• Paul Chanel Malenfant poursuit, avec son dernier recueil intitulé «Il n'y a plus d'après», une oeuvre poétique ponctuée de «tombeaux» faisant écho à la mort des êtres aimés : d'une amoureuse amie, puis de la mère, enfin ici, de l'amant. En ces livres de deuil, la déploration de la mort est assortie d'une intense célébration de la vie qui incline à un retour mémoriel sur les existences des amours disparues, captées à la faveur des sensations matérielles qui les ont irriguées. La cérémonie des adieux est assortie au discours amoureux ; la permanence du désir et la pulsion vitale s'émerveillant de la beauté du monde infléchissent alors, de quelque apaisement lumineux, les offices de ténèbres.

  • Récit ? fragments de fiction ? poésie de prose ?Ces genres se confondent où alternent dérives apocalyptiques et scènes intimistes. En ce texte passionnel, entre les travaux et les jours de Pointe-au-Père, dans le Bas-du-Fleuve, et le secret bien gardé d'un voyage de noces, des personnages fantasmatiques se croisent : un médecin excessif, sa femme languissante, une prostituée de la Côte-Nord, un enfant perdu, un écureuil visionnaire... Sous le choc de la violence qu'ils subissent ou font subir et tentent en vain d'exorciser, ils vivent dans un univers brutal, ravageur, ravagé. Leurs chemins conduisent vers l'inconnu, l'irrationnel, tandis qu'ils s'enlisent dans l'horreur de la nuit des temps.
    Le poète livre un texte à la sensualité brute, dénuée de sentimentalisme. Les amours sans bonheur, liées à des rituels, s'apparentent aux sacrifices. Seule la beauté du monde et des paysages tient lieu de salut.

  • Ce bref essai de Paul Chanel Malenfant consiste en la transcription de la conférence inaugurale qu'il a offerte lors de la 42e Rencontre québécoise internationale des écrivains tenues par l'Académie des lettres du Québec en 2014 sous la thématique «Le glissement des genres». Le poète y réfléchit dans un premier temps au flou qui entoure les genres littéraires en les abordant en lecteur et en créateur. Cette approche fonde le grand intérêt de ce texte, en ce qu'il ouvre une réflexion bien documentée tout en évitant le pur discours théorique pour lui préférer la relance que ces contraintes, dans leur désuétude même, peuvent offrir au créateur. Plus encore, étudiant les marges spongieuses des genres littéraires, l'essayiste y voit l'occasion d'interroger les marges tout aussi floues qui délimitent les genres sexuels.

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