• La fin du Moyen Âge

    Joël Blanchard

    • Perrin
    • 23 Janvier 2020

    La France à l'aube de la Renaissance.Délimitée par le règne des premiers Valois, de 1328 à 1515, la fin du Moyen Âge est une période haute en couleur, forte en contrastes, marquée par la guerre de Cent Ans, les rivalités fratricides entre princes du sang, les rébellions communales contre l'impôt, les pandémies comme la peste noire, la lutte inexpiable entre Armagnacs et Bourguignons. Elle est aussi marquée par des débats érudits, des discussions théologiques, une abondante production d'oeuvres littéraires, prophétiques, juridiques... Loin de l'image du déclin et du désenchantement popularisée par le romantisme, Joël Blanchard donne à voir une fin de Moyen Âge inspirée, savante, bouillonnante d'idées neuves et traversée d'une rare vitalité créative. Puisant dans ses connaissances du paysage culturel, politique et militaire du royaume de France en ce temps-là, l'auteur réhabilite avec pénétration et un incontestable brio presque deux siècles d'une histoire trop souvent négligée.

  • Les références morales et culturelles du Moyen Âge français, d'une étonnante modernité.0500L'écriture est toujours, consciemment ou non, donneuse de leçons, de règles de vie. La fin du Moyen Âge, les XIVeet XVesiècles, a été, en la matière, particulièrement originale. Fille d'une tradition remontant à l'Antiquité et d'une morale chrétienne omniprésente, elle s'en dégage pour offrir un visage infiniment plus contrasté. Aux proverbes et « sagesses » elle ajoute des sentences longues, qui épousent les contours de « mini-moralités ». Le style est volontiers plus vif, nourri de dérision et d'autodérision. Le regard sur soi et sur l'histoire, souvent peu indulgent, se fait leçon pour autrui. Et lorsque les guides ont nom François Villon, Christine de Pizan, Charles d'Orléans, Philippe de Commynes..., suivons-les en confiance : tristes ou joyeuses, graves ou moqueuses, leurs morales ont une saveur, une valeur universelles.Écoutons nos grands anciens, ils nous parlent des temps présents.Amis lecteurs, au pire et à défaut de sagesse, vous y prendrez du plaisir.  0300« La chose qui plus fait errer un homme en son jugement est pensée courte et parole précipitée. » Guillaume de Tignonville L'écriture est toujours, consciemment ou non, donneuse de leçons, de règles de vie. La fin du Moyen Âge, les XIVeet XVesiècles, a été, en la matière, particulièrement originale. Fille d'une tradition remontant à l'Antiquité et d'une morale chrétienne omniprésente, elle s'en dégage pour offrir un visage infiniment plus contrasté. Aux proverbes et « sagesses » elle ajoute des sentences longues, qui épousent les contours de « mini-moralités ». Le style est volontiers plus vif, nourri de dérision et d'auto-dérision. Le regard sur soi et sur l'histoire, souvent peu indulgent, se fait leçon pour autrui. Et lorsque les guides ont nom François Villon, Christine de Pizan, Charles d'Orléans, Philippe de Commynes..., suivons-les en confiance : tristes ou joyeuses, graves ou moqueuses, leurs morales ont une saveur, une valeur universelles. Amis lecteurs, au pire et à défaut de sagesse, vous y prendrez du plaisir.

  • Louis XI

    Joël Blanchard

    Le portrait renouvelé d'un roi majeur de la France médiévale, par son plus fin historien.Louis XI est le roi de France, et plus largement le souverain d'Europe, qui a le plus fortement marqué le Moyen Âge tardif. Au point que les travaux qui lui sont consacrés sont nombreux, mais tous, ou quasiment, se concentrent sur la manière dont il a été dépeint, loué ou condamné au fil des siècles plutôt que sur le contenu de son règne, de 1461 à 1483, et sa gouvernance.
    Le portrait brossé ici laisse de côté les stéréotypes usés, notamment l'image un peu simple et sinistre de l'" universelle araignée ", et tente de mettre en pleine lumière des pans essentiels du caractère du souverain et de sa politique : justice, religion, armée... Se découvre alors un roi omniprésent, à la fois ondoyant et intransigeant sur sa fonction, maître d'un pragmatisme érigé en doctrine, qu'il s'agisse de régler le conflit avec Charles le Téméraire ou d'apaiser ses grands vassaux et de courir après la " finance ". S'il est coutumier de souligner la modernité de ceux dont nous écrivons l'histoire, rarement l'emploi de ce mot a été aussi justifié que dans le cas de Louis XI, parfois englué dans son temps, mais aussi visionnaire en perpétuel mouvement. C'est à un grand roi que ce présent volume a voulu revenir, et aux vérités de son action et de son règne.

  • Philippe de commynes

    Joël Blanchard

    • Fayard
    • 22 Mars 2006

    Trop longtemps, Philippe de Commynes (1445-1511) a t cantonn dans une image
    rductrice : tratre Charles le Tmraire, il avait rejoint Louis XI, dont il
    tait devenu un ministre minent, sans cesser pour autant de porter en son
    coeur le poids de ce " pch originel ". la lumire de documents nouveaux
    apparaissent des pans entiers d'un personnage infiniment plus complexe, aux
    champs d'activit bien plus vastes.

