Littérature générale

  • "La ligne de crête" rend compte de ce qui lie l'auteur à sa Haute-Savoie. L'étrange alchimie qui opère quand on aborde un lieu familier. C'est une évocation des couleurs, silence, lumières, rythme, et sons propres à la montagne. Un récit qui n'est pas descriptif mais une invitation à errer, plus qu'à randonner, au pays de l'écriture. Il nous entraîne dans une très belle et fraîche échappée.« C'est peut-être l'attente qui fait le lieu »
    Évocation de la montagne, la Savoie par un poète. Prose poétique.
    Jacques Ancet fut lecteur de français à l'Université de Séville puis agrégé d'espagnol. Il a enseigné plus de trente ans dans les classes préparatoires aux grandes écoles. Aujourd'hui il se consacre à son travail d'écrivain et de traducteur près d'Annecy, où il réside. Son oeuvre est couronné de nombreux prix.

  • Amnésie du présent

    Jacques Ancet


    Ce livre réunit un certain nombre d'essais écrits durant plus de deux décennies (1991-2014). Ils accompagnent un chemin d'écriture qui, depuis une quarantaine d'années tente difficilement, fragmentairement, de prendre conscience de lui-même dans l'après-coup du regard jeté en arrière ou dans l'accompagnement d'un certain nombre d'oeuvres aimées. Ces textes ont tous en commun d'être traversés par une interrogation insistante qui, depuis Don Quichotte, est celle de toute entreprise littéraire : qu'en est-il des rapports de l'écriture et du réel ? Laquelle ne peut engendrer que d'autres interrogations ou quelques réponses provisoires et toutes plus ou moins formulées ici ou là depuis longtemps déjà. Ce qui ne dispense personne d'essayer de les reformuler à son tour et à sa manière. « Tout ce qu'on a pensé d'intelligent, écrit Goethe, on l'a déjà pensé ; ce qui nous reste à faire, c'est de le penser de nouveau. »

  • Le Dénouement

    Jacques Ancet

    À la mort soudaine de sa femme, le narrateur du Dénouement se réfugie dans la rédaction d'un journal, le journal de son deuil. Survivre, c'est écrire. Recomposer par le langage un nouveau rapport au temps, à la mémoire et à la solitude. Peut-on vraiment quitter quoi que ce soit ?, écrit-il en proie à sa propre nature sauvage. D'autres espaces s'ouvrent à lui, paysages de montagne embrumés, bergerie perdue sur un plateau rocheux, monastère où reprendre des forces. C'est le parcours initiatique d'un homme retranché dans les marges de son humanité et dont le lecteur peut suivre, étape par étape, l'écriture du récit.


    Un roman
    comme un poing crevé d'éclairs. Une explosion d'images.

  • L'intensité bouleversante de certaines pièces de Franz Schubert est à l'origine des premiers poèmes de ce livre, hommage lointain, presque imperceptible, rendu à cette musique, la plus fraternelle qui soit. Personne autant que ce musicien n'a su donner une forme aussi profonde à l'angoisse de notre condition : être voué à l'amour de ce qui s'en va, à la nostalgie de ce qui n'est plus. Si tout poème est, au fond, une élégie, cette oeuvre, foncièrement élégiaque, est l'une des plus proches de la poésie : un chant de vivre qui est mourir, un adieu prolongé à la beauté des choses.

  • Sur la fenêtre, l'arbre et le monde sont une seule image, instantanée, débordant de son explosion fixe la lenteur de toute écriture. Que peut alors l'homme qui chaque jour vient s'asseoir devant elle, sinon faire le récit de son regard appliqué à suivre patiemment l'infini réseau des branches, les variations de la lumière, des jours, des nuits et des saisons, en quête d'une improbable coïncidence ? Ce qui jusque-là, dans tout roman, toute narration n'était que l'arrière-plan ou, tout au plus, le témoin muet de nos vicissitudes et de nos drames, en est soudain devenu le centre, rejetant le monde des hommes, les âges de la vie, dans les marges de son irrésistible prolifération. Non plus décor mais personnage à part entière, l'arbre est donc le sujet de ce livre, traversé par ailleurs d'une interrogation sous-jacente mais obsédante : que peut encore, face aux arts visuels traditionnels - peinture, photo, cinéma - mais aussi face à ceux qui triomphent aujourd'hui - vidéo, imagerie virtuelle -, cet exercice silencieux, solitaire, imperceptible, qu'on appelle littérature ?

