• La Révolution au milieu des damnés du faubourg : le Paris des bouges et de la rue, celui des salons et des sections aussi. Trois personnages se détachent, dans Paris qui bourgeonne et qui bouillonne, parmi les obscurs et les gradés. Deux amis dont les chemins se séparent, l'un, député à la Convention, représentant à l'armée de Moselle, couvert de gloire ; l'autre, médecin du Faubourg, ennemi de toute violence, ne songeant qu'au bonheur de l'humanité. Entre les deux, une femme, une jeune bourgeoise révoltée qui rejoint ces Enragés que la faim et la rage d'égalité poussent sur le pavé parisien. La Révolution de 89, l'oublierait-on, ce sont d'abord ces hommes et ces femmes, ces cohortes d'anonymes qui assiègent en juillet, marchent en septembre, envahissent en août ou exigent en juin. Eternels fantassins floués des journées révolutionnaires, ils ont faim, ils ont froid, ils s'entassent dans les caves et les greniers. Ils ont faim et ils le crient. Ils ont faim et ne se nourrissent pas seulement de Liberté et de Constitution. Une autre vision de la Révolution, un roman à contre-courant : les heures de gloire, de colère et d'enthousiasme des oubliés du bicentenaire.

  • Révolutionnaire à 17 ans, lieutenant de Blanqui à 20, Préfet de police et procureur de la Commune à 25, Raoul Rigault, « entré comme un furieux dans l'histoire », tombe au cours de la Semaine sanglante, abattu sur les pavés du Quartier latin. Ce personnage haut en couleur, l'histoire l'a oublié. Sa verve, son goût des tavernes, des danseuses ou des grosses farces gênaient autant les austères dirigeants de la Commune, que les historiens de cette révolution-là. Cet enfant terrible, barbu, débraillé, rigolard, mais aussi décidé et intransigeant, conteste aussi bien l'Église, l'armée, la famille, que les grands principes dont on débat doctement quand la Terreur s'imposerait face à l'ennemi, Thiers et Versailles.

  • Dix-huit ans, bachelière, ravissante et ingénue, Ariane semble destinée à une vie paisible et sans histoire. Quand soudain, elle hérite d'une fortune colossale qu'elle ne pourra toucher qu'au bout d'un an, après avoir fait ses preuves en gagnant toute seule sa vie. Aidée d'un jeune avocat, amoureux transis, Ariane va connaître mille et une aventures au cours d'un périple à travers toute la France, et va découvrir ainsi les dessous de nombreux métiers comme les agences de voyages, les grandes surfaces, les promoteurs immobiliers, etc. Sous le prétexte de folles poursuites et derrière le rire qui jaillit sans cesse, ce roman picaresque est en fait un pamphlet déguisé contre les abus de la société de consommation, une cause chère à l'auteur qui a choisi le mode romanesque pour faire prendre conscience aux consommateurs que nous sommes, à travers, des histoires presque toutes véridiques, des abus dont ils sont victimes. Un roman pétillant, tonique et plein d'humour sur un des travers les plus représentatifs de notre époque.

  • 1793 - La Terreur - Le Tribunal révolutionnaire - Fouquier-Tinville - Les charrettes vers la guillotine - Symbole d'horreur que tous les livres d'histoire, quel que soit leur bord, dénoncent depuis deux siècles. Et si l'histoire s'était trompée ? Si elle nous trompait ? Sait-on que le Tribunal révolutionnaire a acquitté plus de gens qu'il n'en a condamné ? Qu'il a envoyé moins de coupables à la guillotine que la réaction thermidorienne ou la Terreur blanche de 1815 n'ont assassiné d'innocents en quelques semaines ? Sait-on surtout que la plupart des condamnés n'appartenaient pas à la noblesse, ni au clergé, mais étaient des "bras-nus" ? Sait-on que le Tribunal révolutionnaire était une juridiction "progressiste" accordant aux inculpés des droits inconnus jusqu'alors ? La Révolution, en lutte avec l'Europe entière, attaquée de l'intérieur sur tous les fronts, trahie par ses généraux, avait-elle le droit de se défendre ? Cette nouvelle vision du Tribunal révolutionnaire va-t-elle enfin réhabiliter Fouquier-Tinville et les siens ?

  • Mai 68 a vu éclore maintes tentatives de vie communautaire qui, non sans rappeler les phalanstères du XIXe siècle, se sont constituées à partir d'un refus de la société. La plupart ont échoué, sauf Longo Maï : malgré les attaques, les calomnies, les tracasseries policières, cette communauté de vingt-quatre jeunes venus d'Autriche, de Suisse ou d'ailleurs pour s'installer en Haute-Provence, au pays de Giono, tient le pari de son nom, qui signifie en provençal « pourvu que ça dure ! » Elle compte maintenant deux cents membres. Pourquoi ? Peut-être parce que Longo Maï a dépassé le refus, parce qu'elle construit, essaime et développe de nombreux réseaux de solidarité internationaux. Parce que l'utopie s'accompagne toujours chez elle d'un souci du concret : la terre est devenue fertile, les troupeaux prospèrent, l'école du village rouvre, la musique et les éclats de voix y résonnent des nuits entières et une vraie radio libre, Radio Zinzine, y diffuse une parole des plus impertinentes. Luc Willette fait revivre les moments de lutte et de fête, les échecs et les victoires quotidiennes qui ont ponctué ces vingt ans de vie communautaire.

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