Sciences politiques & Politique

  • État-Providence auquel tout le monde a recours en dernière instance, ou État-Moloch cherchant qui dévorer : la discussion, de nos jours, ne cesse de rebondir. D'élections en débats politiques, de sciences po en futurologies, d'idéologies en contestations, l'État se trouve toujours au centre de l'actualité. Comment en est-on arrivé à cet État infiniment plus puissant que les rois les plus absolus et pourtant, en même temps, si fragile, si contesté ? Nos États sont nés des guerres, de leurs contraintes collectives, humaines et financières. De la guerre de Trente Ans au conflit du Viêt Nam, notre humanité n'a connu qu'une seule longue oasis de paix, de 1815 à 1914. Nos États se sont, durant ce laps de temps, profondément transformés. La Russie d'Anne ou d'Élisabeth consacrait la moitié de ses ressources d'État à la Cour, alors que la France de Colbert la destinait à la guerre. La Prusse du Roi-Sergent dépensait les trois quarts de ses tributs pour ses régiments. Plus de la moitié de nos dépenses vont à l'économique et plus encore au social. Dans la crise de mutation fondamentale à laquelle nous nous trouvons confrontés et où il faudra, pour survivre, augmenter nos investissements et rééquilibrer le reste, il n'est pas inutile de voir comment s'est, dans le passé, opérée une autre adaptation, dont nous sommes issus.

  • La démocratie sert-elle les pauvres ou se sert-elle d'eux ? En sanskrit classique, niti désigne l'adéquation des institutions et nyaya évoque la justice réalisée. Comment passer de la niti électorale à la nyaya démocratique ? Ces questions d'Alexis de Tocqueville et d'Amartya Sen sont au coeur de ce livre. L'analyse de l'histoire démocratique péruvienne contemporaine au regard de la pauvreté andine, amazonienne ou citadine, ancre ces interrogations dans le terrain d'une démocratie qui s'invente dans un contexte de pauvreté.

  • Les effets de la crise accélèrent le déplacement du centre de l'économie mondiale vers l'Asie, qui, en 2030, comptera trois des quatre premières puissances au monde : Chine, Japon et Inde.
    Pékin et Tokyo s'y disputent le leadership dans une compétition apparemment inégale. Irrésistible ascension d'une Chine dynamique et conquérante, déclin inéluctable d'un Japon anémié et vieillissant ?

    Face à cette vision d'un avenir tout tracé, l'auteur analyse avec précision leur légitimité respective à revendiquer la suprématie économique et stratégique dans une Asie en voie d'intégration, puis esquisse pour les vingt prochaines années le scénario qui lui paraît le plus probable.

    Un essai rigoureux et stimulant pour un débat qui ne devrait pas laisser les Européens indifférents. Le destin de l'Europe, de ses industries et de ses universités se joue aussi à Pékin et à Tokyo, où s'ébauchent les contours d'une future Communauté asiatique.

    Claude Meyer enseigne l'économie internationale à Sciences Po et à l'étranger. Chercheur au GEM-Sciences Po et ancien directeur général adjoint d'une banque japonaise, il est docteur en économie, diplômé en philosophie, en sociologie et en japonais.

    ERRATUM / Les accords du Plaza, cités page 47 et page 81 (note 29) datent, non pas de 2005, mais de septembre 1985 .

  • En étudiant l'impact des élus républicains sur la politique budgétaire et les réformes, adoptées ou avortées, de l'état-Providence américain, on observe un écart spectaculaire entre les paroles et les actes. Comment expliquer cet échec relatif de la révolution conservatrice ? Quels obstacles électoraux et institutionnels se sont dressés sur la route des conservateurs américains pour les empêcher de mettre en mouvement leurs ambitions de transformation radicale ?

  • Charlie Chaplin a cinquante-quatre ans lorsqu'il épouse, le 16 juin 1943, Oona O'Neill, âgée d'à peine dix-huit ans, fille du dramaturge et prix Nobel Eugene O'Neill qui la déshérite tandis que la presse traite Charlot de Barbe-Bleue.
    Or, après trois mariages malheureux, celui-ci a enfin trouvé la femme-enfant qu'il avait toujours recherchée et le bonheur vainement poursuivi. Sacrifiant sa carrière prometteuse de comédienne, Oona se consacre exclusivement au bien-être de son époux, lui apportant paix et stabilité. Ils ont huit enfants et connaissent trente-quatre ans d'harmonie malgré l'exil en Suisse, les déceptions professionnelles et les épreuves.
    Qui était donc celle qui vécut dans l'ombre de Chaplin alors que ses photos emplissaient les magazines people de l'époque ? Quelles relations entretint-elle avec ses enfants ? Quelles furent ses passions secrètes et ses vrais amis ? Quelle place garda dans son coeur J. D. Salinger, son premier boy-friend ? Quel fut le jeu d'Orson Welles, son cicerone à Hollywood ? Quels rôles eurent vraiment Ryan O'Neal et David Bowie dans ses années de veuvage ? Et quelle sorte de lien l'unit pendant une grande partie de sa vie à Truman Capote ? Grâce aux témoignages inédits de plusieurs de ses enfants, Bertrand Meyer-Stabley répond à ces questions et nous restitue le parcours étonnant d'une muse, fille et épouse de génies. Mais son livre est aussi le portrait d'un clan, des destinées éparpillées des huit enfants Chaplin, le singulier tableau d'une étonnante fratrie.


