• L'inspecteur Palente revint, tête basse, vers son équipe qui s'affairait autour de la camionnette du P.M.U. - M'étonnerait que vous trouviez des empreintes. Essayez quand même... Qu'est-ce que tu as à rigoler, Piéro ? - La coïncidence ! - La coïncidence... Merde ! Quelle coïncidence ? - Te fâche pas ! Il y a deux jours, une mort inutile. Ce matin, un hold-up sans un rond, donc inutile. On va devenir des spécialistes... Les spécialistes de l'inutile ! Ça commence à être plaisant, ce métier... D'un coup, le visage de Piéro pâlit, verdit, ses traits se tirèrent, se creusèrent. Des larmes au ras des cils, il avait. - Merde ! Merde ! Mais mon tiercé de ce matin, il est dans les sacs, lui aussi ! Merde, ça aussi, c'était inutile... Dans les ordres, je vais rentrer... - Ils ne te voudront pas. Tu ne sais pas jurer en latin...

  • D'Arcy réfléchit, tend la main vers mon paquet de Philip Moriss. - Ça ne te paraît pas fade après la marijuana ?... En face, à l'arrière du « Rudi », un marin met le pavillon en berne. Un drôle de pavillon... Bleu, rouge - Tu as vu, ils ont du sentiment dans la marine ! Qu'est-ce que c'est, ce pavillon ? - Panama ! - Tiens, tiens... C'est un de vos voisins, le Panama ! Un petit... Le visage de d'Arcy se déride. Monsieur vient de faire voter son conseil d'administration. - Alors, JOI, comme ça, avec ta cervelle de cloporte... tu sais ce que je fais là ? - Bff... Bien sûr ! Ça crève les yeux... - Et mieux ? - Tu cherches de la drogue... D'Arcy s'étrangle dans son verre, fait un effort pour ne pas l'avaler, s'essuie la barbe, se lève. - Viens, Passiflore... Ce gars a trop d'imagination... - Flûte !... Que cherches-tu alors ? Impérial, d'Arcy se retourne, me toise, pince les lèvres. - De la viande, monsieur d'Iseran !

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Je double tout ce qui se trouve sur ma route, dans le rugissement de l'avertisseur. Sophie a croisé ses jambes de déesse. Elle allume une cigarette, hésite, me la tend, en allume une autre. - Merci. Nous approchons de Stuttgart. - On vous a dit où était... mon frère ? (Je vous jure, il y a un mot que je ne prononcerai jamais !) - A la morgue ! Je ne pense à rien. Je ne veux penser à rien. Je ne suis plus qu'un animal prêt à hurler de rage, de douleur, prêt à se battre, à mordre, à déchirer, à tuer s'il le faut. - Mais au fait, JOI, d'où sortez-vous ? - De l'enfer... Et j'y retourne ! Si cela vous tente... - Avec vous ? C'est selon...

  • L'homme au faciès hagard se penchait. - C'est toi le dingue ? - Il parait ! - Tu auras au moins apporté de la joie dans la taule ! On prépare ta fête. Le Conch s'accrochait aux barreaux de sa cellule. - Quelle fête ? L'homme eut un rire abominable. - La fête du Fou ! Le Roi Lo en raffole ! Simple... Pour être sûr que le dingue est un vrai fou, on le colle dans la même cage que Kay... - Kay.. ? - Oui, c'est le tigre du Palais ! Si t'es vraiment fou, Kay, qui bouffe rarement, doit se rouler, se coucher à tes pieds... - Excellent spectacle ! - Que je n'ai jamais vu ! Tous les gars jusqu'ici étaient normaux. Quelle déception !.. Quelle déception et quelle boucherie...

  • Le ministre Aguerras ne se débattait plus. Il réfléchissait maintenant à une vitesse folle, les yeux mi-clos. - J'avoue que l'idée est assez extraordinaire ! Un culot monstre ! On peut même aller plus loin... Le Conch sourit, carnassier. - J'allais vous en prier, senor... - Par exemple, dire que les leaders d'extrême gauche, tel celui des mineurs, Luis Pachin, ont des contacts avec le C.I.A. et les services U.S. Le Président sera ravi et Pachin ne risque rien, il est en exil... ! Mais... mais les U.S.A ? Le Conch se levait. - Je me charge des U.S.A... Aguerras eut un soupir épuisé, dépassé, tandis que le Conch : - Votre secrétaire vous accompagne ! Cela va de soi... - Ma secrétaire ? - Elle est ravissante ! Et aussi férocement attentionnée qu'elle est ravissante...

