• Depuis 2013, une bactérie en provenance du continent américain décime les oliviers centenaires du sud-est de l'Italie. Son nom obscur - Xylella fastidiosa - semble entretenir le mystère qui pousse une espèce vivant en harmonie dans son milieu naturel d'origine à semer la désolation ailleurs, comme le fit le champignon invasif responsable du mildiou de la pomme de terre, à l'origine de la famine qui tua un million d'Irlandais au milieu du XIXe siècle, ou le phylloxéra, puceron ravageur des vignes françaises dans les années 1860-80.

    L'emblématique pathogène Xylella est l'un des représentants les plus redoutés des nombreuses espèces exotiques envahissantes - micro-organismes, animaux et plantes invasives - qui se propagent à la surface du globe en suivant les voies de circulation d'une mondialisation par trop négligente. Affectant non seulement l'agriculture mais aussi la santé publique - à l'image du moustique-tigre, vecteur des virus de la dengue et du chikungunya -, ces bio-agresseurs invasifs sont synonymes de graves nuisances écologiques pour les écosystèmes et la biodiversité, tel le charançon, nuisible aux palmiers de la Côte d'Azur, les grenouilles-taureaux fatales aux reinettes, ou la plante jussie, cauchemar des milieux aquatiques...

    Une enquête pour mieux cerner ces prédateurs, comprendre le phénomène de prolifération invasive et mettre en lumière les acteurs méconnus de l'épidémiosurveillance engagés dans la détection et la lutte contre ces nouveaux fléaux.

  • Comment l'État sacrifie nos forêts.Les forêts recouvrent 31 % de notre territoire, soit près de 17 millions d'hectares. Un patrimoine considérable aujourd'hui en grande détresse : sécheresses à répétition, attaques parasitaires sans précédent, risques d'incendie de grande ampleur, mais aussi morcellement de la propriété et industrialisation à marche forcée...
    À l'heure où les enjeux environnementaux et la protection de la biodiversité sont plus que jamais d'actualité, l'État a progressivement abandonné la forêt française aux seuls intérêts privés. En témoignent la faillite de l'Office national des forêts et son démantèlement organisé pour des raisons budgétaires.
    Au fil d'une enquête inédite et très documentée, les auteurs dénoncent les mécanismes à l'oeuvre dans la fragilisation de nos forêts et la responsabilité de nos dirigeants, qui ont fait le choix du profit à tout prix, plutôt que de la préservation de ce bien commun. Ils montrent aussi qu'une autre sylviculture, inspirée des processus naturels, est possible pour inventer les forêts de demain.

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