• "Vous avez le droit de me poser les questions que vous voulez, de me faire les remarques que vous voulez, il n'y a pas de tabou ici."

    Depuis cinq ans, plusieurs fois par semaine, j'ai cet échange avec les spectateurs de la pièce que j'ai écrite, Djihad, qui tourne à travers toute la France, la Belgique et la Suisse, le plus souvent à l'initiative des professeurs de français. Dans des collèges, des lycées, des prisons, des salles des fêtes, je prolonge la représentation par un dialogue avec le public. Lors de ces milliers de conversations, j'en ai entendu de toutes les couleurs : un véritable arc-en-ciel de craintes, de méfiance, de préjugés, tant chez des musulmans que chez des non-musulmans, dans les deux sens. Parce que moi, musulman né en Belgique de parents marocains, je suis convaincu que ce qui compte, c'est avant tout de se parler et de s'écouter, j'ai choisi de susciter la parole, de répondre quand je le pouvais, de partager mes hésitations, parfois. Ces échanges, les voici. Cette France de mille nuances, défiances et croyances, en voici le pouls.

  • La pièce qui déradicalise ! Pour lutter contre les départs en Syrie
    Djihad est une pièce phénomène, sortie en Belgique, et qui arrive en France. Avec ses 40 000 spectateurs, elle est au centre des discussions concernant les jeunes djihadistes qui rejoignent les rangs de l'EI ou d'Al Qaeda, en Syrie.
    Djihad, c'est l'histoire de Reda, Ismaël et Ben, trois musulmans d'ici. Comme beaucoup d'Européens, ils se sont engagés pour aller se battre. Mais déchantent très vite.
    « Ils se rendent compte que ce qu'on leur a vendu à travers les réseaux sociaux, à travers les propagandes de haine, ce n'est pas du tout ça. Finalement, c'est un bourbier, c'est un charnier, où on envoie cette pauvre chair à canon qui, au départ, n'a rien demandé d'autre qu'essayer d'exister », explique Ismaël Saidi.
    La pièce rit de tout, du dogmatisme, de la victimisation, du racisme ordinaire des banlieues, des tabous de la société arabo-musulmane et de nos préjugés à tous, que nous soyons chrétiens ou musulmans.
    Déjà accueillie à Arras, elle sera jouée dès janvier 2016 à Lyon avant d'entamer une grande tournée.
    Un vrai théâtre populaire qui allie humour et phrases-choc ; Djihad donne lieu au débat. Cette pièce est devenue le point de départ d'un réel dialogue entre enseignants et élèves, parents et enfants, politiques et citoyens.
    EXTRAIT
    ISMAËL (ironique)
    In cha allah !
    BEN
    Ah, ta foi reprend le dessus, c'est bien ! Bon, les gars, récapitulons. Vous n'avez parlé à personne de notre projet ?
    ISMAËL
    Non !
    REDA
    Non !
    BEN
    Très bien, vous avez vu les vidéos d'entraînements ?
    REDA
    Elles sont bidon tes vidéos d'entraînement. Moi, j'ai Call of Duty et ça me suffit. Je suis gradé trois étoiles et je suis le meilleur sniper. D'ailleurs, je peux diriger les opérations.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    La pièce d'Ismaël Saidi, qui a fait salle comble en Belgique, aborde la radicalisation avec humour. - Brigitte Salino, Le Monde
    "Djihad", un cocktail d'émotions sur scène - Sophie Rahal, Arts & Scènes
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Ismaël Saïdi a 38 ans. Il a commencé sa carrière comme policier et est titulaire d'un Master en Sciences Sociales. Son rêve était de vivre de son art, de sa plume de scénariste, d'auteur de pièces de théâtre et de son oeil de réalisateur. Aujourd'hui, son rêve est exaucé. Le succès de sa pièce Djihad est la preuve de son engagement citoyen et de sa juste vision de la société. Il est aussi l'auteur d'une série télévisée au Maroc vue par 11 millions de téléspectateurs.

  • Ismaël Saïdi est issu de l'immigration et est ce que les médias appellent pompeusement « un musulman de la seconde génération ». Comme il le raconte dans son livre avec drôlerie et tendresse, il se définit comme « un européen musulman » Alors que l'islam, l'immigration, la guerre en Syrie et les attentats occupent tous les esprits, Ismaël a décidé de raconter son histoire. « Sous sa plume alerte, se déroule la vie d'un petit garçon qui a décidé, envers et contre tout, de ne pas juger et d'utiliser l'humour comme un pont entre les gens et contre les préjugés. » Vous apprendrez comment Nana Mouskouri et Jean-Jacques Goldman l'ont sauvé, comment il se sentait comme « un mollusque dans un bar » en rentrant à l'Université et une foule d'autres choses. Ismaël Saïdi lance l'invitation pour un voyage extraordinaire et à partager ses rires et ses larmes À PROPOS DE L'AUTEUR Ismaël Saïdi est auteur, scénariste et metteur en scène. Il a commencé sa carrière comme policier en réalisant en même temps un master universitaire en Sciences Sociales. Auteur de nombreux scénarios, d'une série tournée au Maroc qui a été vue dans le monde entier, Ismaël a toujours voulu être un pont entre les gens, les cultures et les religions. La pièce « Djihad » qu'il a écrite, produite et qu'il joue, a déjà été vue par 30 312 spectateurs dont de nombreux jeunes. Aujourd'hui, il a réalisé son rêve d'enfant. EXTRAIT Aussi loin que je me souvienne, et si je devais trouver un élément fondateur de ma condition de Belge musulman, je crois que ce serait le jour de ma circoncision. Je sais, vous vous dites, « c'est quoi ce bouquin qui commence par une scène gore » ? Ben c'est ma vie, et puis c'est pas si gore, je vous rassure, vous risquez de vous plaire dans ce voyage que je vous ai concocté. En même temps, je sais que ça peut paraître incongru de choisir comme élément fondateur le jour où une partie de mon corps a été coupée. Mais je crois que c'est un jour où je me suis demandé pourquoi ça m'arrivait à moi, seulement à moi !