  • ... Moi, je refusais de voir. Je me suis levé pendant que Bibendum attaquait un angoissant roulement de tambour. J'ai entendu un petit hoquet dans les baguettes du gros, me suis retourné pour admirer d'Arcy, lippe pendante, cramoisi... J'ai suivi son regard. Le long de la planche, une splendide créature de rêve, brune sculpturale, mais de la terreur plein les yeux. Une Sikourit de marbre, mais ce n'est pas... ! Les lèvres du gros ont formé un mot : Paule ! Près de moi, Balik balançait une lame. En un éclair, j'ai compris que cette fois - pour la première fois - il ne louperait pas son coup. Le tranchant de ma main, durci par le karaté, est parti comme une bombe, a fait exploser son poignet. Doucement, là-bas, la fille s'effondrait, pendant que d'Arcy, tétanisé, ne pouvait plus arrêter ses baguettes. Dans le public, un silence de mort : elle était passée très très près, il faut être juste !

  • ... Rapidement, j'ai entassé les lingots dans le sac. - Vas-y, le paquet d'abord... AMI s'active efficacement, à petits gestes précis. -... A moi, maintenant. L'effort que j'ai fait pour me dégager est fatal à l'avion, il craque comme un roseau brisé et disparaît dans la crevasse. La corde de rappel me ramène brutalement dans la paroi noirâtre contre laquelle ma tête sonne dans un manège d'étoiles... J'ai failli tout lâcher dans un hurlement de douleur. AMI, imperturbable, me hisse comme un pantin, m'attrape par une épaule et je m'effondre à ses pieds. - J'ai l'impression que tu as ton compte, bonhomme. Tu as vu l'immatriculation de l'avion... Suisse ! Et maintenant ?... - On va jouer à la charade... Mon premier est une blonde ravissante, mon deuxième un avion en perdition, mon troisième une boîte de chocolat surfin... - Et mon tout ? Je bâille, attrape mon piolet, trébuche dans la pente. - Le pool aux oeufs d'or !... Au pessimisme, nul n'est tenu ! Moi, moins que quiconque...

  • - Tu es prête ? Doria cligne des yeux. - Tu entres la première, ne crains rien, je suis derrière toi. Je pense que la surprise va leur être salutaire... et paralysante. Elle recligne des yeux. - Vas - y doucement quand même. Doria s'approche de la porte, met délicatement la main sur la poignée, me sourit, secoue ses cheveux et passe le seuil. Je vois sa silhouette se découper dans la lumière. Les quatre gars sont statufiés. - Bonsoir... Paul se. redresse avec effort. - Bonsoir, gros porc ! Le tempérament reprend le dessus, elle en fait déjà trop. Le revolver à la main, j'arrive près d'elle et parle très vite, à voix basse : - Assis tout le monde ! Sans bouger ! Les mains sur la table, bien à plat...

  • Dans la cabine, Peter râlait atrocement. A peine si le Conch put lui desserrer les mâchoires. Il souleva les paupières, vérifia les deux pupilles inertes, le glacé humide du front. Le Conch se baissa, ramassa le Luger qui traînait encore par terre, le fit sauter dans sa paume, l'équilibra tout en fixant l'agonisant, puis il haussa les épaules. - Autant qu'il parte doucement... Il se contenta d'appuyer le poing fermé sur la trachée du moribond. Il appuya longuement, sans heurt, jusqu'à ce que le silence s'installe, total, dans la cabine et que le corps maigre se détende d'un coup. - Maintenant, Peter, je crois que je vais faire ta commission à Poupée de Miel... Du plat de la main, il ferma les yeux du cadavre. -... A ma façon, bien entendu !

  • -... Le service a réussi à ouvrir la mallette de Ricardo Rabas, avec mille précautions, Dieu merci ! Savez-vous ce qu'elle contenait, Lieutenant ? - Vos mille précautions entraînent mille suppositions... - Et vous n'en auriez pas assez de mille pour trouver... Entre les deux hommes, la tension se faisait insupportable. Le Conch eut brusquement le sentiment qu'un homme aussi froid que le colonel Seaborg, aussi glacé, aussi inflexible, hésitait encore à croire, à dire. -... Donnez-moi un verre à moi aussi.. ! Dans la mallette, trois flacons bien anodins. Le rapport de l'analyse de leur contenu est là, il tient en trois lignes et cette sobriété est d'autant plus épouvantable... Taux de concentration très élevé du virus de la rage Pour la première fois de sa vie, le Conch finit son verre sans réaliser le brûlant de l'alcool.