    Ancr dans le Moyen ge par son attachement ses terres et ses droits
    fodaux, Commynes est plus encore tourn vers un monde nouveau o il tisse ses
    rseaux, de sa Flandre natale jusqu'au coeur de l'Italie en passant par les
    Balkans... Rseaux politiques, car Commynes est bien le matre diplomate de
    Louis XI, mais financiers aussi, grce auxquels l'conomie devient un visage du
    politique. ct de l'homme d'tat, c'est encore l'homme priv aux ambitions
    jamais dmenties qui apparat en pleine lumire, prt aux rbellions fodales,
    procdurier inlassable, dfenseur hargneux de ses intrts personnels...

    Le tout est transcend par l'criture de ses Mmoires, un monument littraire
    par la force et l'acuit du regard, la libert du jugement, le poids de
    l'exprience. Crateur, sous l'autorit de Louis XI, d'une nouvelle approche
    diplomatique et politique et de sa thorisation, Commynes est sans matre cette
    fois, crateur d'une nouvelle criture de la mmoire et de l'histoire.


  • Voici le quatrième volume des procès politiques de Louis XI, élargi au règne de son père Charles VII, car les deux procès de Jean, duc d'Alençon, se sont succédés sous ces deux règnes. Ce sont assurément les plus connus, les mieux documentés, car les traités des XVIe et XVIIe siècles y font souvent référence. Leur célébrité tient aussi à la personnalité d'un prince qui incarne les intérêts et les passions d'une haute aristocratie dont la liberté est bridée par un pouvoir royal centralisé et de plus en plus fort. Les dix-huit documents réunis ici, la plupart publiés pour la première fois, permettent de cerner les réseaux d'alliances locales ou nationales, dans une partie diplomatique serrée, mais surtout les croyances et les préjugés qui nourrissent les incriminations, les rumeurs, les attributions infondées, les pathologies suspectées, élargissant le champ judiciaire dans un jeu invisible et troublant du pouvoir.

  • Le manuscrit 2000 de la Bibliothèque Sainte-Geneviève (XVe siècle), consacré au procès de Jacques d'Armagnac (1477), constitue une source manuscrite médiévale inestimable sur la politique judiciaire de Louis XI. La structure inédite de ce texte révélé dans son éclat originel, la qualité de l'information, la vivacité de la narration, sa destination royale en font un joyau de l'histoire judiciaire. Ce témoignage exceptionnel permet d'éclairer les incriminations, les relations ambiguës du pouvoir et de la justice, la pénétration longue mais sûre des règles juridiques de la procédure extraordinaire dans la sphère civile et dans la langue vernaculaire.
    La première publication de ce document hors-norme intéresse d'abord les spécialistes de la procédure et du droit, mais elle aidera aussi à caractériser un règne qui mit en place, par nécessité, par opportunisme, par pragmatisme, des modes de fonctionnement nouveaux. À ce titre, elle devrait toucher un plus large lectorat.

  • Après l'édition des procès de Saint-Pol et de Nemours, la première édition de ceux de Jean V d'Armagnac, du Cadet d'Albret et de l'action entreprise post mortem contre le Téméraire, éclaire plus vivement le tableau judiciaire du règne. L'analyse du champ de la rébellion et des procédures permet non seulement d'évaluer les comportements, de sonder les coeurs, mais surtout de définir une méthode de travail, qui est celle de Louis XI, toute en nuance, en souplesse et soucieuse avant tout d'efficacité. Le roi ne s'affranchit pas des règles du droit mais joue avec elles, les modèle à son gré. L'édition de ces nouveaux procès illustre la « méthode » et les enjeux, et elle donnera certainement du grain à moudre aux littéraires, historiens, spécialistes du droit, soucieux de mieux saisir sur le vif l'éclosion des catégories juridiques mises à l'épreuve du réel. Ainsi la belle aventure commencée en 2008 se poursuit avec l'édition de ces textes qui n'avaient jamais encore été publiés.

  • Publier des dépêches inédites d'un ambassadeur vénitien en France est chose rare. C'est pourtant le cas du recueil de quatre-vingts lettres de Girolamo Zorzi de la British Library. Le recueil est une mine pour les historiens en quête d'indices sur la diplomatie de la fin du Moyen Âge. En charge de récupérer des galéasses piratées par des corsaires, Zorzi est le témoin involontaire d'une des dernières séditions princières, la Guerre Folle, qui ébranle le royaume. Entre négociations commerciales, imbroglio juridique, péripéties guerrières, l'ambassadeur offre un jugement insolite sur les gouvernants, les institutions d'un royaume qu'il saisit par le biais d'un regard étranger. On parle souvent de la diplomatie comme d'une « histoire totale » : au fil des lettres envoyées à la Seigneurie durant les trois années qu'il passe à la Cour de France, ce sont les multiples facettes d'une histoire économique, politique, diplomatique et culturelle de l'Europe tardo-médiévale que nous offre ce précieux document.

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