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    La grande synthèse par l'un des meilleurs médiévistes actuels.Pourquoi cette nouvelle histoire du Moyen Age ? Premièrement, parce que plus nous nous éloignons de cette période, plus elle intrigue, et même fascine, car nous sentons confusément que là se trouvent les racines de nos aspirations et de nos drames actuels, des obscurantismes religieux aussi bien que des hautes spiritualités, de la violence aveugle comme de la quête de sens, de la peur du futur comme du rêve d'un retour à la nature.
    Deuxièmement, parce que l'image actuelle du monde médiéval est trop souvent falsifiée : évacué des programmes scolaires, réduit en miettes anecdotiques pour les médias, transformé en légende noire ou dorée, le Moyen Âge a perdu toute cohérence dans la mémoire collective du " grand public ". Pour le comprendre - donc pour nous comprendre -, il faut restituer les faits, les noms, les dates, dans leur enchaînement logique et chronologique. C'est ce que ce livre tente de faire.
    Troisièmement, parce qu'aujourd'hui plus que jamais il est nécessaire d'élargir notre vue en replaçant " notre " Moyen Âge européen dans le contexte de ses relations avec ses voisins. L'histoire médiévale occidentale est indissociable de celle du Proche-Orient, à la fois ennemi et Terre promise. C'est un drame en trois actes, plein de bruit et de fureur, de splendeurs et de misères, rythmé à la fois par les avancées propres du génie européen et par son affrontement avec l'Orient : du Ve au Xe siècle, c'est l'âge des grandes illusions, pendant lequel l'Orient byzantin puis musulman domine un Occident encore barbare ; du XIe au XIIIe siècle, l'Occident chrétien manifeste son dynamisme et atteint son âge de raison, en accord avec une foi plus éclairée, avant de connaître des fléaux apocalyptiques aux XIVe et XVe siècles, dans un âge de transition vers un monde moderne.

  • Le vainqueur des Arabes à Poitiers, en 732.Sa victoire contre les arabo-musulmans à Poitiers, en 732, est à peu près tout ce qui reste de Charles Martel dans la mémoire collective, qui le considère avant tout comme le " marteau des Sarrasins ". L'enjeu de cette fameuse bataille connaît d'ailleurs un regain d'intérêt dans le contexte actuel, et fait l'objet de vifs débats : simple escarmouche, ou choc des civilisations qui a sauvé l'Europe de l'islamisation ? Cependant, Charles Martel ne se réduit pas à cette seule date, aussi célèbre soit-elle. Grand-père de Charlemagne, il assure la transition entre la dynastie moribonde des Mérovingiens et celle des Carolingiens. Guerrier avant tout, il est devenu, par ses nombreuses victoires, mais aussi par sa collaboration avec les missionnaires et par son entente avec le pape, le prince le plus puissant de son époque, le sauveur de l'unité du monde franc, et le rempart de la chrétienté. Maître d'un immense territoire, tout en restant simplement " maire du palais ", il prépare l'accession au trône de son fils Pépin le Bref. Si Charles Martel reste pourtant mal connu, en raison du caractère lacunaire et laconique des chroniques de cette époque, de nombreux documents, privés et publics, sur la société franque permettent de lever en partie le voile sur cet étonnant personnage, et de mieux comprendre l'homme et son oeuvre.

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    Une analyse en perspective de la première véritable " guerre totale ".De Crécy à Azincourt, du Prince Noir à Jeanne d'Arc, la première guerre européenne (1337-1453) fut aussi une guerre totale, qui a bouleversé les sociétés anglaise et française, favorisé l'émergence des deux nations et profondément marqué les mentalités.

