Religion & Esotérisme

  • L'enfer a terrorisé des générations de croyants. Même si c'est dans le christianisme que l'imaginaire infernal a été le système le plus durable et le plus organisé, il existe dans toutes les civilisations. Miroir de nos hontes, de nos remords et du mal partout répandu, ses métamorphoses sont aussi vieilles que l'humanité. Et il y a fort à parier qu'elles dureront autant qu'elle...

  • «?Il y a plusieurs façons de ne croire en aucun dieu. On peut  douter de tous, juger que la question de leur existence est  indécidable, ou encore affirmer leur inexistence. Cela définit trois positions différentes : le scepticisme, l´agnosticisme, l´athéisme. Ce qui les rapproche?? De n´être pas religieuses. À la question "?Croyez-vous en Dieu???", les partisans de l´un ou l´autre de ces trois courants peuvent en effet, en toute rigueur, apporter la même réponse : "?Non.?" C´est ce qui justifie que Georges Minois ait pu les rassembler dans un même et remarquable dictionnaire : tous sont des mécréants, si l´on entend par là, conformément à l´usage, quelqu´un qui ne croit pas en Dieu.  L´athéisme n´est pas une doctrine. On serait bien en peine  de trouver une seule thèse positive qui soit commune à tous ses partisans, ou même à la plupart d´entre eux. C´est qu´ils ne  s´accordent que sur ce qu´ils refusent. Ils n´ont en commun qu´une seule thèse, purement négative, que leur nom résume (athéos : "?sans Dieu?") et qui suffit à les définir : ils pensent que Dieu, ou les dieux, n´existent pas. Pourquoi?? Comment?? Avec quels arguments?? Contre quels adversaires?? C´est ce que ce monumental dictionnaire?-?d´autant plus impressionnant qu´il est l´oeuvre d´un seul auteur?-?permet d´explorer. C´est un travail considérable, qui vient à son heure. Il était urgent, face à ce qu´on appelle parfois le "?retour du religieux?" et qui prend trop souvent la forme d´une montée des fanatismes, de faire entendre d´autres voix, qui sont de liberté, de lucidité, de révolte et d´incroyance.?»  André Comte-Sponville   Georges Minois, né en 1946, historien français spécialiste notamment d´histoire religieuse, est l´auteur de l´Histoire du mal de vivre. De la mélancolie à la dépression (La Martinière, 2003), Les Origines du mal. Une histoire du péché originel (Fayard, 2002), Histoire de l´athéisme. Les incroyants dans le monde occidental des origines à nos jours (Fayard, 1998), Histoire de l'avenir. Des prophètes à la prospective (Fayard, 1996), Censure et culture sous l'Ancien Régime (Fayard, 1995), L'Église et la Science. Histoire d'un malentendu (2 vol., Fayard, 1990-1991)... Il a publié en 2009 chez Albin Michel une étude sur Le Traité des trois imposteurs : histoire d´un livre blasphématoire qui n´existait pas.

  • La science moderne est née dans le premier tiers du XVIIe siècle. Galilée, qui en fut le principal initiateur, revendiquait l'autonomie de la science pour déchiffrer le livre de la nature. Sa condamnation, en 1633, par le tribunal du Saint-Office, est donc le point de départ du grand malentendu entre l'Eglise et la science. Le fantôme de Galilée va hanter la conscience catholique pendant trois siècles et demi: ce n'est qu'en 1982 que Jean-Paul II exprime les regrets de l'Eglise à propos de l'"affaire".
    Trois siècles et demi pendant lesquels l'Eglise perd peu à peu tout contrôle sur l'évolution des sciences car elle refuse de s'adapter aux nouvelles théories. Après avoir censuré les mouvements de la Terre, elle condamne la physique mécaniste de Descartes, l'atomisme, le darwinisme, les premiers résultats de la géologie et de la préhistoire qui contredisent la chronologie biblique et le déluge universel. La condamnation du modernisme, en 1907, marque l'apogée de l'immobilisme de l'Eglise.
    Au début du XXe siècle, le dialogue reprend timidement. Pie XII affirme sa sympathie pour les savants. Mais des obstacles subsistent, surtout à propos de l'origine de l'homme. Les vieilles méthodes n'ont pas disparu, comme l'illustre l'affaire Teilhard de Chardin.
    Aujourd'hui les progrès de la génétique et de la procréation artificielle renouvellent le débat. La mécanique quantique et le modèle inflatoire du big bang rapprochent les points de vue religieux et scientifiques. La visite de Jean-Paul II au CERN montre que les conditions d'une reprise du dialogue semblent réunies. Sommes-nous à la veille d'une deuxième grande synthèse ?
    L'histoire nous enseigne ici la prudence.

