• Redécouvert au XXe siècle par les historiens du Moyen Âge, les théologiens et les philosophes, Maître Eckhart est aujourd'hui reconnu comme l'un des grands mystiques chrétiens. Pour autant, trop peu de lecteurs ont pu jusqu'à présent se pencher sur son ?

  • Textes présentés, traduits et annotés par Éric ManginLes Sermons 87 à 105 sont vraisemblablement le fruit de la prédication de Maître Eckhart à Erfurt dans les années 1303 à 1311, alors qu'il est le premier prieur de la nouvelle province dominicaine de Saxe. On y découvre des textes majeurs sur l'incarnation du Verbe et le thème mystique de la naissance de Dieu dans l'âme, exprimés parfois de façon très poétique, ainsi qu'un art des questions qui souligne combien Eckhart entend proposer une intelligence de la foi à partir de l'expérience individuelle : Pourquoi Dieu agit-il ainsi ? Comment l'âme doit-elle se disposer intérieurement ? Qui est Jésus ? Ces sermons nous introduisent ainsi au coeur de la pensée philosophique et théologique du maître rhénan. Si quelques-unes de ces prédications ont déjà fait l'objet d'une traduction ici et là, s'appuyant encore sur des éditions allemandes anciennes, ce nouveau recueil réunit pour la première fois un ensemble de textes cohérents dont la plupart sont totalement inédits en français (les Sermons 91 à 100 ) et s'appuie sur l'édition critique allemande la plus récente.

  • Cheminant sur la route de Damas, le futur saint Paul est soudain terrassé par l'expérience fulgurante qui le mènera à la conversion. "Paul se releva de terre, nous disent les Actes des Apôtres, les yeux ouverts il ne vit rien, et ce néant était Dieu..." Partant de cette étrange expression qui rejoint toute sa mystique, Maître Eckhart ose renverser l'idée même de néant en l'insérant dans le processus dynamique de la démarche spirituelle. Car c'est dans le détachement ultime, dans l'abandon absolu où l'homme renonce à tout - jusqu'à son désir d'une récompense dans l'au-delà - que se trouve la véritable union avec Dieu.

    Cette grande intuition du maître dominicain préside au troisième volume de ses sermons allemands, traduits, présentés et annotés par Gwendoline Jarczyk et Pierre-Jean Labarrière qui nous offrent ici, en outre, quatre sermons totalement inédits en français.

  • Les Sermons parisiens ont été rédigés par Maître Eckhart entre 1311 et 1313 durant son second magistère à la Faculté de théologie de l'Université de Paris. Ecrits en latin dans un style qui est celui des grands sermons universitaires de cette période, ils expriment déjà la plupart de ses thèmes mystiques favoris tels que l'incarnation du Verbe, le détachement de l'âme et la filiation divine. En articulant la pensée chrétienne et la philosophie grecque ou, pour reprendre les termes d'Eckhart, en s'efforçant « d'expliquer par les raisons naturelles des philosophes les affirmations de la sainte foi chrétienne et de l'Ecriture dans les deux Testaments », ces Sermons, traduits pour la première fois en français par Eric Mangin, constituent le fruit de sa réflexion théologique et le précieux témoignage de ce que fut l'enseignement universitaire au début du XIVe siècle.Éric Mangin, né en 1968, est philosophe et théologien, maître de conférences à la Faculté de philosophie de l'Université catholique de Lyon. Il a déjà traduit et présenté le Commentaire du Notre Père de Maître Eckhart (Paris, Arfuyen, 2005).Préface de Pierre Gire

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