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    Charlemagne

    Georges Minois

    A l'égal d'Alexandre, de César ou de Napoléon, Charlemagne fait partie de ces géants de l'histoire qui ont laissé dans la mémoire collective une empreinte indélébile largement constituée de légendes. Pour y remédier, l'auteur, mobilisant toutes les sources disponibles, a entrepris de rendre chair et esprit au souverain carolingien dans les différents aspects de son existence et de son action.
    Au-delà du portrait nuancé d'une personnalité exceptionnelle, ce sont quarante-cinq ans d'un règne aux dimensions inégalées depuis l'Empire romain qui sont ici reconstitués dans ses multiples développements. Loin de tout esprit hagiographique et écrit avec l'humour, la distance et la précision caractéristiques de Georges Minois, cet ouvrage s'adresse autant à l'historien qu'à l'amateur.
    " Claire, vivante, sa biographie fait le tour de l'empereur et de son temps. " Valeurs Actuelles

  • L'enfer a terrorisé des générations de croyants. Même si c'est dans le christianisme que l'imaginaire infernal a été le système le plus durable et le plus organisé, il existe dans toutes les civilisations. Miroir de nos hontes, de nos remords et du mal partout répandu, ses métamorphoses sont aussi vieilles que l'humanité. Et il y a fort à parier qu'elles dureront autant qu'elle...

  • Le professeur (Abélard), la femme (Héloïse) et le moine (saint Bernard de Clairvaux) : les destins croisés de trois personnages emblématiques du moyen Age.Le professeur, la femme et le moine : les destins croisés de ces trois personnages emblématiques illustrent les conflits socioculturels qui, au xiie siècle, secouent les bases de la civilisation médiévale.
    Le professeur, Abélard, arrogant et séducteur avant d'être castré, est le premier véritable intellectuel à la mode. Admiré par ses étudiants, il entreprend de rationaliser la foi et d'en dissiper les mystères par la dialectique, dans le but de comprendre pour mieux croire.
    La femme, Héloïse, ardente et cultivée, vouant un véritable culte spirituel et charnel à son professeur et amant, revendique le droit à un amour libéré des chaînes du mariage. Reléguée de force au couvent, elle y rumine ses rêves érotiques et son sentiment de culpabilité tout en se comportant en pieuse abbesse.
    Le moine, futur saint Bernard, un ascète devenu la plus haute autorité morale et doctrinale de son époque, défend une foi rigoureuse, fondée exclusivement sur l'Écriture, hostile à toute intrusion de la raison et des passions humaines, et au nom de laquelle il fait condamner Abélard et surveiller Héloïse.
    La liaison du couple est trop souvent réduite à une simple histoire d'amour, et on oublie l'intrusion du moine, dont l'ombre plane sur cette époque tandis qu'il veille à étouffer l'émergence, au sein de la religion médiévale, des exigences subversives de la raison et de la passion charnelle. Georges Minois restitue ici toute sa force dramatique à l'histoire de ce trio devenu mythique.

  • L'histoire d'une légende vivante Richard Coeur de Lion, né en 1153, fut le moins anglais des rois d'Angleterre, où il ne résida que six mois, régnant sur d'immenses territoires allant de l'Ecosse aux Pyrénées, et qu'il passa sa vie à défendre. Fils préféré de sa mère, Aliénor d'Aquitaine, il est le souverain le plus admiré et le plus redouté de son temps, incarnation des valeurs et des excès de la chevalerie médiévale. Eduqué au milieu des troubadours aquitains, il est capable de faire des vers, mais c'est à la guerre qu'il forge sa réputation. Guerre contre son père, Henri II Plantagenêt, contre son frère, Jean sans Terre, contre le roi de France, Philippe Auguste, contre les barons poitevins. Et surtout guerre sainte, contre Saladin, au cours de l'épopée de la troisième croisade (1190-1194), lors de laquelle il se révèle un stratège hors pair. Terreur des musulmans, dont il gagne le respect, il est trahi par les souverains chrétiens, qui jalousent ses exploits. Retenu prisonnier en Autriche, puis libéré contre rançon, il bat Philippe Auguste, édifie en deux ans Château-Gaillard (1196-1198), avant d'être tué au siège de Châlus, en Limousin, par un trait d'arbalète, en 1199. Inhumé à Fontevraud, cette figure de proue du Moyen Age reste dans la mémoire collective comme l'invincible paladin, dont Walter Scott fera un héros romantique, alors qu'il l'était si peu.

