Religion & Esotérisme

  • Peut-on vivre une expérience fulgurante de l'absolu sans l'associer nécessairement au vocabulaire et à l'imaginaire religieux ? Pour avoir vécu un tel événement, Jean Claude Bologne, poète, romancier et essayiste, ose répondre par l'affirmative à cette question a priori incongrue : « Le mot Dieu ne m'a jamais traversé, écrit-il. Parlons de joie. »Depuis une quarantaine d'années, intrigué par cette étrange possibilité d'une illumination qui ne soit pas « divine », il n'a eu de cesse d'explorer dans l'histoire et la littérature les signes d'expériences semblables. Et contrairement à l'idée convenue d'un lien consubstantiel entre mysticisme et religion, il s'est découvert partie prenante d'une vaste famille d'athées, d'agnostiques et même de croyants ayant connu de tels épisodes sans pour autant leur accoler le nom de Dieu : Apollinaire, Bataille, Borges, Ionesco et Nietzsche côtoient ici Mallarmé, Proust et tant d'autres, dans une fresque brillante qui donne à penser à tous - croyants ou incroyants. Il nous fait ainsi partager une tout autre vision de la mystique, ouverte et adogmatique.

  • On connaît la passion de nos contemporains pour les horoscopes, les voyantes et autres guérisseurs. Elle n'est rien, pourtant, à côté de l'engouement qui, pendant dix siècles, saisit les hommes et les femmes du Moyen Âge. Successivement, naissent les figures symboliques de la magie, noire ou blanche : la sorcière jeteuse de sorts, l'alchimiste qui connaît les secrets éternels, le mage et ses calculs divinatoires. Jusqu'au diable, le seigneur des ténèbres, qui obsède l'esprit des gens du XVe siècle. Sans oublier les tentatives faites pour structurer ce bouillonnement anarchique, en une réflexion rationnelle sur les croyances ancestrales. À la manière, si particulière, qui a fait le succès de l'Histoire de la pudeur, Jean Claude Bologne décrit ce foisonnement intellectuel et spirituel, en mêlant les anecdotes savoureuses avec les textes des grimoires. Mieux, en nous faisant partager le regard des hommes du Moyen Âge, il nous montre que leur goût des sortilèges et des superstitions cache une quête permanente de la connaissance des hommes et du monde.

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