• « Pour commencer, le sport cycliste est incompréhensible à qui ne tient pas compte dun phénomène dorigine divine : la circulation des vents et lépaisseur de lair. Nimporte qui a fait un peu de vélo en aura mesuré limportance : la pénétration dans lair prend de lénergie, les vents contraires sopposent à leffort du cycliste. Cyrille Guimard, initiateur des essais en soufflerie de Bernard Hinault, résume les données du problème : Le cyclisme, cest de la voile. »Jean Cléder a grandi sur un vélo et avec le cyclisme sa vérité, ses légendes et ses fictions. Il lui doit la construction dun imaginaire et dune mémoire, un certain rapport au corps et au langage. Cest cette haute culture populaire et tout ce quelle nous inspire quil entend ici analyser. À travers notamment des portraits des plus grands coureurs Eddy Merckx, Luis Ocaña, Bernard Hinault , lévocation des courses les plus grandioses, cest toute la complexité de ce sport qui est rendue sensible aux lecteurs, et sa philosophie profonde et malicieuse.

    Jean Cléder, maître de conférences en littérature générale et comparée à lUniversité Rennes 2, travaille principalement sur les liens entre littérature et cinéma. Il sintéresse aux représentations du sport, et a publié un ouvrage dentretiens avec Bernard Hinault (Bernard Hinault. Analyse dune légende, Mareuil, 2016). Il prépare avec Gaëlle Debeaux un volume collectif et illustré, Mots et images du sport?: le corps en représentation, à paraître chez François Bourin en octobre prochain.

  • Entre littérature et cinéma, les relations ont souvent été envisagées à travers le prisme de l'adaptation des textes littéraires, dont la pratique a alimenté des débats - parfois très vifs. Mais les rapports entre les deux arts ne se limitent pas à cette problématique, dont on peut penser au contraire qu'elle a longtemps fait écran à d'autres échanges. 
    Sans négliger cette question, on essaiera donc ici de déséquilibrer les confrontations bipolaires traditionnelles afin d'examiner comment, dans l'intervalle entre littérature et cinéma, des transactions se négocient, et dans les deux sens, pour des enjeux qui n'appartiennent proprement ni au cinéma ni à la littérature. 
    C'est dans cette interaction que se reformulent aujourd'hui les enjeux de la représentation cinématographique et littéraire. 
    En effet, sur le plan des langages comme du récit, de l'image ou de l'Histoire, des affinités électives déterminent un régime de déstabilisation réciproque extrêmement fécond pour chacun des deux arts. 
    Jean Cléder est maître de conférences en littérature comparée (Université Rennes 2). Il a publié de nombreux articles sur les relations entre littérature et cinéma, et des ouvrages collectifs consacrés à Marcel Proust, Marguerite Duras, Éric Rohmer, Patrice Chéreau, Benoit Jacquot.

  • Que se passe-t-il lorsqu'une oeuvre littéraire est adaptée au cinéma ? Pour analyser le passage du texte à l'image, comment aller au-delà d'une simple énumération des changements ? Une adaptation cinématographique est-elle une interprétation d'un texte ou un objet autonome ?
    De La Princesse de Clèves à Shining, de Tamara Drewe à Madame Bovary, Jean Cléder et Laurent Jullier examinent les notions de personnage, de narration ou de fidélité, pour présenter des clefs de réflexion dans cette perspective : mieux comprendre ce qui se joue lorsqu'un livre devient film (et inversement).
    Analyser une adaptation nous invite à identifier les spécificités de chaque genre et les passerelles qui les relient, en abandonnant la séparation entre les arts qui limite la compréhension de la littérature comme du cinéma, pour les faire véritablement dialoguer.

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