  • Dans la féérique nuit iranienne, le Conch finit son verre, écrasa sa cigarette, sourit à son visiteur : - Parlez-moi du nord... Plutôt du nord-ouest du pays... - Simple ! Zone montagneuse et d'insécurité totale. - J'aime ! - Iran, Irak, Turquie ont dessiné des frontières très arbitraires. Les peuplades kurdes se considèrent lésées et elles entretiennent un perpétuel climat de guérillas, poignards aux dents... Le Conch plissait lentement les paupières. - Seulement le poignard... ? - C'est une image ! Elles sont armées à la moderne. - Par qui ? - Très certainement les Russes ! - Passionnant... Passionnant et savoureux ! - Voire ! Elles terrorisent aussi bien les indigènes que les étrangers... - Bryan, j'adore être terrorisé... C'est mon vice top-secret !

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Il est inépuisable, le moufflet, recroquevillé sur le sol. Il baigne toujours dans sa vallée de larmes. Luis ordonne : - Ficelez la fille ! Collez-la avec son chauffeur... - Le gosse ? - Le gosse ? Je ne sais pas ce qui me retient... Avec les autres ! Mon surveillant personnel redresse son arme. - Et celui-là ? Luis crache par terre, me fixe un long moment. - Celui-là, il est en prime ! Je me le réserve... Monsieur rêvasse quelques instants. -... Mon arc est dans la voiture ? Oui... C'est trop beau ! Je vais lui faire le coup d'Ab-El-Krim... Et ça, je vous le jure, mon professeur d'histoire ne me l'a jamais expliqué... A quand, bon sang, la réforme de l'enseignement ?

  • En discutant, nous sommes sortis sous le porche. Si Vonvon m'aperçoit, je suis bon pour la guillotine. Remarquez, je préfère la sienne, elle est tellement maladroite ! - Je n'ai vraiment pas faim... - Faut pas se laisser aller... Regarde l'Eiger, il rigole sous son capuchon. Le moteur de la fraiseuse ronfle brusquement très près de nous. Le souffle de la poudre de neige se teinte d'un arc-en-ciel irréel qui grandit, grandit, puis s'éteint... - Il est comme toi, l'Eiger, il me fait frissonner... Oh ! JOI, quand toute cette histoire sera terminée, quand le diamant sera... - Dans ta poche ! Nous nous regarderons en chiens de faïence, de la glace plein les yeux... - Non ! - C'est la vie, Gaëlle. Un hurlement fou déchire le silence ouaté. J'ai sursauté, tourné la tête. Je réussis à bloquer le cri d'effroi qui roule dans ma gorge. Là-bas, dans un pâle soleil, la fraiseuse crache un jet énorme brutalement rouge, rouge sang. Le mécanicien panique, n'arrive pas à bloquer son hachoir... Et la neige rouge tourne en spirale, éclate en mille corolles... - JOI... Non !... Gaëlle enfonce ses ongles dans ma paume. -... Qu'y a-t-il encore ? - L'impression que Tio va faire une entrée remarquée au purgatoire des truands. Et je me décerne aussi sec un majestueux bonnet d'âne.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • OEuvre monumentale, parue de 1932 à 1995, voici donc Le Dictionnaire de Spiritualité enfin publié intégralement de A jusqu'à Z, avec un index particulièrement utile. A beaucoup de points de vue, c'était un défi. Le pari a été tenu. On peut même dire que les fruits dépassent le projet primitif, car très vite les perspectives du début ont été amplifiées et précisées. Dans les années 30, lancer l'idée et assurer la réalisation d'un tel dictionnaire pouvait paraître, face au bloc solide du dogme catholique, une entreprise marginale concernant les techniques de prière, les états mystiques et les divers phénomènes qui parfois les accompagnent... A cette époque, la réflexion chrétienne, encadrée et limitée par une théologie dogmatique, en grande partie déductive et obligatoire, avait besoin d'un nouveau souffle. Voici que la spiritualité, fondée en même temps sur l'expérience et sur la liberté qui président à l'invention des divers chemins conduisant à Dieu, renouvelait toutes les questions... Cette révolution tranquille s'est faite lentement, sans bruit, sans excès. A sa place, avec d'autres éléments similaires, elle a préparé l'éclosion irrésistible de Vatican II ; et aujourd'hui, patiemment, elle aide à bien comprendre l'originalité et le dynamisme de ce concile... Des milliers de collaborateurs, provenant du monde entier et de tous les horizons, ont contribué à faire de ce Dictionnaire ce qu'il est : particulièrement utile à tous ceux qui veulent mieux connaître les auteurs spirituels de divers pays, suivre l'évolution des mentalités, des institutions, des grandes notions fondamentales... et plein d'intérêt pour tous les curieux. Ainsi s'est-il répandu à travers le monde entier et dans tous les milieux.

