Seuil (réédition numérique FeniXX)

  • Il n'est guère d'institution plus familière aux Français, ni plus populaire que la gendarmerie. Pandore est un élément quasi naturel de nos campagnes ; la sagesse, on le sait, commence avec la crainte qu'il inspire et son image renvoie autant à saint Louis qu'à Saint-Tropez. Tour à tour détective, administrateur, secouriste, juge de paix, agent de renseignement, prévôt, agent de la circulation, il a sous son képi d'innombrables casquettes. Il est la loi, l'oeil et le bras du gouvernement partout dans le pays, grâce à une unité territoriale très décentralisée : la brigade. Depuis 1968, l'esprit de la gendarmerie est en train de changer. Aux paisibles et rassurantes tournées de surveillance ont succédé l'esprit shérif, les opérations coup de poing et autres actions psychologiques, menées par des pelotons d'intervention coupés de la population. Du coup, fleurissent milices d'autodéfense et polices privées. L'industrie de la peur prospère. Est-ce la fin des gendarmes ?

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