• Au coeur de l'enfance de l'auteure brille le sourire de Bongsun. Maltraitée et affamée, Bongsun s'est réfugiée chez eux il y a des années. Pour autant, elle n'occupe pas une place égale à celle des autres enfants de la famille, elle reste une subalterne, une petite bonne. Mais pour Jjang-a, c'est sa très chère grande soeur, qui dort dans sa chambre, la porte sur son dos partout où elle va. Surtout, elle est une porte ouverte sur un monde différent, comme si on franchissait une ligne interdite.
    Sincérité et émotion sont les deux forces traversant ce récit qui ne cache rien, n'enjolive rien. On est bien souvent bouleversé par la lucidité de ce regard d'enfant sur le monde des adultes et les injustices qui le déchirent. Et toujours rayonne la figure de Bongsun, généreuse et joyeuse, répondant aux malheurs par son fameux grand sourire.

  • Le roman de Gong Ji-young, c'est celui de sa douleur face à des faits qui se sont réellement déroulés en 2005 dans une institution pour enfants handicapés d'une petite ville de province coréenne.Un professeur nouvellement nommé dans l'école Ja-ae découvre rapidement les sévices et abus sexuels commis sur les enfants par des responsables, avec la complicité de membres de la police et des autorités locales. Ces enfants sont d'autant plus réduits au silence qu'ils sont atteints de surdité.Ce roman poignant a provoqué un séisme dans la société coréenne et un changement législatif : la loi Dogani, votée en octobre 2011, supprime le délai de prescription pour des agressions commis sur les enfants en dessous de treize ans et les femmes handicapées, et augmente les peines de prison.

    Née en 1963 à Séoul, Gong Ji-young est une romancière très populaire en Corée. Elle participe aux luttes étudiantes contre la dictature des années 80, pour défendre la démocratie et les droits des exclus de la société. Ecrivaine engagée, elle est appréciée pour ses oeuvres qui traitent de la condition des femmes et des travailleurs, des maltraitances dont sont victimes les handicapés, de la répression sexuelle...Du même auteur : Nos jours heureux, L'Echelle de Jacob, Ma très chère grande soeur

  • Alors que sa femme vient de mourir, le directeur commercial d'une société de cosmétiques doit gérer, depuis les salons funéraires, l'urgence de la campagne publicitaire d'été. Entre mascara et mascarade, un portrait au scalpel de la Corée d'aujourd'hui, et une écriture inflexible, d'une incroyable densité, au plus près des corps, de la mécanique du vivant et des enjeux sociaux, qui ne recule devant aucune horreur, qu'elle soit morale ou physique, mais avec une charge d'humour permanente.

empty