    Georges Minois, agrégé d'histoire, docteur en histoire et docteur ès lettres, est l'auteur de plusieurs ouvrages d'histoire sociale et religieuse, dont, chez Fayard, Histoire de la vieillesseetLe Confesseur du roi, ainsi que d'unHenri VIII.

  • Comment une religion fondée sur l'amour du prochain a-t-elle pu intégrer la guerre dans sa vision du monde? Depuis ses origines, l'Église catholique a répondu avec plus ou moins de bonheur à cette difficile coexistence.
    Privilégiant d'abord le combat spirituel et la " paix de Dieu ", elle s'est laissé entraîner dans l'aventure de la guerre sainte au temps de la chrétienté médiévale, puis dans celle de la " guerre juste " au temps des monarchies et des nations. L'ambiguïté de cette position éclata en 1914-1918, quand les clergés, rivalisant de zèle guerrier nationaliste, restèrent sourds aux appels du pape. Les tueries de la Première Guerre mondiale firent réagir les théologiens, mais la prise de conscience fut lente.

    L'âge atomique, qui est aussi celui du déchaînement des nationalités, pose à l'Eglise un nouveau défi. Son discours est cependant loin d'être unanime: si Jean-Paul II, au lendemain de la guerre du Golfe, neuf siècles après l'appel d'Urbain II à la croisade, a proclamé qu'il ne peut y avoir de guerre sainte, le Catéchisme de l'Eglise catholique continue à réaffirmer le principe de la guerre juste.

    Georges Minois est historien des mentalités religieuses et des rapports entre la pensée chrétienne, la culture et les pouvoirs, thèmes qu'il a traités dans de nombreux ouvrages comme l'Eglise et la science (2 vol.), Le Confesseur du roi, Histoire des Enfers, avant d'aborder le sujet de la guerre dans un Du Guesclin.

  • "Le pape hait et craint les savants qui ne lui sont pas soumis par leur voeu." Cette pensée de Pascal, écrite peu après la condamnation de Galilée, exprime le déchirement d'un intellectuel chrétien désemparé par la rupture entre l'Eglise de son époque et la science moderne.
    Comment en est-on arrivé là?
    Après une longue période de méfiance due à l'origine païenne de la science, à partir de saint Augustin, l'Eglise finit par adopter la science comme auxiliaire de la théologie. En fait, la science recouvre alors un système du monde imposé par les théologiens. Les quelques tentatives de science indépendante (Jean Scot Erigène, l'école de Chartres) ne survivent pas aux censures. De même, les grands visionnaires des XVe et XVIe siècles, un moment tolérés, sont victimes de la réaction post-tridentine. Seules les mathématiques, contenant en elles-mêmes leurs principes, continuent leur chemin en dehors de tout soupçon. C'est pourtant par elles que va venir le scandale.
    Puisque c'est sur elles que s'appuient Copernic et la science mécaniste pour dire que la terre tourne.
    L'attitude de l'Eglise à l'égard de la science est aujourd'hui encore l'objet de nombreuses controverses. Depuis saint Paul, entre les deux voies d'accès à la vérité, la révélation et la science, l'entente fut maintes fois affirmée, jamais réalisée. Ce premier volume, qui nous conduit jusqu'au XVIIe siècle, retrace cet aspect essentiel de l'histoire des idées : comment l'Eglise a-t- elle accueilli la science?

    Georges Minois, agrégé d'histoire, docteur en histoire et docteur ès-Lettres, est membre du Centre international de recherches et d'études transdisciplinaires (CIRET). Spécialisé dans l'histoire sociale et des mentalités religieuses, il est l'auteur chez Fayard de plusieurs ouvrages largement traduits, tels que Histoire de la vieillesse, Le Confesseur du roi, Histoire des enfers, L'Eglise et la guerre et un second volume surL'Eglise et la science (De Galilée à Jean-Paul II).

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