• Après La Relique et L'os de frère Jean, cette troisième et dernière époque de ce qu'il faut bien appeler une trilogie nous lance, en compagnie des frères Abdon, Jérôme et Bernard, sur de fort hypothétiques chemins de Compostelle. Expédiés par leur abbé, et pour de toujours aussi mauvaises raisons, à la poursuite d'un supposé miracle, les trois voyageurs malgré eux sont cette fois affublés d'un quatrième compagnon : l'âne Morel, têtu, ombrageux, maître ès ruades, refusant tout ce qui pourrait s'apparenter à un travail, mais ô combien attachant, au point de transformer le trio "historique" en un inséparable quatuor.
    Toujours avec humour, avec la même proximité humaine pour ses personnages et le même souci de l'exactitude historique, l'auteur nous conduit de situations inattendues en rencontres savoureuses, de dialogues absurdes en gags visuels, et exprime à chaque page sa foi en ce que l'humanité peut posséder de meilleur : il prouve ainsi qu'à force de courir derrière l'improbable, il arrive parfois, tout simplement, que l'on découvre l'indispensable...

  • Année 1275. Quelque part en Languedoc, par un soir d'orage, un cavalier solitaire demande l'hospitalité aux habitants d'un petit château isolé. Très vite, ces derniers soupçonnent que l'inconnu n'est pas venu là par hasard. Mais il leur faudra toute une nuit pour approcher la vérité, vérité qui les renverra à leur passé et révèlera leurs âmes."(...) les rideaux de pluie se refermèrent, et Jordane, qui s'était dressée, ne vit plus rien. Elle avait rêvé. Elle attendait depuis si longtemps que quelque chose se produisît, qu'un homme vînt, un homme, ou n'importe qui, ou n'importe quoi, pourvu qu'elle pût s'échapper de ce tombeau ! Elle eut une grimace douloureuse. Elle prenait ses désirs pour des réalités. Elle regarda de nouveau, par acquit de conscience : la nuit, la pluie, le vent et les éclairs... Il n'y avait point de beau seigneur à venir vers elle. Elle sentit les larmes monter. Il n'y aurait jamais de beau seigneur, ni laid, du reste, même s'il aurait fait tout aussi bien l'affaire."

  • À l'aube du XIIe siècle, trois moines sont envoyés à la recherche d'une relique qui pourrait épargner la ruine à leur abbaye. Et si le but de leur voyage est fort loin, les ennuis, eux, vont commencer très vite. Un prieur inflexible et caractériel, une nuit de beuverie épique, un herboriste furieux et maître ès hypocrisie, des ossements baladeurs et capricieux, des soudards impossibles, des bandits pitoyables, un chien de garde à l'humeur dévoreuse, une beauté tentatrice et, quelques états d'âmes plus loin, les trois moines auront vécu une folle et redoutable pérégrination, poursuivis par les mystères de la foi. Nécessité faisant loi, les hommes d'Église ne renoncent donc à rien (pas même à Dieu) pour bénéficier des bienfaits de saints au comportement et au caractère souvent imprévisibles...
    Dans la veine des meilleurs romans picaresques, parcourue d'un vent de folie légère, sous-tendue par un discours profondément humaniste, cette histoire est une déambulation initiatique et cocasse dans l'imaginaire du Moyen Âge. Il y a, au fil de ces pages, une vraie jubilation à suivre la route cahotante de personnages attachants... et tellement humains !

  • Venus se réfugier en un lieu perdu, quatre jeunes gens entrent bien malgré eux dans le plus pervers, dans le plus diabolique et dangereux des jeux...
    Alors commence un huis-clos terrifiant, durant lequel chaque personnage, tour à tour, va connaître l'impatience, le désir, la terreur, la violence, la haine et l'amour.
    Mais est-ce vraiment le hasard qui les a guidés jusque-là ? Et si tout cela, au contraire, avait un but ?
    Jean-Louis Marteil nous offre ici un conte très noir, à la fois fantastique, historique et philosophique.

  • Après dix années de - très relative - tranquillité, durant lesquelles l'abbaye s'est dûment enrichie, la Relique semble bel et bien saisie d'une nouvelle et irrépressible envie de "voir du pays" : l'os baladeur va donc trouver, en la personne d'un moine déterminé et intelligent, le moyen de semer dans une abbaye enfin à peu près paisible une remarquable pagaille. Puis, selon le principe bien établi que rien ne contrarie plus un voleur que d'être à son tour volé, les moines Abdon, Jérôme et Bernard, aventuriers malgré eux, vont être précipités une fois encore sur les chemins. D'incompréhensions certaines en dérapages variés, de pieux mensonges en énormités diverses, les trois moines vont pourtant faire la surprenante découverte d'un pays merveilleux et légendaire, plus réel toutefois qu'il y paraît au premier abord. L'os de frère Jean nous replonge avec plaisir dans l'univers tendre, drôle et farfelu de Jean-Louis Marteil. Il nous conte un Moyen Âge qui n'est pas fait uniquement de sang et de flammes, où l'humanisme et l'humour font bon ménage.

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