  • Où l'esprit de sérieux le dispute à une verve effrontée

    Onze portraits percutants qui aident à décrypter le paysage. Arnaud Montebourg, François Hollande, Marine Le Pen, Martine Aubry, Dominique Strauss Kahn, Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Dominique de Villepin, François Fillon, l'auteur scrute chacun d'entre eux. Une grande acuité psychologique, un peu d'humour, un zeste de moralisme, les voilà dépouillés de leurs oripeaux médiatiques. Ils apparaissent tels qu'en eux-mêmes la rude politique les a façonnés. Hors écrans, hors micros, plus vrais que sur leurs photos retouchées, ils revivent sous la plume acérée d'un de nos plus brillants pamphlétaires. Pertinence de l'analyse, ironie du chroniqueur, efficacité du style, un grand Philippe Meyer.

  • Après 60 ans, la légitimité de la Déclaration universelle des droits de l'homme est loin d'avoir déployé tous ses effets. Seule l'universalité de tous les droits humains - civils, culturels, économiques, politiques et sociaux - permet d'assurer à la fois la légitimité des relations entre les nations et le respect de la diversité. Cette universalité doit pénétrer et légitimer l'ordre politique international aussi bien que national, en définissant de façon plus exigeante les responsabilités de tous les acteurs - étatiques ou non. La souveraineté démocratique ne peut être cloisonnée, elle se partage.

  • Tout le monde croit connaître Bernadette Chirac depuis qu'elle est première dame de France. Impression trompeuse, car celle-ci se plaît à brouiller les pistes, et à demeurer dans le statut d'« inconnue célèbre ». Un auteur aussi averti que Bertrand Meyer-Stabley, a dû enquêter deux ans pour écrire la biographie de Bernadette Chirac. Une vie placée sous le signe de l'amour, des épreuves et de la constance : épreuve de la guerre avec une famille éparpillée, et un oncle héroïque qui inspire une forme de règle morale ; coup de foudre pour un jeune étudiant nommé Jacques Chirac ; victoires durables ou éphémères de la vie politique, vécue en communion avec son mari, échecs, abandons et soirs de triomphe ; drames familiaux, auxquels il faut faire front sans jamais prendre le temps de se plaindre... Ni hagiographique ni médisant, ce portrait sérieux et documenté évoque le rôle clef et campe la personnalité d'une femme qui a plongé trente ans, par amour, dans le bain de la politique. Il apprendra, à ceux qui veulent l'ignorer, la part que Jacques Chirac doit à son épouse dans ses succès. Il rappellera que c'est aussi avec Bernadette Chirac que s'écrira l'histoire politique des prochaines années.

  • Bernadette et Jacques Chirac, un couple de Français comme les autres ? Si Bernadette aime la lecture, les concerts, les antiquités, s'avoue volontiers timide, Jacques préfère les week-ends laborieux, déteste les flâneries, les vagabondages, les distractions. Chez les Chirac, on n'étale pas ses sentiments, on agit. Et cela quels que soient les drames qui ponctuent l'existence (ils ne manquent pas dans la chronique familiale). Et de père en fille. Car Claude, qui a pris en charge la communication de l'Élysée, semble attirée par la politique. Ce livre donne à voir aussi bien l'enfance, la jeunesse, l'itinéraire politique du chef de l'État, les grandes rencontres qui ont marqué sa vie, et la conduite de la politique extérieure, que la vie quotidienne à l'Élysée et la vie familiale.

  • La famille, telle que nous la connaissons aujourd'hui, est le résultat, sans doute provisoire, de trois siècles de mise au pas de la société par l'État. L'action des pouvoirs publics se traduit dès le dix-septième siècle par l'élimination de toutes les formes de vie qui ne s'organisent pas autour du modèle familial. En utilisant les enfants, tantôt comme prétextes, tantôt comme otages, les oeuvres philanthropiques, puis les services sociaux mènent une guerre ininterrompue aux familles irrégulières. Mais le modèle familial, si pauvre qu'il soit, ne constitue-t-il pas désormais un obstacle à la gestion directe de la société par l'État ? Comme tel, n'est-il pas voué à son tour à l'extermination ?

  • Les axes historiques de la diplomatie commerciale brésilienne sont pour l'auteur l'occasion de souligner le bilan extérieur de la décennie du Président Fernando Henrique Cardoso puis surtout de saisir avec acuité l'action innovante développée depuis 2003 par le Président syndicaliste Luis Inacio Lula da Silva, dit Lula. Ce travail se classe parmi les travaux de référence pour qui veut comprendre les enjeux du Brésil de 2006 et la nouvelle géographie du commerce international qui se recompose sous nos yeux.

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