• Fou de musique, Murdo, seize ans, quitte l'Écosse avec son père pour rendre visite à sa famille dans le sud des États-Unis, une façon de surmonter le deuil de sa mère et de sa soeur, emportées par un cancer à quelques années d'intervalle.
    Entre deux bus longue distance, il s'égare et tombe sur une répétition improvisée dans un jardin avec des musiciens de zydeco qui l'invitent à jouer avec eux en Louisiane.
    En attendant, Murdo se réfugie dans sa chambre au sous-sol, échafaude des plans sur des atlas remplis de noms nouveaux et cherche un moyen de rejoindre le grand festival.
    Avec son père, les relations sont difficiles, marquées par l'incompréhension et la maladresse, malgré tous leurs efforts et l'amour qu'ils se portent.
    Spécialiste des âmes d'écorchés, Kelman nous embarque ici dans la tête d'un adolescent banal et génial, anxieux et naïf, avec la juste distance et une incroyable tendresse.
    Un immense roman sur le deuil impossible et la musique qui sauve, et fait entrer la lumière.

  • Helen travaille de nuit dans un casino comme croupière, et vit dans un minuscule appartement de la banlieue londonienne, avec sa petite fille de six ans et son compagnon, Mo, anglo-pakistanais, qui trouve qu'elle est tordue. Plus que tordue, dit-elle.
    Les pensées filent en roue libre - racisme ordinaire, sexisme à la petite semaine, résistance au quotidien -, Helen somnole, se souvient, rêve et s'obsède, comme une Molly Bloom de banlieue, en moins frivole.
    Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme, entre la bouilloire qui fuit et le sommeil qui ne vient pas, l'avalanche des problèmes matériels et une vie exiguë qui paraît sans issue.

    Le monologue intérieur d'un personnage à la Ken Loach, dans la langue bouillonnante de James Kelman, toujours au plus près de ce qu'on n'appelle plus la classe ouvrière.


  • Un dimanche matin à Glasgow, Sammy, un ancien détenu pour vol à l'étalage, se réveille dans une ruelle, chaussé de souliers qui ne lui appartiennent pas, et tente de se rappeler ses deux dernières journées de beuverie.

    Sauvagement battu par la police, il se retrouve à nouveau en prison et, petit à petit, se découvre complètement aveugle.
    Les choses empirent encore : sa petite amie disparaît, la police l'interroge pour un crime mystérieux, il erre dans les rues pluvieuses de Glasgow, en tentant vainement de donner un sens au cauchemar qu'est devenue sa vie.
    Le médecin qu'il finit par consulter refuse d'admettre qu'il est aveugle et sa tentative d'obtenir des indemnités d'invalidité l'amène à se confronter à la bureaucratie kafkaïenne de l'État providence.
    Le livre est un long flux de conscience où Sammy essaye d'accepter sa cécité, de trouver un secours médical, de comprendre où a disparu sa petite amie et d'échapper à la police qui le croit lié à un type qu'ils soupçonnent de terrorisme politique.
    Le protagoniste navigue avec un curieux détachement entre ingénuité et acceptation, avec une combinaison de courage et de méfiance qui sonne vrai, de même que certains dialogues entre mettant en scène les diverses autorités, les flics et plus tard son fils adolescent, modèles de rudesse, de tension et d'humour.

    Ce récit fait d'une prose torrentielle qui ne faiblit jamais, dans le langage non censuré du prolétariat écossais, est une parabole politique subtile et noire sur la lutte et la survie, riche d'ironie et d'humour noir.

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