• Les relations entre l'Église et la médecine furent longtemps conflictuelles. Au Moyen Age, l'impuissance de la médecine face aux maladies garantissait la suprématie du prêtre : la vie humaine, disait-il, est misérable, le corps me 'prisable, la mort inéluctable, et la douleur une bénédiction du ciel. Cette conception est progressivement remise en cause à partir de la Renaissance. Avec les avancées de la chirurgie et de la dissection, les médecins émettent des doutes sur l'existence d'un au-delà` et sur la conception dualiste de l'homme, corps et âme : l'homme ne serait-il pas un produit de la nature, une pure machine ? Au nom de ces idées, de nombreux médecins se révoltent contre la tutelle des prêtres, et deviennent, avec le courant scientiste qui apparait au XIXe siècle, le fer de lance de l'athéisme. Avec la vague bioéthique, le prêtre est récemment revenu dans le débat, autour de problèmes inédits - procréation artificielle, euthanasie, clones thérapeutiques, manipulations génétiques. La religion, qui a perdu le combat scientifique, entend gagner le combat moral. Mais sa morale, basée sur des écrits deux fois millénaires, est-elle encore adaptée aux réalités du XXIe siècle ?

  • «?Il y a plusieurs façons de ne croire en aucun dieu. On peut  douter de tous, juger que la question de leur existence est  indécidable, ou encore affirmer leur inexistence. Cela définit trois positions différentes : le scepticisme, l´agnosticisme, l´athéisme. Ce qui les rapproche?? De n´être pas religieuses. À la question "?Croyez-vous en Dieu???", les partisans de l´un ou l´autre de ces trois courants peuvent en effet, en toute rigueur, apporter la même réponse : "?Non.?" C´est ce qui justifie que Georges Minois ait pu les rassembler dans un même et remarquable dictionnaire : tous sont des mécréants, si l´on entend par là, conformément à l´usage, quelqu´un qui ne croit pas en Dieu.  L´athéisme n´est pas une doctrine. On serait bien en peine  de trouver une seule thèse positive qui soit commune à tous ses partisans, ou même à la plupart d´entre eux. C´est qu´ils ne  s´accordent que sur ce qu´ils refusent. Ils n´ont en commun qu´une seule thèse, purement négative, que leur nom résume (athéos : "?sans Dieu?") et qui suffit à les définir : ils pensent que Dieu, ou les dieux, n´existent pas. Pourquoi?? Comment?? Avec quels arguments?? Contre quels adversaires?? C´est ce que ce monumental dictionnaire?-?d´autant plus impressionnant qu´il est l´oeuvre d´un seul auteur?-?permet d´explorer. C´est un travail considérable, qui vient à son heure. Il était urgent, face à ce qu´on appelle parfois le "?retour du religieux?" et qui prend trop souvent la forme d´une montée des fanatismes, de faire entendre d´autres voix, qui sont de liberté, de lucidité, de révolte et d´incroyance.?»  André Comte-Sponville   Georges Minois, né en 1946, historien français spécialiste notamment d´histoire religieuse, est l´auteur de l´Histoire du mal de vivre. De la mélancolie à la dépression (La Martinière, 2003), Les Origines du mal. Une histoire du péché originel (Fayard, 2002), Histoire de l´athéisme. Les incroyants dans le monde occidental des origines à nos jours (Fayard, 1998), Histoire de l'avenir. Des prophètes à la prospective (Fayard, 1996), Censure et culture sous l'Ancien Régime (Fayard, 1995), L'Église et la Science. Histoire d'un malentendu (2 vol., Fayard, 1990-1991)... Il a publié en 2009 chez Albin Michel une étude sur Le Traité des trois imposteurs : histoire d´un livre blasphématoire qui n´existait pas.

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