  • OEuvre monumentale, parue de 1932 à 1995, voici donc Le Dictionnaire de Spiritualité enfin publié intégralement de A jusqu'à Z, avec un index particulièrement utile. A beaucoup de points de vue, c'était un défi. Le pari a été tenu. On peut même dire que les fruits dépassent le projet primitif, car très vite les perspectives du début ont été amplifiées et précisées. Dans les années 30, lancer l'idée et assurer la réalisation d'un tel dictionnaire pouvait paraître, face au bloc solide du dogme catholique, une entreprise marginale concernant les techniques de prière, les états mystiques et les divers phénomènes qui parfois les accompagnent... A cette époque, la réflexion chrétienne, encadrée et limitée par une théologie dogmatique, en grande partie déductive et obligatoire, avait besoin d'un nouveau souffle. Voici que la spiritualité, fondée en même temps sur l'expérience et sur la liberté qui président à l'invention des divers chemins conduisant à Dieu, renouvelait toutes les questions... Cette révolution tranquille s'est faite lentement, sans bruit, sans excès. A sa place, avec d'autres éléments similaires, elle a préparé l'éclosion irrésistible de Vatican II ; et aujourd'hui, patiemment, elle aide à bien comprendre l'originalité et le dynamisme de ce concile... Des milliers de collaborateurs, provenant du monde entier et de tous les horizons, ont contribué à faire de ce Dictionnaire ce qu'il est : particulièrement utile à tous ceux qui veulent mieux connaître les auteurs spirituels de divers pays, suivre l'évolution des mentalités, des institutions, des grandes notions fondamentales... et plein d'intérêt pour tous les curieux. Ainsi s'est-il répandu à travers le monde entier et dans tous les milieux.

  • Pour réussir «le Petit-Champlain», traduction populaire de The Little-Champlain qui a un temps désigné la petite rue Champlain, il fallait de laudace et du génie. Gerry Paris et Jacques de Blois nen manquaient pas. De tous les projets de rénovation, restauration ou mise en valeur qua connus le Québec depuis un demi-siècle, aucun na reposé sur autant de talent et dengagement personnel.En 1976, les gouvernements du Québec et du Canada avaient acquis lessentiel de la zone portuaire du Vieux-Québec. Tout ce que les gouvernements avaient ensuite su faire, cétait démolir et reconstruire lentement à grands frais. La vie avait quitté ce quartier. Le verdict était tombé: il deviendrait un quartier-musée. Des maisons étaient conçues pour le plaisir des yeux. Elles étaient sans fonction, sans utilité et trop chères pour être habitées par les derniers résidents du quartier. Comme tous les centres-villes, celui de Québec était à lagonie et le Vieux-Québec avait déjà rendu lâme.Peu à peu, lhémorragie a été ralentie. Les villes ont commencé à écouter leurs urbanistes. Les promoteurs ont commencé à copier des modèles vus à létranger. À cet égard, de Blois et Paris font figure de pionniers. Comme ils aiment le dire: ils avaient un rêve, ils lont réalisé.Selon les idées reçues, les gens du privé sont là pour senrichir et ceux du public, pour veiller à lintérêt commun. Dans le cas du «Petit-Champlain», de Blois et Paris ont tiré leur révérence au bout de leur santé. Faut-il chercher des coupables? De Blois nen cherche pas. Il prend acte tout simplement. Dans une langue de conteur, enrichie par ses talents darchitecte et dartiste, il nous fait partager une merveilleuse aventure. Il fait réfléchir aussi.Né à Québec en 1932, architecte de profession mais artiste de nature, Jacques de Blois se consacre désormais aux toiles plutôt quaux plans. Sa vie darchitecte le conduira au Japon, en Chine, en Europe et en Afrique où il prend goût aux valeurs des villes et villages anciens. Il y puise linspiration qui lui permettra de réaliser avec son ami Gerry Paris la restauration du quartier Petit-Champlain 10 ans durant.À bout de souffle, il laisse à dautres le soin de poursuivre son rêve et se consacre entièrement à sa passion pour la -peinture. Ses uvres se retrouvent dans des collections privées tant au Canada, aux États-Unis quen Europe ainsi que dansplusieurs galeries du Québec dont une du Petit-Champlain!

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