  • La présence de Jacques Ancet dans publie.net va bien au-delà de la simple mise à disposition de textes importants.
    Auteur décisif, nous sommes quelques-uns à le savoir. Le non renoncement dans la part lyrique de la langue, l'implication poétique de la prose, ou, symétriquement, que la poésie ait encore à faire avec nos temps mornes, pourvu - se rapprochant de la dureté et de la violence du réel - qu'elle continue à s'en remettre au récit et aux voix... On le sait en littérature depuis L'Incessant, et c'est avec fierté qu'on accueille, de Jacques Ancet, le Silence des chiens.
    Mais Jacques Ancet c'est aussi une voix ouverte, sans jeu de mots. Qui s'offre aux grandes et extrêmes explorations de Jean de la Croix, de Jose Angel Valente, ou en ce moment de Borges, et que le traducteur doit s'y faire écrivain ou poète comme celui dont il reçoit les pages. Alors dialogue ouvert, toute une vie, avec ceux qui portent la langue dans cet extrême : Bonnefoy, Jaccottet, Bernard Noël...
    Avec le numérique, une nouvelle possibilité de permettre la circulation de cette réflexion, ouvrant vers ceux qu'elle commente, nous guidant vers des lectures neuves.
    L'autre cohérence de ce très vaste ensemble, deux fois 300 pages, c'est que le premier s'enracine plus dans les voix du passé, depuis la figure immense et emblématique de Don Quichotte, puis, via Quevedo ou Saint-Jean de la Croix, jusqu'à Cortazar, Maria Zambrano ou Claude Simon, tandis que le second suit cette même exigence découvreuse de l'écriture dans les chemins escarpés du contemporain, de Valente ou Castaneda vers Jacques Roubaud, Henri Meschonnic ou Claude Louis-Combet.
    Très fier donc, avec une matière aussi lourdement belle, de contribuer à la présence et la visibilité sur Internet de ceux qui ont porté la littérature dans ces chemins d'exigence. Et Jacques Ancet nous y appelle, nous aide à franchir le rebord...

    FB

  • Pour la première fois, le cycle complet écrit par Jacques Ancet, « Obéissance au vent » , auparavant publié en papier chez Flammarion, Ubacs et Mont Analogue, est désormais disponible en numérique.
    « ... Livre ouvert, où tout peut entrer » ce sont les mots par lesquels Jacques Ancet présente L'Incessant , première séquence de prose lyrique ouvrant le cycle plus ample encore qu'est l'Obéissance au vent.
    D'entrée, « des voix mêlées entretissées » emmènent leur lecteur « où dedans et dehors ne sont qu'un seul instant », quand bien même ne demeureraient seuls que « le fil cassé des phrases », « les mots (...) inaccessibles », « toutes ces choses penchées glissant en un éboulement sans fin ».
    Un devenir, oui, assurément, et où tout s'écoule, et les reflets qui s'élèvent depuis une vitre sur le fond obscur des jours montrent alors des corps, leur visage, une main à son lent travail d'oeuvrer.
    D'autres figures convoquées, la table, la lampe, le corps amoureux sont elles-aussi à leur interminable nuit, et leur silence est ce qui seul permet un naître, un dire, même si la main hésite sur la page, sur la toile, même si le geste se gauchit et manque ce qui, en définitive, seul le légitime, et fait énigme de toujours : « comment vivre le présent ». À ce point précis, la voix alors dénombre et énumère les bruits, les objets, les pas, les rues, les traces. Pour ne pas se perdre à son propre vertige, elle emporte cette mémoire.
    Et c'est bien ce rythme qui traverse un monde d' « assourdissant silence », aidé en cela par quelques figures tutélaires (la fin du volume les nomme sobrement), elles qui incarnèrent toutes à leur mesure, un « corps ouvert aux forces invisibles » et partant, lui aussi inachevé, « emporté malgré lui par une page ouverte, interminable elle aussi », au silence de son propre voyage.
    - Jean-Yves Fick


    Le cycle complet :

