• La véritable vie des douze premiers Césars au sein d'une Rome antique impitoyable Sous le principat d'Hadrien (117-138), l'historiographe Suétone travaille au palais comme secrétaire et bibliothécaire. Grâce aux archives impériales qu'il consulte librement, il entreprend d'écrire les biographies des premiers Césars, de Jules César à Domitien, retraçant ainsi près de cent-cinquante ans d'histoire qui ont bouleversé l'histoire de Rome. Son oeuvre, l
    a Vie des douze Césars, riche de détails intimes sur les maîtres de Rome, est une source essentielle demeurée célèbre en dépit de ses nombreuses exagérations et inexactitudes. En replaçant les premiers empereurs dans leur contexte social, politique et surtout familial, Virginie Girod, forte de sa connaissance intime de la période, met avec talent ses pas dans ceux de Suétone et raconte leur véritable saga faite de trahisons, de manipulations et d'amours déçues.
    Comment Auguste et Vespasien ont-ils pris Rome en passant pour des modèles de vertu ? Pourquoi Tibère, Caligula et Néron ont-ils sombré dans la tyrannie ? Claude était-il un idiot ou un administrateur génial ? Les empereurs ont-ils réellement subi l'influence de leurs affranchis ? Et les femmes dans tout cela ? Peut-on seulement envisager que des impératrices telles que Livie ou Agrippine aient été plus éperdues de pouvoir que les hommes ? De chapitre en chapitre, les mythes sur les Césars volent en éclats, laissant place à leur humanité dans toute sa complexité.

  • Dans une épigramme adressée à sa femme, Martial écrivait : « Je veux bien que tu sois une Lucrèce pendant le jour tout entier, mais cest une Laïs quil me faut la nuit. » Ce vers décrit tout le paradoxe de lérotisme féminin dans lAntiquité romaine.

    Comme une même femme ne pouvait pas être tout à la fois le parangon de la chasteté et une amante dépravée, Virginie Girod montre que les femmes furent classées en catégories et comment leur statut social encadrait leur vie sexuelle en fonction de règles morales établies par les mythes politiques romains et par la religion. La femme mariée, la matrone, se trouvait cantonnée dans un rôle reproducteur dénué de sensualité. Cétait aux prostituées (esclaves, affranchies ou plus rarement libres) quil incombait de distraire sexuellement les hommes.
    Alors, le corps féminin érotique et le corps féminin reproducteur étaient-ils deux choses résolument différentes ? Comment les femmes vivaient-elles la sexualité au quotidien ? Quelles pratiques étaient autorisées ou non et pour qui ? Les grandes figures féminines de lEmpire telles que Messaline ou Agrippine la Jeune étaient-elles représentatives de la vie quotidienne de toutes les Romaines ? Finalement, les Romains étaient-ils des débauchés prêts à toutes les transgressions pour leur plaisir ou ont-ils posé les jalons des normes qui ont régi, des siècles durant, la sexualité occidentale ?
    À laide dune documentation considérable, Virginie Girod répond à ces questions pour apporter une nouvelle réflexion sur la condition de la femme romaine.

  • Née dans les bas-fonds de Byzance, Théodora devint la plus grande impératrice de son temps. Sensuelle et déterminée, rien ne résista à son incroyable ascension.

    Courtisane assumant sa sexualité vénale, Théodora s'affranchit des règles que lui fixe une société intraitable. Sa vie change lorsqu'elle rencontre Justinien, qui fait d'elle son épouse et l'impératrice de l'Empire romain d'Orient. Désormais parée de pourpre et de perles, elle est le véritable « Premier ministre » de l'empereur. Elle fait et défait les carrières des hauts fonctionnaires, crée des réseaux d'espionnage et bouleverse les rituels de cour : on la salue, avec la même déférence que l'empereur, elle, femme et ancienne prostituée.



