• Diffusés pendant plusieurs années dans les salles de cinéma, sur les réseaux de télévision et sur Internet, des minifilms d'une durée de 30 ou 60 secondes mettent en scène des soldats canadiens en train de réaliser des opérations de sauvetage, aux prises avec toutes sortes de situations de crise, d'urgence ou de guerre, au pays ou à l'étranger. Leur public cible ? Les Canadiens de 18 à 24 ans. Leur objectif ? Inciter ces jeunes à s'enrôler dans l'armée et convaincre le grand public de soutenir cette entreprise de recrutement.
    La propagande d'État est généralement associée aux régimes totalitaires, dont l'un des traits essentiels est le contrôle de l'information.
    Inversement, la communication gouvernementale serait l'affaire des régimes démocratiques, dont la légitimité ne saurait être mise en question. Dans les faits, les deux formes de messages offrent plus de points communs qu'on aimerait le croire :
    Elles émanent des mêmes sources, sont orchestrées par les mêmes structures politiques et administratives et diffusées par les mêmes médias à destination de publics ciblés. Le gouvernement conservateur canadien en offre un exemple étonnant avec sa campagne de recrutement militaire et sa nouvelle politique en matière de défense.

  • Dans les sociétés démocratiques, les libertés fondamentales telles que la liberté de la presse et la liberté d´expression nous paraissent désormais assurées et bien protégées par des lois et des chartes de droits. Pourtant, avec la multiplication des médias de diffusion et de distribution dans les dernières décennies, ces acquis semblent être remis en question, ce qui soulève de vives inquiétudes.
    En effet, appartenant à un nombre de plus en plus réduit de conglomé rats, la plupart des médias - de la presse écrite à Internet - sont désormais soumis à la marchandisation et à l´homogénéisation des contenus.
    Dans cet ouvrage, on trouvera des analyses contrastées portant principalement sur les médias communautaires et une réflexion à la fois théorique et pratique sur les rapports entre médias et démocratie. Les auteurs, chercheurs et professionnels des médias, en appellent à une nécessaire vigilance pour que les médias demeurent un service public accessible à tous, permettant de tendre vers l´exercice de la démocratie.
    Isabelle Gusse est professeure au Département de science politique de l´Université du Québec à Montréal.

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