  • Une femme de pouvoir au destin exceptionnel. " Blanche de Castille, mère de Saint Louis " : telle est l'image très réductrice que la mémoire collective a retenue de cette reine du xiiie siècle, dont la célébrité ne tiendrait qu'à celle de son fils. C'est oublier qu'elle a été une femme de pouvoir au destin exceptionnel, à l'instar de sa grand-mère, Aliénor d'Aquitaine.
    Née en 1188, fille du roi Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre, mariée à douze ans au prince capétien Louis, elle fait son éducation politique à la cour de son redoutable beau-père, Philippe Auguste. Devenue reine en 1223, mère de douze enfants, veuve à trente-huit ans au décès de son époux Louis VIII, elle devient régente du royaume au nom de son jeune fils, Louis IX. Confrontée aux révoltes des barons, qui acceptent mal d'être gouvernés par une femme, par une étrangère, " l'Espagnole ", comme on la désigne alors, fait preuve de qualités politiques inattendues, subtil mélange d'autorité et de souplesse, qui lui valent l'admiration des chroniqueurs. Éducatrice puis inspiratrice de la politique de Saint Louis, qui lui confie la direction du royaume pendant la septième croisade, elle conserve une place particulière jusqu'à sa mort en 1252, avant de figurer au panthéon des femmes de pouvoir du roman national.
    Georges Minois a publié de nombreux livres réputés chez Perrin, notamment Charlemagne
    , Philippe le Bel
    , Charles le Téméraire
    et une Histoire du Moyen Age
    .

  • Histoire de l'atheisme

    Georges Minois

    • Fayard
    • 23 Septembre 1998

    Dieu est mort au XIXe siècle, dit-on. Mais dès, le IV siècle avant notre ère, Théodore l'Athée proclamait qu'il n'existait pas. L'athéisme est aussi vieux que la pensée humaine. Depuis les origines de l'humanité, il est l'une des grandes façons de voir le monde, un monde où l'homme est seul face à lui-même et à la nature aux règles immuables. L'histoire de l'athéisme n'est donc pas le simple négatif de l'histoire des croyances religieuses : c'est celle de tous les hommes - sceptiques, libres-penseurs, libertins, déistes, agnostiques, matérialistes - qui ont cherché à donner un sens à leur vie en dehors de toute foi religieuse.
    A l'instar des religions, l'athéisme est pluriel : au fil des siècles, il a pris des formes différentes, successives et simultanées, parfois antagonistes :
    Athéisme de révolte contre l'existence du mal, contre les interdits moraux ou contre la limitation de la liberté humaine : athéisme spéculatif dans les périodes de crise de valeurs ; athéisme confiant de Hegel et de Marx ; athéisme volontaire de Nietzsche ; athéisme de notre époque où la frontière entre croyants et incroyants semble de plus en plus floue.

    Georges Minois, professeur d'histoire et historien des mentalités religieuses, a écrit de nombreux ouvrages sur la culture occidentale. Il est l'auteur, entre autres, de L'Eglise et la science, histoire d'un malentendu (2 tomes), L'Eglise et la guerre, Histoire du suicide.

  • La Cabale des dévots est l'expression qui désigne la lutte menée par la Société secrète du Saint-Sacrement, organisation clandestine de catholiques intransigeants, pour faire interdire le Tartuffe, comédie de Molière jugée blasphématoire. Obsédée par le secret, elle mène des actions charitables aussi bien que des opérations d'espionnage, de délation, de pressions diverses, qui font d'elle un véritable lobby au sens moderne du terme. L'histoire de cet épisode est replacée dans son contexte de luttes politico-religieuses, qui n'est pas sans évoquer des problèmes actuels.Le livre retrace plus largement la tentative du parti dévot pour imposer à la société française du XVIIe siècle un ordre moral austère, en contrôlant tous les aspects de la vie publique et de la vie privée.