    1. L'incessant


    2. La mémoire des visages


    3. Le silence des chiens


    4. La tendresse


    Le site de Jacques Ancet

    http://jacques.ancet.pagesperso-orange.fr


    Sa page auteur

    http://publie-net.com/staff/all/jacques-ancet/



    Disponibles en papier : Le silence des chiens et La tendresse



  • Pour la première fois, le cycle complet écrit par Jacques Ancet, « Obéissance au vent », auparavant publié en papier chez Flammarion, Ubacs et Mont Analogue, est désormais disponible en numérique.
    Comme un voyage, « au jour le jour du mystère d'exister ». Et nous conviés ici à accompagner ces voix, leurs pas dans les jours, qui résonnent ou se tiennent, silencieux, au plus près des bruits du monde - qui sont là, et leur musique de toujours. De se tenir dans les ombres ou les heures, les voix deviennent des visages, nos visages multiples et uns, à l'écoute de ce qui surgit des jours. En soi, une « dictée », un « éboulement obscur » se laissent entendre. Presque saisir. Et proches.
    Autour, le bruit du monde ne cesse pas, tout au contraire : « clapotis d'eau », « ce bleu, cette transparence », des passages - autant d'instants comme sauvés : un enfant, un matin, la fin d'une après-midi d'été. Un insecte passe, de l'autre côté de la vitre un feuillage tremble. L'encre finit de sécher sur la page où la main la dépose, et tout à côté, le halo d'une lampe.
    Voix multipliées, elles aussi incessantes, dans le lent travail de leurs gestes : écrire, peindre, vivre. Aimer. Serait-ce aussi le craquement d'un radiateur, loin, dans le lieu clos, où l'on se tient à l'ouvert d'écrire.
    « Une sorte d'album du temps qui passe », et sonore, où il arrive que même la langue fourche de se chercher, au plus près de ce qui est à dire, et le dire ainsi pour accueillir, il le faut, tout « ce qui n'a pas de nom », quand « une voix nous traverse ». Quand « je t'entends marcher, au matin, un oiseau chante, la page commence, on pourrait croire à la vie ».
    Toutes voix comme autant « de solitudes qui tissent entre [elles] des fils invisibles. » Et d'elles toutes, une présence invoquée, inlassablement.
    - Jean-Yves Fick
    Ce roman n'en est pas un. Tout juste un témoignage au jour le jour du mystère d'exister ; une sorte d'albuim du temps qui passe où, peu à peu, sont venus se fixer des portraits d'hommes de femmes, sans autre lien qu'une solitude qui tisse entre eux des fils invisibles. Qui est l'autre ? Pourrons-nous jamais parvenir à sentir sa chaleur, entendre par ses oreilles, voir par ses yeux ? Et qu'est-ce, finalement, qu'aimer, loin des passions ou des perversions trop littéraires ou théâtrales, dans les hauts et les bas du quotidien ? Roman d'amour alors ? Peut-être. Poème, plutôt, poème romanesque. Dans la dernière partie du livre, « Le jour que tu es », une voix parle. Tantôt masculine, tantôt féminine, tantôt neutre, elle s'interroge, dit l'instant d'un contact fugace, l'angoisse d'une rencontre manquée, les gestes, les paroles éphémères, un visage, un souvenir, des ombres, des lumières : long monologue amoureux où elle finit par devenir la voix d'une bouche unique et sans visage...

    - Jacques Ancet

    Le cycle complet :
    1. L'incessant
    2. La mémoire des visages
    3. Le silence des chiens
    4. La tendresse

