• Ils sont environ 1 500 000 : à côté d'un PC aux rangs de plus en plus clairsemés, le nombre des anciens communistes ne cesse, lui, de croître. Parmi eux, des journalistes influents, des universitaires renommés, des créateurs reconnus, mais aussi des hauts fonctionnaires, des chefs d'entreprise ou des députés et anciens ministres... socialistes. Pourquoi ont-ils adhéré au parti communiste ? Comment des responsables importants du Parti, des hommes de marbre, se sont-ils retrouvés en position de dissidents, bons pour l'exclusion ? Qui sont ces ex et que sont-ils devenus après leur rupture avec le PC ? Forment-ils un réseau d'influence ? Pour répondre à ces questions, Jean-Pierre Gaudard a reconstitué l'itinéraire personnel de dizaines d'anciens communistes et recherché les raisons qui les ont conduits à quitter le Parti. D'André Glucksmann à Emmanuel Le Roy Ladurie, de Gilbert Trigano à Bernard Kouchner, de Charles Tillon à Jean Elleinstein, ce Who's Who des Ex constitue une Nomenklatura qui réserve quelques surprises...

  • 1978 : le devis du futur musée d'Orsay est chiffré à 378 millions de francs. 1984 : les travaux s'élèvent actuellement à plus d'un milliard. Et le musée n'ouvrira... qu'en 1987. Deux cents kilomètres séparent Brest de Dinard. Cinq aérodromes, tous déficitaires, relient ces deux charmantes cités et « désenclavent » la région... 19 000 travailleurs ont été embauchés dans la sidérurgie, de 1981 à 1983. Aujourd'hui, on éteint les hauts fourneaux et on licencie. De tels exemples, Jean-Pierre Gaudard en propose des centaines : oui, les voilà, les danseuses de la République, petits rats ou danseuses étoiles, levant haut la jambe sur le devant de la scène politique. Hélas, ce French cancan n'a rien de très réjouissant. Ces initiatives inopportunes, ces projets avortés, ces décisions prises en dépit du bon sens, qui en est à l'origine ? Quel est le responsable des abattoirs de la Villette, de l'échec de Concorde et du Plan Calcul (l'informatique « française ») ? Qui, demain, endossera les couacs de l'opéra Bastille ou les échardes des « fibres optiques ». Le gouvernement ? quel gouvernement ? L'administration ? quelle administration ? Les fonctionnaires ? quels fonctionnaires ? Personne. Qui paiera ?... Vous.

  • Le passé national-socialiste pèse très lourdement sur les Allemands. En effet, c'est en leur nom, et avec la complicité plus ou moins active de beaucoup d'entre eux, que les crimes les plus abominables de l'histoire de l'humanité ont été commis. Et même si, aujourd'hui, 70 pour cent d'entre eux sont nés après 1945, la terrible interrogation subsiste : comment nous, Allemands, avons-nous pu faire ou laisser faire cela ? Tout un peuple est ainsi sommé, de l'extérieur et aussi en lui-même, de faire face à cette question. La douleur qu'elle provoque, depuis cinquante ans, engendre des effets dévastateurs. Cet héritage de culpabilité, qui empoisonne les rapports entre les générations allemandes, explique, pour une bonne part, le mouvement terroriste de la bande à Baader, ainsi que certaines manifestations d'antisionisme. Le travail de deuil collectif a aussi alimenté les mouvements féministe et écolo-pacifiste, si puissants outre-Rhin. La réunification n'a pas mis un terme à ce processus psychique, social et politique.

  • A côté des dispositifs institutionnels et légaux et des voies classiques de l'action et de l'engagement, le politique se donne et se dit dans des modes d'expression individuels et collectifs par lesquels il se constitue pour faire sens et faire tenir l'ensemble comme un corps unifié. Tel est le pari de cet ouvrage qui examine cette hypothèse : sous un angle culturel, sous l'angle du pouvoir, et enfin comme invention qui force à voir dans le politique une mystification volontaire et délibérément entretenue par les besoins en affects et passions que réclame le social.

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