    /> Normalien, agrégé et docteur en histoire et docteur ès-lettres, Georges Minois est l'auteur d'une oeuvre qui comporte une soixantaine de titres. Parmi les plus récents: Histoire de la célébrité (Perrin, 2012) ; Histoire de la solitude et des solitaires (Fayard, 2013) ; Philippe le Bel (Perrin, 2014) ; Charles le Téméraire (Perrin, 2015) ; Histoire du Moyen Âge (Perrin, 2016) ; Richard Coeur de Lion (Perrin, 2017).Plusieurs de ces ouvrages sont traduits, au total en 22 langues.

  • Ce 19 septembre 1356, aux environs de Poitiers, les 12 000 Français du roi Jean II le Bon affrontent 8 000 Anglo-Gaxons sous les ordres du prince de Galles, fils d'Édouard III d'Angleterre, surnommé le « Prince Noir ». S'en suivent cinq heures de mêlée furieuse et de charges folles des chevaliers français qui sont décimés par les archers anglais et contraints à une fuite éperdue. Surtout, véritable désastre, le roi de France est fait prisonnier.  Au soir de la bataille, près de la moitié de l'armée française a été anéantie : 2 500 hommes ont été tués, 3 000 ont été faits prisonniers. Vainqueurs, les Anglais ont à déplorer des pertes bien moindres. Dix ans après Crécy (1346), qui a révélé la terrible efficacité des archers anglais, Poitiers, c'est déjà la routine de la défaite.  Pourtant, la bataille de Poitiers est plus qu'une simple péripétie de la guerre de Cent Ans, cet interminable conflit ouvert en 1337 et qui va durer jusqu'en 1453. Elle vient conclure une course poursuite haletante d'un mois entre le roi de France et le Prince Noir en août-septembre 1356. Elle marque aussi un tournant dans la guerre de Cent Ans. À la suite de la capture de Jean le Bon, le royaume se trouve dirigé par le dauphin, tout juste âgé de dix-huit ans. Le pays est alors déchiré entre les ambitions du roi de Navarre Charles le Mauvais et la démagogie d'Étienne Marcel, le prévôt des marchands, écrasé d'impôts pour acquitter le montant de la gigantesque rançon exigée par les Anglais et confronté à une terrible jacquerie. Ultime conséquence de la bataille de Poitiers : le traité de Brétigny en 1360 ampute le pays du quart de son territoire.

  • Les relations entre l'Église et la médecine furent longtemps conflictuelles. Au Moyen Age, l'impuissance de la médecine face aux maladies garantissait la suprématie du prêtre : la vie humaine, disait-il, est misérable, le corps me 'prisable, la mort inéluctable, et la douleur une bénédiction du ciel. Cette conception est progressivement remise en cause à partir de la Renaissance. Avec les avancées de la chirurgie et de la dissection, les médecins émettent des doutes sur l'existence d'un au-delà` et sur la conception dualiste de l'homme, corps et âme : l'homme ne serait-il pas un produit de la nature, une pure machine ? Au nom de ces idées, de nombreux médecins se révoltent contre la tutelle des prêtres, et deviennent, avec le courant scientiste qui apparait au XIXe siècle, le fer de lance de l'athéisme. Avec la vague bioéthique, le prêtre est récemment revenu dans le débat, autour de problèmes inédits - procréation artificielle, euthanasie, clones thérapeutiques, manipulations génétiques. La religion, qui a perdu le combat scientifique, entend gagner le combat moral. Mais sa morale, basée sur des écrits deux fois millénaires, est-elle encore adaptée aux réalités du XXIe siècle ?

  • La fin du rêve bourguignon. Ascension et chute du dernier grand féodal.