  • Savez-vous que Mahomet ne s'appelait pas Mahomet? Ce mot, qui n'apparaît en fait que quatre fois dans le Coran, était sans doute plutôt un titre de gloire politique, et il est possible que ce prénom qu'on donne habituellement au Prophète soit celui d'un de ses oncles. C'est un détail, bien sûr, mais qui nous montre que nous avons bien des choses à apprendre d'une lecture «critique» de sa vie, c'est-à-dire éclairée par la connaissance du Coran (et d'autres sources).
    Mais alors, est-il vrai que le Prophète est le seul homme à n'avoir pas le coeur noir? qu'il a épousé une jeune fille de neuf ans? Quelles étaient ses relations avec les juifs, et que dit le Coran à ce sujet? Toutes les questions que vous ne savez peut-être pas à qui adresser, Ismaël Saidi les pose avec humour et sans détour à son ami Michaël Privot, islamologue et musulman lui-même. Ce dialogue franc et bienveillant entre deux musulmans fait redécouvrir la figure de Mahomet en lui redonnant sa dimension historique et profondément humaine, sans provocation mais avec, au contraire, une profonde admiration pour l'histoire hors norme de cet homme qui a fait l'Histoire.

  • Le Coran, tout le monde en parle, le convoque, mais bien peu le connaissent vraiment. Surtout, on lui fait dire beaucoup de choses qu'en réalité il ne dit pas !
    Conscients de la grande ignorance qui entoure le texte sacré des musulmans, l'islamologue, Rachid Benzine, et l'auteur et metteur en scène, Ismaël Saidi, ont choisi d'unir leurs efforts, afin d'offrir une nouvelle voie d'approche du Coran qui conjugue intelligence et humour.
    Qui est Muhammad ? Qui sont les « mécréants » auxquels sont promis tant de malheurs ? Qui sont les juifs dont il est question dans plusieurs versets ? Qu'est-ce que le « djihad » ? Le Coran est-il vraiment violent ? Pourquoi parle-t-on de nourritures et de comportements « halal » ?...
    Aux questions posées avec humour par Ismaël Saidi, Rachid Benzine apporte des réponses à la fois claires et rigoureuses, en faisant appel aux ressources de l'Histoire, de l'anthropologie, ou encore à la sémiologie.
    En neuf chapitres, déployant une pédagogie tout à fait originale, les deux auteurs abordent les principales questions que beaucoup se posent. Avec eux, le lecteur fait ainsi un voyage aux sources du Coran, découvrant la société arabe du 7e siècle qui a été la réceptrice de cette parole devenue livre.
    Soyez les bienvenus dans cette aventure ; vous n'en ressortirez pas comme vous y êtes entrés !
    EXTRAIT
    Rachid : Écoute Ismaël. Déjà, une femme ne doit obéir à personne. Elle est ton égale et si toi tu veux qu'elle t'obéisse, c'est que t'as un problème, mon vieux.
    Ismaël : Oui mais le Coran dit que...
    Rachid : Le Coran dit des tas de choses, Ismaël, mais est-ce qu'il les dit directement à toi ou est-ce qu'il a dit ces choses d'abord à un peuple du 7e siècle ?
    Ismaël : Ben à moi. Je suis musulman. Le Coran me parle à moi.
    Rachid : Donc tu as le droit d'avoir des esclaves...
    Ismaël : Quoi ? Mais l'esclavage est interdit. C'est inhumain, Rachid.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Un livre principalement à destination des jeunes et qui a un objectif : développer l'esprit critique. - Mélanie Joris, RTBF
    Présenté sous forme de dialogue, avec une touche certaine d'humour, les deux hommes déconstruisent les imaginaires fantasmés liés au Coran et à son interprétation. - L.V., La Libre Belgique
    Pas à pas, l'historien redonne aux mots de l'islam leur sens coranique, celui qu'ils avaient pour les Arabes du VIIe siècle auxquels ils s'adressaient. Loin des « fantasmes », Mohammed retrouve « son humilité » et finalement « sa grandeur », et le Coran « sa place centrale dans la foi musulmane ». - Anne-Bénédicte Hoffner, La Croix
    À PROPOS DES AUTEURS
    Rachid Benzine est islamologue, chercheur associé au Fonds Paul Ricoeur (Paris) et à L'Observatoire du Religieux. Il enseigne notamment à la Faculté Théologique Protestante de Paris. Auteur de nombreux essais, son premier roman, Lettres à Nour, vient d'être adapté au théâtre.
    Ismaël Saidi est réalisateur, scénariste, auteur et dramaturge. Il est connu pour sa pièce Djihad qui a déjà été vue par plus de 100 000 personnes. Il est en tournée dans toute la France avec sa nouvelle pièce, Géhenne.

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