• Une fois encore, comme hier à propos de la famille en Europe ou de la place de l'écriture dans notre civilisation, Jack Goody vient perturber la ronde des historiens emportés par leurs certitudes. À la question soulevée par l'anthropologue britannique, on devine déjà ce qu'argueront les esprits chagrinés par cette interpellation d'exigence : comparaison n'est pas raison. Or, c'est bien de cela qu'il s'agit. La question ? C'est le "vol de l'histoire", c'est-à-dire la mainmise de l'Occident sur l'histoire du reste du monde. À partir d'événements qui se sont produits à son échelle provinciale, l'Europe a conceptualisé et fabriqué une représentation du passé toute à sa gloire et qu'elle a ensuite imposée au cours des autres civilisations. Le continent européen revendique l'invention de la démocratie, du féodalisme, du capitalisme de marché, de la liberté, de l'individualisme, voire de l'amour, courtois notamment, qui serait le fruit de sa modernisation urbaine. Plusieurs années passées en Afrique, particulièrement au Ghana, conduisent Jack Goody à mettre aujourd'hui en doute nombre d'"inventions" auxquelles les Européens prétendent, sous les plumes de Fernand Braudel, Joseph Needham ou Norbert Elias notamment, alors que ces mêmes éléments se retrouvent dans bien d'autres sociétés, du moins à l'état embryonnaire. Économiquement et intellectuellement parlant, seul un écart relativement récent et temporaire sépare l'Occident de l'Orient ou de l'Afrique. Des différences existent. Mais c'est d'une comparaison plus rapprochée que nous avons besoin, et non d'une opposition tranchée entre le monde et l'Occident, au seul profit de ce dernier.

  • Un sociologue/anthropologue de renommée mondiale s'attaque dans ce livre à l'une des questions clés de l'historiographie occidentale : la Renaissance mérite-t-elle de conserver son statut unique de fondement de la modernité européenne économique, artistique et scientifique ?
    Jack Goody observe le modèle européen à la loupe pour le comparer aux renaissances qui ont eu cours dans d'autres espaces culturels, notamment dans le monde islamique et en Chine. Tous ces pays ont en fait connu des moments analogues de remise en cause des dogmes et des arts suivis d'une ouverture culturelle et économique. En mettant l'accent sur la dette de l'Europe envers ses influences extérieures, Renaissances s'inscrit donc dans la droite ligne des études d'histoire critiques de l'eurocentrisme que Goody a développées dans ses derniers livres pour finalement arriver mettre en doute que le capitalisme, le libéralisme ou l'individualisme puissent être encore considérées comme des inventions européennes.
    Puissant, mené de main de maître, cet ouvrage d'envergure constitue un modèle inégalé d'histoire globale. Il s'adresse à tous les passionnés de l'histoire de la civilisation occidentale, aux anthropologues, aux sociologues, ainsi qu'à tous ceux qui s'intéressent à la construction de la modernité.

  • Cet ouvrage du grand anthropologue  Jack Goody (1919-2015) propose une perspective inédite sur les implications de l'écriture dans le développement  et l'organisation des sociétés. Il  en rend compte  sur le très long terme à travers quatre domaines essentiels des activités humaines : la religion, l'économie, l'administration et le droit.
    L'originalité de la thèse de Jack Goody réside dans l'importance accordée au rôle des moyens de communication dans le fonctionnement et l'évolution des sociétés, minimisant, par là même, celui généralement imputé aux modes et aux struc­tures de production.

  • This important new book investigates how the West attained its current position of economic and social advantage. In an incisive historical analysis, Jack Goody examines when and why Europe (and Anglo-America) started to outstrip all other continents in socio-economic growth. Drawing on non-Western examples of economic and technical progress, Goody challenges assumptions about long-term European supremacy of a `cultural' kind, as was a feature of many theories current in social science. He argues that the divergence came with the Industrial Revolution and that the earlier bourgeois revolution of the sixteenth century was but one among many Eurasia-wide expressions of developing mercantile and manufacturing activity. This original book casts new light on the history of capitalism, industrialization and modernity, and will be essential reading for all those interested in the great debate about the economic rise of the West.

  • The Eurasian Miracle

    Jack Goody

    • Polity
    • 23 Avril 2013

    The idea of long-term European dominance is characteristic of most evolutionary theories of human culture and society in the nineteenth century. It was commonly believed that there was a natural progression from Antiquity through Feudalism to Capitalism which could not have taken place elsewhere. Today there are many who still believe that this progression was part of a European miracle that underlay the rise to global supremacy of the West. In this short book Jack Goody systematically dismantles this Eurocentric view of the world. He argues that we need to look, not for a European miracle, but rather for a Eurasian miracle that went back to the Urban Revolution of the Bronze Age, that affected the Near East, India and China well before Europe and that was much advanced by the adoption of writing. Under these conditions we find a long-term exchange of information between East and West, and the dominance of one followed by the dominance of the other - in other words, alternation rather than dominance. There were measures during the Renaissance in Europe that made for continuous growth, especially the secularization of learning, but it appears that the period of Western supremacy is now coming to an end and that we are about to experience a further alternation in favour of the East.

  • Islam in Europe

    Jack Goody

    • Polity
    • 26 Juin 2013

    This vigorously argued book reveals the central role that Islam has played in European history. Following the movement of people, culture and religion from East to West, Goody breaks down the perceived opposition between Islam and Europe, showing Islam to be a part of Europe's past and present. In an historical analysis of religious warfare and forced migration, Goody examines our understanding of legitimate violence, ethnic cleansing and terrorism. His comparative perspective offers important and illuminating insights into current political problems and conflicts. Goody traces three routes of Islam into Europe, following the Arab through North Africa, Spain and Mediterranean Europe; the Turk through Greece and the Balkans; and the Mongol through Southern Russia to Poland and Lithuania. Each thrust made its mark on Europe in terms of population and culture. Yet this was not merely a military impact: especially in Spain, but elsewhere too, Europe was substantially modified by this contact. Today it takes the form of some eleven million immigrants, not to speak of the possible incorporation of further millions through Bosnia, Albania and Turkey.

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