• Arthur Rimbaud

    Jean-Luc Steinmetz

    Etoile filante de la littérature, enfant terrible des lettres, la légende de Rimbaud perdure. Le tempérament dont il fit preuve, la complexe et poignante relation qu'il entretint avec Verlaine et les scandales qu'il aima provoquer y sont pour quelque chose. Il reste pourtant à comprendre l'oeuvre par l'homme, bien que l'on puisse se demander s'il souhaita qu'elle nous parvînt. Le désintérêt que très vite il manifesta à l'égard de sa création, son obstination à traverser la vie avec une rapidité qui a tout d'une urgence, ont contribué à le constituer en « personnage » défiant la postérité. Ainsi, du Bateau ivre au voyage à Java, de la bohème parisienne à l'agonie marseillaise, la vie d'Arthur Rimbaud est une fresque d'aventures romanesques, un maelström de passions qui ne cesse de fasciner et d'étonner. Jean-Luc Steinmetz révèle les rares indices laissés par le poète et éclaire un parcours fait d'errance et d'abandon, de lutte et de déchirement, de grandeur et de génie.

  • Depuis plus d'un demi-siècle, aucun livre de langue française n'avait tenté de décrire la vie d'un poète qui compte parmi les plus célèbres, mais aussi les plus difficiles : Stéphane Mallarrné, dont la poésie parfaite et secrète, les réflexions esthétiques, le rêve du Livre et du Grand Oeuvre forment autant de motifs fascinateurs.
    L'auteur a pu bénéficier d'une nouvelle documentation considérable, ainsi que de la correspondance complète publiée de 1959 à 1985. Soucieux de précisions historiques, alliant le sens de l'interprétation et le souci de l'information vivante, il s'est employé à révéler au jour le jour une expérience créatrice et spéculative hors pair. A travers elle, par elle, nous sont aussi présentées cinquante années de vie artistique et littéraire au fil de rencontres et d'événements multiples. Tous ici se croisent, se parlent, rivalisent : Parnassiens, Wagnériens, Impressionnistes, Symbolistes, Décadents : Manet comme Whistler ou Gauguin, Debussy comme Rodin, la Loïe Fuller et les amis de La Revue Blanche, les anarchistes et les partisans ou les adversaires de Dreyfus. Un monde vit autour de la vie d'un homme qui lui-même déploie son propre monde intérieur, sans d'ailleurs jamais parvenir à le faire parfaitement aboutir - ce qui n'est pas le moindre des "suspens" ménagés par ces pages.
    On pensait Mallarmé l'exemple même de l'"hermétisme" ; il apparaît ici saisi dans sa vérité quotidienne. Le biographe, attaché à suivre un écrivain comme on suivrait un personnage, a donné comme le journal d'une pensée qui est aussi un authentique moment de l'Histoire des Idées et des Formes.

    Jean-Luc Steinmetz, poète, essayiste, est professeur à l'Université de Nantes. Auteur de recueils publiés aux éditions du Castor Astral, il est aussi connu pour ses essais publiés chez José Corti, sa biographie de Rimbaud couronnée par Académie française et ses éditions critiques de Lautréamont, Nerval, Nodier et Rimbaud.

  • Propose une lecture analytique suivie d'un récit de Breton, essai qui n'aurait pas été possible si Breton lui-même, à sa façon, ne l'avait encouragé par l'interprétation qu'il présente dans L'Amour fou d'un moment de sa vie.

  • Pétrus n'est plus qu'un nom dans la littérature romantique. Et pourtant Borel est exemplaire en cela qu'il a manqué ce que d'autres ont réussi. Son fourvoiement manifeste la pente intime qui parfois incline l'oeuvre vers sa négation. Borel manifeste un destin, une destination « différée » que ses livres pourtant visent avec une ironique ferveur. « Auteur provisoire », il vaut par les signes de démesure, de gaucherie, d'apparat qu'il laisse, comme le rêve de ce qu'il aurait pu écrire (ou vivre). Au geste du Créateur transmettant d'un doigt la vie, il impose un retournement, pour se désigner lui-même, dans une sévère auto-accusation, lieu du procès et de l'excès. OEuvré par son désir inabouti, il révèle ainsi comme malgré lui l'arrière-fond inquiet dont l'art souvent résulte. Les bizarreries de son tempérament d'écrivain témoignent alors d'un insupportable pressentiment : et si la littérature était perdue - à moins qu'elle ne soit là pour dire, en créant, la perte même !

  • Présentation, par François Rannou Aujourd´hui de nouveau est de ces livres, rares, qui s´imposent comme l´aboutissement du « poème » parvenu à son point d´équilibre parfait. Après Ni même (préfacé par Jean Tortel), paru chez Ubacs (l´éditeur Yves Landrein a mené à bien une belle aventure !) et D´hier (premier livre de la Rivière échappée), il permet à Steinmetz de retrouver la pleine vigueur de sa voix. La présente édition reprend celle de l´automne 1990, avec en couverture le Paradigme bleu, jaune, rouge, d´Albert Ayme.
    Le texte de Steinmetz possède la courbure des grandes antennes dirigées vers l´antépénultième lumière de l´univers vaste « champ d´écoute » concentration telle que la syntaxe la plus juste et resserrée qui soit semble aussi la plus déliée _ toile tendue pour que vienne s´y prendre « le sigle antérieur au langage » cela implique que l´homme comprenne le pli profond du temps qu´il l´éprouve au lieu où s´écrivent ses initiales - « galet nu qui (...) échappe / - entier dans sa simplicité » qu´il reconnaisse que le langage l´engendre selon d´autres lois « De quel moment je suis ?