    Charles le Téméraire est une des figures les plus fascinantes du Moyen Age, mais son image brille d'un éclat crépusculaire. Cet homme intelligent, cultivé, organisateur hors pair, débordant d'énergie et d'une capacité de travail étonnante - un chroniqueur le surnomme " Charles le Travaillant " -, est en même temps un personnage inquiétant.
    Duc de Bourgogne, il règne sur une étonnante collection de territoires allant de la Hollande au sud du Jura, dont il rêve de faire un royaume indépendant entre la France et le Saint Empire. Redouté par tous les souverains, il est l'homme qui a fait trembler Louis XI à Péronne, qui a défié l'empereur et placé Edouard IV sur le trône d'Angleterre. Mais son ambition démesurée lui fait perdre le sens des réalités. De son propre aveu, il préfère être craint que méprisé. Il règne par la peur et est capable des pires atrocités, comme la destruction de Liège. Obstiné, trop sûr de lui, le Téméraire méprise ses adversaires et subit deux terribles défaites contre les Suisses avant de périr misérablement dans la neige, à moitié dévoré par les loups, devant Nancy, en 1477. Destin tragique et fin sinistre d'un prince austère, mélancolique et impitoyable, son épitaphe pourrait être : " Charles le Téméraire, celui qui, à force de tout vouloir, a tout perdu. "

  • Chaque société a les vieillards qu'elle mérite: l'histoire antique et médiévale le démontre amplement. Chaque société sécrète un modèle d'homme idéal, et c'est de ce modèle que dépend l'image de la vieillesse, sa dévaluation ou sa mise en valeur. La Grèce classique, tournée vers la beauté et la force, relègue les vieux à une place subalterne. Au Moyen Age, le vieillard joue son rôle tant qu'il peut tenir le goupillon, l'épée, la bêche ou le livre de comptes. La seule limite est l'incapacité physique. En fait, il n'y a pas de troisième âge:
    Il y a la vie et la mort. A partir du XIVe siècle, le poids des vieux s'accroît dans la société et entraîne un regain de critique contre les vieillards. La satire des mariages entre des hommes âgés et des jeunes femmes revient à la mode, comme elle l'était à l'âge de Plaute. Quant à la Renaissance, elle renoue avec les idéaux des Gréco-Romains. Ronsard recommande de cueillir " les roses de la vie ", mais dans le même temps, les vieillards actifs n'ont jamais été aussi nombreux: l'amiral Doria, septuagénaire, lutte contre l'octogénaire Barberousse, Michel Ange atteint 89 ans et Le Titien, 99...

    L'ambiguïté fondamentale de l'attitude envers la vieillesse se retrouve cependant tout au long des siècles, car si le vieillard se plaint de son grand âge, il en tire gloire et cherche à prolonger ses jours. La fontaine de jouvence n'a-t-elle pas toujours été le plus fol espoir de l'homme occidental?

    Né en 1946, agrégé, docteur en Histoire et docteur ès Lettres, Georges Minois est spécialisé dans l'histoire des mentalités religieuses du Moyen Age et de l'Ancien Régime. Il a consacré sa thèse d'Etat à la réforme catholique en Basse-Bretagne. Il enseigne actuellement à Saint-Brieuc.

  • La solitude est un des paradoxes majeurs de notre monde d´hyper-communication : elle fait peur, au point d´être déclarée « grande cause nationale » en France en 2011, et en même temps elle fascine, comme en témoigne la recherche d´exploits solitaires et d´isolement, de retraites volontaires hors d´un monde surpeuplé. On la fuit et on la désire à la fois. Cette ambivalence prend aujourd´hui une dimension nouvelle : l´opposition entre grégarité et individualisme, convivialité et isolement, est accrue par le rôle des nouvelles technologies de communication et des réseaux sociaux. Mais ce phénomène n´est que l´aboutissement d´une longue histoire qui débute dans l´Antiquité, où les intellectuels avaient déjà posé les termes de l´alternative : l´homme animal social et l´amoureux des charmes bucoliques. « Il n´est pas bon que l´homme soit seul », dit la Bible, et pourtant le judéo-christianisme exalte la vie solitaire des ermites et des moines ; à l´époque classique, les « solitaires » de Port-Royal et les « promeneurs » rousseauistes s´opposent aux « honnêtes hommes » des salons ; au XIXe siècle, les romantiques exaltent le solitude et fuient les villes ; les « solos » du XXIe siècle vantent les avantages de leur indépendance, tandis que la solitude des plus âgés est perçue comme un fléau. Solitude physique et psychologique, solitude subie et volontaire, elle est simultanément refuge et malédiction. C´est l´histoire de ce grand paradoxe de la condition humaine que retrace ce livre.

