FeniXX réédition numérique (Fleuve Éditions)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Trois inconnus, naufragés dans l'Ailleurs, reprennent conscience dans un univers sphérique et vide. Ici, rien n'existe qu'eux-mêmes. Et leurs souvenirs : - En 2.112, croisant au large de Proxima, Feylen a basculé avec son navire dans une faille de l'impossible... - En 2.223, Worel a voulu explorer le futur. Il a découvert à ses dépens que le Temps a horreur des paradoxes... - En 2.357, c'est vers le passé que Galvada a tenté le plongeon, pour résoudre l'énigme historique du Masque de fer... Ils ont inexplicablement émergé sur un bras mort du fleuve du temps, là où croupissent les eaux dormantes de la durée prise au piège de l'éternité. Présent, passé et futur se confondent... Pourtant, l'avenir existe bien quelque part, puisqu'ils perçoivent d'étranges murmures qui s'insinuent entre leurs pensées...

  • - Vous avez parlé d'une mission ? L'autre eut l'air étonné. - Vous ne savez pas, mon lieutenant, que nous sommes affectés à Tadong ? - A Tadong ? - Ben oui. Une plantation d'hévéas. Le visage du lieutenant s'empourpra. - Une plantation ! - Oui, mon lieutenant. C'est vous le chef de poste. Avec un adjudant, moi et quatre autres sous-offs. Tout le reste, c'est des partisans indigènes. Pour le lieutenant Domier, c'est l'écroulement de ses rêves. Il devra se contenter d'un métier qui se situe entre celui de garde-chiourme et celui de surveillant général. Du moins, c'est ce qu'il croit... Mais Tadong est au coeur d'une région rebelle où grouillent les soldats du Viet-Minh et, pire encore, les pirates du chef Phou Phonh. Et, comme le dit l'adjudant Avro, un vieux guerrier au passé mystérieux, « en Indochine, l'ennemi est partout et le coup qu'il porte vient toujours de derrière ». Le petit groupe en fera très vite la tragique expérience, tandis que dans le coeur désespéré d'Avro plane le souvenir de Xa, l'énigmatique...

  • Il avait noué son mouchoir en bandeau autour de son front. Puis il avait tiré le sabre du fourreau, et fixé avec recueillement l'éclat bleu de la lame. Son visage était de pierre. Aucun muscle de son buste ne tressaillait. On eut dit que son esprit s'était déjà vidé de toutes ses émotions humaines. Il déboucla sa ceinture, abaissa son slip, et se mit à palper avec des gestes délicats un point situé à quelques centimètres à gauche sous le nombril. Il passa alors de la position accroupie à la position agenouillée, tourna le sabre vers lui-même, posa la pointe à l'endroit qu'il avait massé tout à l'heure. Quand il releva la tête, ses yeux avaient pris une fixité insoutenable. Il murmura un seul mot : « Seppuku », qui est le terme honorifique du hara-kiri rituel exécuté dans la plus pure tradition du Bushido et, brutalement, il s'enfonça la lame dans les entrailles.

  • Dérapage à quarante démarre comme un roman d'aventures. L'histoire (celle d'un journaliste, chargé par un patron de presse peu scrupuleux, de retrouver le journal de guerre d'un ancien dignitaire nazi), rebondit à chaque chapitre sur un rythme haletant. Pourtant, en contrepoint de l'action, qui tient en haleine jusqu'au suspense final, c'est le personnage du journaliste qui s'impose peu à peu au lecteur, jusqu'à l'envoûter. Sa quête obstinée d'un document, que nul ne voudra en définitive publier, car trop compromettant pour des personnalités politiques aujourd'hui "aux affaires", est l'instrument dont s'est servi l'auteur pour bâtir avec sensibilité, subtilité, et une rare profondeur psychologique, le caractère d'un homme dont la vie dérape à quarante ans. Ce roman captivant, mais sans complaisance, sans concession ni faiblesse, est de ceux dont on garde longtemps le "goût" dans la tête après l'avoir refermé.

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