    En arrière ma naissance Touche aux âges mythologiques.

    Et que vaut à présent « l´heure de ma mort » ? » une sortie du temps s´opère un « accroc d´éternité » qui place le présent sous le signe d´un autre visage de lui-même le poème aurait pour tâche d´en reconnaître les traits (in l´inadvertance ) Je donne ici une bibliographie, ainsi qu´une liste de liens qui se rapportent à ce travail dont l´importance est à considérer à sa juste mesure. Enfin, on pourra entendre la voix du poète lisant quelques poèmes d´Aujourd´hui de nouveau.

    François rannou

  • L'automne 2004 marque le centième anniversaire de naissance du poète français Jean Tortel. Auteur d'une oeuvre poétique et critique trop peu connue, Tortel est encore considéré aujourd'hui comme un poète marginal en comparaison, par exemple, des Ponge et Guillevic, avec lesquels il a entretenu des relations d'amitié et des échanges littéraires. Son oeuvre se compose d'une trentaine de recueils de poésie, de deux romans, de quelques ouvrages de prose sur le langage et l'écriture, ainsi que de plusieurs études sur des poètes (modernes et contemporains) et sur la littérature des xvie et xviie siècles. Membre actif de la revue Cahiers du Sud, Tortel a contribué à diffuser la création de jeunes poètes et à commenter l'actualité éditoriale. Ses intérêts diversifiés manifestent un désir constant d'approfondir la question du langage poétique dans ses multiples facettes historiques, critiques et formelles.

  • Un livre d'apparition, peut-être. Mais la nouveauté de l'aujourd'hui entend toujours une très ancienne mémoire. Voyages, légendes du site, êtres familiers ou célèbres, suite des heures, les versants et versions du temps coïncident, tandis que brille le présent sans prix. Chaque fois le poème apporte un flot qui se retire. J.-L.S.

  • Spécialiste de Pétrus Borel et de Charles Nodier, l'auteur a aussi publié plusieurs recueils de poésies. Le texte de J.-L. Steinmetz, nous dit J. Tortel, apparaît comme un de ceux qui conduisent nécessairement le lecteur à s'interroger sur la nature de l'acte poétique.

  • Auteur : Jean-Luc Steinmetz, poète, essayiste, est professeur à l'Université de Nantes. Auteur de recueils publiés aux éditions du Castor Astral, il est aussi connu pour ses essais publiés chez José Corti, sa biographie de Rimbaud couronnée par l'Académie française, ses éditions critiques de Lautréamont, Nerval, Nodier et Rimbaud. Sa biographie de Mallarmé, publiée chez Fayard en 1998, (Prix Castex de l'Institut de France ; Prix H. Mondor de l'Académie française) a été réimprimée. Livre : Jean-Luc Steinmetz nous fait découvrir Pétrus Borel, dit le Lycanthrope, qui fit partie du Petit Cénacle et de la camaraderie du Bousingo (des émeutiers républicains romantiques) aux côtés de Th. Gautier, Nerval, O'Neddy et beaucoup d'autres. L'auteur notamment de Madame Putiphar et de Champavert. Contes immoraux se lia à tous les grands romantiques, avant de se retirer en Algérie et de mourir dans l'oubli. Cette « étoile filante littéraire » a su retenir l'attention des plus grands : Baudelaire, Flaubert, Tzara, Breton, Eluard et Aragon.

  • Depuis Verlaine, quelques poètes ont eu le redoutable privilège d´être appelés "maudits". Mallarmé, Rimbaud, Corbière se sont vus décerner un pareil titre. Les deux premiers ont hardiment franchi la barre de cette malédiction imposée. Tristan Corbière, quant à lui, n´a pas eu la même chance. Laissé pour compte malgré son unique et admirable recueil des Amours Jaunes, qu´il appelait son "monstre de livre", il attend encore pour sortir de l´ombre, malgré la renommée de son oeuvre dans les pays de langue anglaise et italienne. Une seule biographie le concernant, celle de René Martineau, publiée en 1905 et rééditée augmentée en 1925, a tenté de recomposer les phases mal connues de son existence. Nul, depuis, n´a tenté de lui donner plus de réalité. Et, de fait, que dire d´un homme, né en 1845, dont ne restent que quatre lettres pour connaître un peu les douze dernières années de sa vie? C´ est pourtant ce qui fut tenté avec ce Tristan Corbière du XXIème siècle qui, combinant documents, manuscrits, peintures et photographies, affiliant les intuitions, poursuivant des voies inusitées ou méconnues, tirant le fil des poèmes et recréant les voyages, en est venu à prendre l´importance que l´on voit, tout en décrivant la plus surprenante découverte: trente pages inédites, dessins, gouaches, vers et proses de l´album Louis Noir. Voici donc un Corbière autant parisien que breton, autant fils à papa que bohème de chic, autant peintre que poète, un autre décidément, pourvu de cette vie à peu-près dont il n´a jamais caché qu´il la voulait ainsi, style plus que contenu, cabotage, cabotinage et grand large. "Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre"

empty