, mais aussi les protections et relais parfois politiques dont il a bénéficié depuis le début de son ascension. En enquêtant sur son itinéraire et ses engagements, elle révèle le véritable visage d'un prince de l'Église pris au piège de ses propres contradictions.

  • La SNCF telle qu'on ne vous l'a jamais racontée.
    En 2013 et 2015, à Brétigny-sur-Orge et à Eckwersheim, la société nationale a vécu deux déraillements mortels. Bilan  : 18 morts. Quatre pannes majeures ont paralysé la gare Montparnasse pendant plusieurs jours entre l'été 2017 et janvier 2019. Chaque année, deux milliards de minutes se perdent dans les trajets du quotidien et les TGV. Plus de 10  % du réseau ferré est ralenti pour cause de vétusté.
    Le drame de la SNCF  : son destin dépend de facteurs politiques qui lui sont souvent étrangers. Il se décide dans les cabinets ministériels, entre les partenaires sociaux, l'administration et les barons régionaux. À sa tête, Guillaume Pepy, un des énarques les plus doués de sa génération, a vu passer trois présidents de la République, cinq Premiers ministres et cinq ministres des Transports.
    Marie-Christine Tabet et Christophe Dubois ont enquêté pendant deux ans au coeur de l'entreprise la plus connue et la plus secrète de France. Ils ont recueilli les témoignages de voyageurs, de cheminots, de cadres de l'entreprise, de syndicalistes, de parlementaires, d'anciens ministres. Ils ont eu accès à des pièces des dossiers judiciaires mais aussi à des rapports internes. Et leur récit fait froid dans le dos.
    Toutes les grandes crises récentes vécues par la SNCF sont les symptômes de la mort d'un modèle industriel français. À la veille de l'enjeu de l'ouverture à la concurrence, l'entreprise retrouvera-t-elle une seconde vie  ?
     
    Rédactrice en chef du Parisien-Dimanche, Marie-Christine Tabet est notamment l'auteur d'EDF, un scandale français (Robert Laffont, 2004), avec Laurence de Charette, L'Argent des politiques, avec Christophe Dubois (Albin Michel, 2009), Grâce à Dieu, c'est prescrit (Robert Laffont, 2017).
    Grand reporter à la télévision, Christophe Dubois a notamment écrit Les islamistes sont déjà là (Albin Michel, 2004), Sexus politicus (Albin Michel, 2006), avec Christophe Deloire, et plus récemment Où sont passés nos espions ? (Albin Michel, 2017), avec Éric Pelletier.

  • L´Algérie est le pays avec lequel notre histoire est la plus imbriquée, de la colonisation (1830) jusqu´à aujourd´hui, en passant par l´indépendance (1962).
    Environ 10 % de la population française entretient un lien personnel avec ce pays : les Algériens vivant en France, les binationaux et les citoyens français d´origine algérienne ainsi que les pieds-noirs, les harkis et les anciens combattants de la guerre d´Algérie. Les drapeaux algériens qui saluent l´élection de Hollande ou qui flottent sur les matchs de foot, le président algérien qui se fait soigner en France, le statut si particulier des immigrés algériens, les embarras de la classe politique française avec le « système Boutef » sont les conséquences d´un divorce non... consommé.
    Aujourd´hui, cette relation est à un tournant : le régime algérien est à bout de souffle. Le président Bouteflika, de plus en plus malade, n´ira pas au terme de son mandat. Son départ probable pourrait rebattre les cartes d´un système avec lequel la France a appris à composer depuis plusieurs décennies.
    Sur le plan sécuritaire, la France a plus que jamais besoin de l´Algérie pour gagner la guerre contre les djihadistes qui sévissent au Sahel. Sur le plan économique, la France tente de reprendre la place de premier partenaire qu´elle a perdu l´année dernière (au profit de la Chine). Sur le plan politique, François Hollande soigne son image auprès de l´électorat issu de l´immigration, très sensible à la politique menée des deux côtés de la Méditerranée.
    Mais ces (bonnes) relations coûtent cher et amènent des compromis, voire des compromissions. Si la justice est prompte à traquer les biens mal acquis des dirigeants d´Afrique noire, elle est beaucoup plus timide pour les responsables algériens. Cette enquête journalistique fourmille de révélations : grâce à des notes secrètes, elle révèle le « coût » en France de la guerre d´Algérie et dévoile le patrimoine caché des hommes du pouvoir algérien en France.

  • Pourquoi les hommes politiques, en France, sont-ils aussi mal à l´aise en face de l´argent ? Ont-ils des raisons d´avoir mauvaise conscience ? Y a t-il un poids de l´histoire qui explique cette méfiance proche d´une certaine paranoïa ?
    Christophe Dubois, journaliste sur TF1, et Marie-Christine Tabet, journaliste au Journal du Dimanche, ont enquêté sur ce sujet qui reste, étrangement, tabou.
    Ils ont interrogé une centaine d´élus et de membres de cabinets ministériels et ont rencontré les hauts magistrats qui ont pour mission de veiller à l´application des textes, au demeurant nombreux. Du luxueux appartement de Jacques Chirac à la villa de Julien Dray, des amis fortunés de Ségolène Royal à ceux de Nicolas Sarkozy, des petits travers des uns aux grandes combines des autres, tous, ou presque entretiennent des rapports ambigus avec l´argent.
    Alors peut-on parler de liaisons dangereuses ? Le financement des campagnes électorales reste, aujourd´hui encore, souvent aux frontières de l´illégalité, sans que celle-ci soit toujours sanctionnée. Et l´enrichissement de la classe politique est une réalité sur laquelle, par complaisance ou par familiarité sociale ou mondaine, les instances en charge du sujet ferment les yeux depuis vingt ans.
    L´argent honteux, l´argent facile et l´argent sale.
    Un document choc, ni moralisateur, ni complaisant.

  • Il est en France une puissance qui nous fait tous les jours la morale. Mais est-elle irréprochable pour autant ?L´État-client ? C´est le plus mauvais payeur qu´on puisse imaginer. Jusqu´à menacer ceux qui osent se plaindre !L´État-patron ? Entre contrats précaires systématiques et irrégularités encouragées, son cynisme va au-delà des pires comportements du privé.L´État-organisateur ? Des logiciels en rade aux abus de pouvoir de l´expropriation, il nous fait honte.L´État-justicier ? Expert pour étrangler les PME en difficulté, pour voler à l´étranger des fichiers de banque ou pour harceler des automobilistes vite transformés en grands délinquants, il peine à rendre la justice.Le constat des auteurs est, au terme de trois ans d´enquête, accablant : cette puissance nous a désormais échappé. Se situant volontiers au-dessus des lois, cet État-voyou assure trop souvent l´impunité à ceux qui le servent.Provocatrice, documentée, nourrie d´innombrables anecdotes, voilà une enquête qui fera date. Cette vérité-là sera désormais difficile à étouffer.

empty