  • Henri viii

    Georges Minois

    • Fayard
    • 6 Avril 1989

    Un roi qui eut six femmes et qui en fit décapiter deux: le cas est unique dans les monarchies occidentales. Mais le fait dépasse ici de loin l'anecdote, car les affaires matrimoniales du " Barbe-Bleue d'Hampton Court " sont à la source des réformes religieuses et politiques sur lesquelles vit encore l'Angleterre actuelle.

    " C'est un vieux renard " disait de lui l'ambassadeur du roi de France; " Seigneur Henri veut être Dieu et fait tout ce qui lui plaît ", renchérissait Luther. Ces jugements lapidaires cernent bien le personnage. Henri VIII fut un despote dans un pays qui n'accepta jamais l'absolutisme; il fut un pape pour des sujets qui rejetèrent toujours l'autorité de Rome.

    Dans une Angleterre en pleine mutation, qui sort de la guerre des Deux-Roses, Henri sut utiliser à ses fins le Parlement. En s'appuyant sur les représentants des classes moyennes, il jeta les bases d'une réforme religieuse, la réforme " henricienne ", dont sa fille Elisabeth allait faire l'anglicanisme. A l'extérieur, il mena une subtile politique de balance entre Charles Quint et François Ier, ses émules en matière de duplicité. Magnifiquement secondé par Wolsey puis Thomas Cromwell, il fut un prince de la Renaissance, véritable " père de la Royal Navy ", et le fondateur d'une bureaucratie efficace.

    L'homme qu'Holbein immortalisa était redoutable. Dans tous les domaines éclatait sa passion de dominer. L'exécution était pour lui une méthode de gouvernement. Sous son règne, la Tour de Londres vit sauter bien des têtes.
    Celles de Thomas More et d'Anne Boleyn ne sont que les plus illustres.

    Henri VIII, auteur d'un traité de théologie, jouteur impénitent, fondateur d'une religion, amateur de guerres et de fêtes, confiscateur des biens des monastères, est beaucoup plus que le roi aux six femmes.

    Georges Minois, agrégé d'histoire, docteur en histoire et docteur ès-lettres, est membre du GRECO n° 2 du CNRS et professeur à Saint-Brieuc. Il est l'auteur d'ouvrages d'histoire sociale et religieuse, dont l'Histoire de la vieillesse et le Confesseur du roi (Fayard).

  • L'enfer est aussi vieux que le monde, ou plutt que la conscience du mal. De
    l'pope sumrienne de Gilgamesh Huis-Clos, l'homme n'a cess d'imaginer ce
    que peut tre ce lieu infernal, en quoi consiste les souffrances qu'on y
    endure. Hros, potes, moines visionnaires ont multipli les descentes aux
    enfers et en ont ramen des descriptions horribles qui traduisent chacune les
    fantasmes de leur poque.

    Lieu de survie sans chtiments, lieu de punition ternelle, lieu abstrait, leur
    diversit constitue l'un des volets de la longue histoire de l'humanit.