    Le site de Jacques Ancet

    http://jacques.ancet.pagesperso-orange.fr


    Sa page auteur

    http://publie-net.com/staff/all/jacques-ancet/


    Disponibles en papier : Le silence des chiens et La tendresse






  • Une phrase, une seule phrase pour contenir ce Silence des chiens de Jacques Ancet. Une longue phrase, déroulée, se dépliant en souffle, en rythme, qui fait que l'on ne se trouve plus devant le texte, mais bien à l'intérieur de lui, pris dans ses pliures, son flux, et porté par son mouvement.
    C'est un texte, au sens élargi. Il contient les images quotidiennes, les gestes simples et l'invisible pensée qui les porte, résurgences, sensations, interactions, autour de ce "tu" qui avance et veut dire.
    Ce souffle crescendo et décrescendo emporte.
    Il nous déplace de l'anodin à l'indicible, du particulier à l'universel avec une facilité déconcertante. Peu importe qu'il n'y ait qu'une seule phrase ou plusieurs, le propos n'est pas celui d'une performance qui serait seulement acrobatique. Il s'agit bien de chair, de sang, d'émotions, d'humanité (ou d'inhumanité) en marche.
    Silence et bruit, c'est la rumeur du monde qui enfle, parfois au point de prendre toute la place et c'est comme si la phrase elle-même s'assourdissait de rendre compte de ce qu'elle entend, de ce bruit qu'elle doit identifier, désigner, décrire.
    Ce bruit est comme une basse, un son constant, un acouphène. S'il s'éloigne, il n'est jamais tout à fait loin. Et s'il se cache au milieu des sonorités du monde, l'écriture l'en extrait.
    C'est le bruit d'une souffrance. Jacques Ancet la cerne, l'encercle de ses mots, avance peu à peu vers elle, rend compte de son écho, avant de plonger à l'intérieur.
    Superbe prose poétique, exploratrice, saisissante et sonore, qui bouleverse. L'écriture du Silence des chiens est un instrument de précision, utilisé pour « parler de l'horreur du dedans ».
    Ciseau, sonde, pic, la "ligne de mots" de Jacques Ancet est forte, vibrante, et résonne longtemps après qu'on ait fini de la lire...
    CJ, dans Pages à Pages
    "Le silence des chiens" est précédé de "Parler la douleur", préface de Jacques Ancet, 2010.

  • La Tendresse, une litanie poétique, de très longues phrases et peut-être une seule phrase coupée par de petites respirations qui forment des pans ou des parties, centrées autour d'un « un » ni nommé, ni défini.
    D'entrée, on partage une sorte de gestation mystérieuse, ce serait le dialogue secret d'une femme enceinte avec un « un » diffus. Puis se poursuit l'étirement de ce fil qui lie le « un » à soi, et La Tendresse s'explore dans cette capacité à surmonter la séparation, à en déjouer les vides et les trous noirs quand le « un » devient autre que soi mais pas seulement et pas vraiment entièrement, ces moments où l'on peut réussir à conserver des bribes, la gratitude exprimée à la vie, sous-jacente.
    Des pensées qui traversent ce que voit le regard et ce qu'entend l'oreille, cris d'enfants, l'espace de la nuit, des figures maigres et misérables, dans la tête posée sur la main, dans le geste d'écrire, « les mots sont une lente procession d'insectes, j'entends leur grésillement ».
    Cette capacité qu'a Jacques Ancet de fonctionner en cercles concentriques jusqu'à une moelle commune à tous mais que personne n'avait atteinte comme il le fait, avec cette méticulosité du mot, cet abandon et cette acceptation de laisser monter en soi ce qui bouleverse.
    Christine Jeanney, dans Pages à Pages

    Le cycle complet :
    1. L'incessant
    2. La mémoire des visages
    3. Le silence des chiens
    4. La tendresse

    Le site de Jacques Ancet

    http://jacques.ancet.pagesperso-orange.fr


    Sa page auteur

    http://publie-net.com/staff/all/jacques-ancet/


    Disponibles en papier : Le silence des chiens et La tendresse

  • L'Amitié des voix

    Jacques Ancet

    Il ne faut pas mésestimer le poids des notes dans le parcours d'un écrivain. Qu'il s'agisse d'essais, de préfaces ou de chroniques, ces textes parallèles esquissés le long de l'oeuvre en cours en disent long sur la circonférence de ses lectures, et donc sur sa profondeur de champ. En somme, les auteurs que l'on porte en soi façonnent autant notre réalité que notre environnement direct ou notre histoire personnelle.
    Dans le premier opus de son cycle critique « L'amitié des voix », et dans le prolongement de son précédent essai Amnésie du présent, Jacques Ancet réunit moins un panthéon d'auteurs qu'une colonne vertébrale, nécessairement subjective, d'oeuvres ayant soutenu sa voie : « une géographie de préférences personnelles qui s'étend sur près de quarante ans ». Car on n'écrit pas sans l'autre, et dresser la carte de ses voix d'écriture, c'est livrer un peu de soi-même.
    Pour ce volume, à travers les siècles, nous suivons un sillon majoritairement franco-hispanique qui va de Cervantes à Claude Simon via Quevedo, Mallarmé ou Maria Zambrano, sans oublier Borges. Quant à savoir qui s'exprime en marge de ces textes, c'est à la fois le poète, l'écrivain, le professeur, le lecteur, le traducteur, tant tout est intriqué dans l'acte littéraire.

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