  • L'Algérie et nous


    -> Entretien avec Gilles Kepel. Les différents scénarios du « printemps algérien »
    Gilles Kepel met en perspective les récentes manifestations algériennes avec les « printemps arabes ». D'après lui, le futur pouvoir algérien prendra les allures d'une cohabitation militaro-salafiste.

    -> « Accueillons cette lueur présage de bonheur » par Sébastien Lapaque
    Vu de l'hexagone, il est impossible de comprendre l'Algérie depuis son indépendance en 1962, affirme Sébastien Lapaque. Grâce à ses voyages et ses relations nouées sur place, l'écrivain nous emporte au coeur de ce pays à la fois libre et enchaîné.
    -> La Casa del Mouradia par Ryad Girod
    Le romancier Ryad Girod livre une version littéraire des premiers jours du « printemps algérien ».

    -> Le mystère de Gaulle par Éric Roussel
    L'historien Éric Roussel décrypte la politique algérienne de De Gaulle en rappelant le parcours et les idées du Général en matière coloniale.

    -> Les intellectuels français sur l'Algérie par Pierre Vermeren
    La guerre d'Algérie conduit les intellectuels français à se positionner pour ou contre la colonisation. Pierre Vermeren revient sur les violentes controverses.

    -> Entretien avec Jean-François Kahn. Les médias français et la décennie noire
    Jean-François Kahn a couvert la guerre civile algérienne pour différents journaux. Il témoigne des aveuglements et des dénis d'une grande partie de la presse française de l'époque sur les groupes islamistes.

    -> Camus, écrivain algérien ? par Robert Kopp
    Né en Algérie, Camus militait pour une cohabitation pacifique entre colonisateurs et colonisés. Robert Kopp évoque ce positionnement politique qui relevait davantage d'un rêve.



    Littérature


    -> Inédit L'inadapté par Clara Dupont-Monod
    Un enfant naît avec une maladie rare. À travers le personnage de la soeur, Clara Dupont-Monod raconte l'épreuve, la souffrance et la force.





    Études, reportages et réflexions


    -> Alexandra David-Néel, une âme en peine. Portrait de l'orientaliste en femme (presque) ordinaire par Marion Dapsance
    L'aura dont bénéficie Alexandra David-Néel gomme certains traits de sa personnalité. Marion Dapsance nous les révèle.

  • Jim Harrison, André Brink et Jorge Amado, trois auteurs masculins de la littérature contemporaine, imaginent chacun le parcours d'un personnage féminin dans le contexte de la seconde moitié du XXe siècle. L'image de la femme, et en particulier de la femme métisse, véhiculée dans la littérature contemporaine, reste-t-elle le fruit d'un imaginaire à la fois nationaliste, colonialiste et par là même esclavagiste et raciste ? Que révèle l'emploi des concepts de nation et de métissage quand ils sont associés à l'image de la femme ?

  • Agrippine la Jeune appartient à la lignée des femmes dangereuses, des empoisonneuses, des séductrices, entre Médée et Lady Macbeth. Son plus grand crime ? Avoir porté un monstre à la tête de Rome ! Car Agrippine la Jeune est la mère de Néron, le tyran qu'on accusa de tous les vices, le premier persécuteur des chrétiens. Pour déposer la couronne de lauriers sur la tête de son fils et gouverner Rome à ses côtés, Agrippine souilla ses mains du sang d'innocents, s'offrit à des hommes de toutes conditions pour mieux les manipuler. Hélas, Néron, une fois son pouvoir bien établi, assassina sa démiurge de mère. Mais l'historiographie est trompeuse. Derrière la criminelle sensuelle, derrière la mère indigne, se cache une femme résiliente et intelligente, une femme politique redoutable, déterminée et machiavélique. Le destin d'Agrippine est incroyable. D'illustre naissance, descendante à la fois d'Auguste, de Marc Antoine et de Jules César, elle révolutionna la fonction d'impératrice et prit part au gouvernement de Rome envers et contre tous en dépit de sa condition de femme. Et si c'était là sa plus grande transgression ?

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