• Luc de Heusch examine les rapports entre l'anthropologie et la discipline baptisée Histoire. À titre d'essai, inaugurant une voie originale, il analyse ici du point de vue structural les relations permanentes et changeantes que le pouvoir entretient avec la religion. L'anthropologie sociale et culturelle (plus connue en France sous le nom d'ethnologie), considérée à tort comme une science coloniale périmée, nous livre une institution caractéristique des sociétés centralisées dépourvues d'écriture : la chefferie ou la royauté sacrée. L'auteur la décrypte comme structure symbolique arrachant le pouvoir au seul contrôle de la parenté. Elle transforme un homme, détenteur du pouvoir suprême, en une espèce de fétiche vivant, condamné à mort à plus ou moins brève échéance. L'Histoire, de son côté, a souvent affaire à une institution politico-religieuse qui confère à un homme projeté au sommet du pouvoir un statut quasi divinisé. Le monothéisme s'est emparé de cette vision ; il fait du roi un prêtre d'une espèce particulière. Luc de Heusch analyse les avatars de ce continuum qui rend compte du devenir politique. Il prend le parti de Hobbes contre Rousseau et constate que la démocratie en tant que Léviathan a bien du chemin à parcourir avant d'être désacralisée.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce recueil de textes théoriques, polémiques et politiques se divise en trois parties. La première est consacrée à l'examen du projet structuraliste. L'essai qui donne son titre au livre se rapporte à la signification des problèmes de la parenté. Six textes consacrés à l'approche structurale de la magie et de la religion composent la seconde partie, dont un commentaire de la geste du Renard pâle de Marcel Griaule et de Germaine Dieterlen et une exploration systématique de la pensée bantoue. En conclusion, l'auteur témoigne son amitié au peuple de Lumumba, les Tetela du Kasaï chez qui il a vécu en 1953 et 1954.

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