    La question de l'enfer dpasse de trs loin le dogme chrtien puisqu'il est
    quasi absent de l'enseignement de Jsus. L'enfer chrtien est cependant le plus
    durable, le plus complet des imaginaires infernaux. C'est sous la pression
    populaire que l'glise fixe peu peu sa doctrine officielle. Le Moyen ge
    connat un dlire d'inventions macabres, de supplices infernaux dont Dante nous
    offre la vision la plus illustre. L'enfer populaire apparat alors souvent
    comme la satisfaction, dans un rve collectif, d'un dsir de vengeance. Les
    thologiens du Grand Sicle vont rationnaliser cet enfer avec un rare
    raffinement. L'enfer devient une arme de dissuasion pour les prdicateurs qui
    voient en lui la preuve de l'existence d'une justice divine immuable. La fin du
    XIXe sicle marque l'apoge de l'enfer comme construction intellectuelle.

    Mais cet enfer, mticuleusement rgl, ne terrorise plus les fidles depuis
    longtemps. L'enfer traditionnel, qui sanctionnait l'individu mchant, a
    disparu. L'enfer se situe dsormais sur terre, prenant la couleur de la
    conscience moderne.


  • Le rire est une vertu que Dieu a donnée aux hommes pour les consoler d'être intelligents, disait Marcel Pagnol. Une vertu qui a plus de deux mille ans, comme en témoignent les recueils d'histoires drôles dont Grecs et Romains étaient déjà friands. Mais peut-on rire de tout ? Oui, affirme Démocrite, dont le rire désabusé a des accents étonnement modernes. Oui, dit aussi Cicéron qui répertorie mille façons de faire rire. Non, proclament en revanche les pères de l'Eglise, car le rire est un phénomène diabolique, une insulte à la création divine, une manifestation d'orgueil. Leurs arguments ne sont cependant guère entendus au Moyen Age :les rois s'entourent de fous, les hommes jouent à se moquer les uns des autres lors des charivaris, et l'humour, qui n'est encore que parodie, se glisse même dans les sermons des prédicateurs.
    Avec Rabelais apparaît une autre façon de rire, un rire ambigu qui ébranle toutes les certitudes et se prolonge au-delà de la Renaissance, tour à tour picaresque, grotesque, burlesque. La monarchie absolue veut faire rentrer les rieurs dans le rang. Mais peut-on domestiquer le rire ? Déguisé en humour acide, il ronge peu à peu les fondements du pouvoir et de la société. C'est tout naturellement qu'au XIXe siècle il trouve son terrain de prédilection dans la satire politique, tandis que les philosophes dissèquent ses vertus, parfois pour les déplorer, et que Baudelaire recherche le "comique absolu". L'ironie devient un mode de relation entre l'homme et le monde. Elle protège contre l'angoisse et l'exprime en même temps. "Je ris avec le vieux machiniste Destin", écrit Victor Hugo qui fixe en des formules immortelles l'ambiguïté du rire. Avec les Zutistes, Fumistes et autres J'menfoutistes, le XIXe siècle s'achève sur une apothéose du rire insensé. Le monde désormais va tout tourner en dérision, ses dieux comme ses démons.

    Georges Minois, professeur d'histoire et historien des mentalités religieuses, est l'auteur de nombreuses synthèses sur le culture occidentale. Il est en particulier l'auteur de l'Histoire de l'athéisme.

  • Philippe le Bel

    Georges Minois

    Philippe le Bel (1268-1314) a été une énigme pour ses contemporains comme pour les historiens. Car l'homme reste caché derrière l'oeuvre du règne, une oeuvre propre à enflammer les imaginations romantiques à la lueur crépusculaire du bûcher des Templiers, des sinistres drames familiaux de ses trois fils, de la lutte sans merci contre un pape mégalomane, Boniface VIII. " Roi de fer " pour les uns, édifiant de façon impitoyable un Etat bureaucratique moderne sur les ruines de la monarchie féodale ; roi de chair pour les autres, dissimulant derrière son masque de sphinx et son impassibilité de statue un esprit faible et indécis, dominé par ses légistes, Flote, Nogaret, Marigny : il semble à jamais indéchiffrable.
    La réputation de Philippe le Bel a été ternie par la constante comparaison avec la figure idéalisée de son grand-père Saint Louis, dont le règne a fait figure d'âge d'or avec le recul. C'est que vers 1300 commence un véritable âge de fer : c'est la fin du " beau Moyen Âge " et l'entrée dans un siècle de catastrophes, avec les premières famines, les prémices de la guerre de Cent Ans, et bientôt les épidémies.Conjuguant réformes intérieures ambitieuses et accroissement du domaine royal, le monarque sut répondre à ces défis et poser les jalons d'une monarchie forte et centralisée.

  • Présente l'histoire intérieure et extérieure des îles Britanniques au XVIIIe siècle, période de la mise en place du parlementarisme et début de la conquête coloniale, en présentant le panorama de la civilisation de l'Angleterre de 1714 à 1815.

  • Anne de bretagne

    Georges Minois

    • Fayard
    • 7 Avril 1999

    D'Anne de Bretagne, on ne retient souvent qu'un cliché régionaliste, celui de la petite duchesse qui, par ses mariages successifs avec Charles VIII puis Louis XII, a été la cause du rattachement de la Bretagne à la France.
    L'histoire personnelle d'Anne dépasse largement ce cadre politico-sentimental.
    Duchesse à onze ans, reine à quinze ans, mère à seize ans, veuve à vingt et un ans, elle se remarie l'année suivante et s'éteint à trente-sept ans après avoir vu mourir sept de ses neuf enfants. Pendant sa courte vie, elle a connu plus d'échecs que de succès, plus de tristesse que de joie. Mais si elle n'a pas changé le cours de l'histoire, elle a affronté son destin avec un courage certain.C'est à travers les mentalités et les crises de son époque que Georges Minois nous fait redécouvrir cette femme dure, autoritaire, égocentrique, qui, à l'aube de la Renaissance, a su utiliser les écrivains et son duché pour les mettre au service de sa passion, frustrée, du pouvoir. Tempérament énergique, fidèle aux valeurs médiévales, elle ne ressemble guère à l'image de la " bonne duchesse en sabots " forgée par ses biographes romantiques.

  • Quel est le responsable des malheurs qui accablent l'humanité ? Après bien des hésitations, les premiers pères de l'Eglise sont allés chercher l'explication dans le vieux mythe biblique d'Adam et Eve. Les évêques du concile de Trente en ont fait un dogme, affirmant que la faute du premier homme a corrompu la nature humaine. Dès lors, la doctrine du péché originel a façonné la morale chrétienne et, plus largement, l'image de l'homme. Théologiens et moralistes y ont trouvé argument pour condamner la sexualité, mais aussi pour affirmer la supériorité de l'homme sur la femme et le caractère inéluctable de la souffrance, ou pour justifier l'injustice de l'ordre social. Le mythe de la faute primordiale a succombé au rationalisme des Lumières, mais il resurgit régulièrement sous d'autres formes. Depuis deux siècles, les sciences humaines s'efforcent de relativiser le bien et le mal. Toutefois l'homme se libère difficilement du sentiment de sa faute, et s'il ne se sent plus responsable de la faute commise par Adam, il commence à culpabiliser pour le futur. La biogénétique est-elle le nouvel arbre de la connaissance du bien et du mal ? C'est en mangeant la pomme qu'Adam s'est affirmé en tant qu'homme, c'est-à-dire en tant qu'être indépendant et libre. Croyant ou non, tout être humain passe sa vie à se heurter à ses limites. En ce sens, le mythe d'Adam gardera probablement longtemps sa valeur.

    Georges Minois, professeur d'histoire, est l'auteur de nombreux ouvrages de synthèse sur la culture occidentale. On lui doit en particulier une Histoire de l'athéisme (Fayard, 1998) et une Histoire du rire et de la dérision (Fayard, 2000).

  • «?Il y a plusieurs façons de ne croire en aucun dieu. On peut  douter de tous, juger que la question de leur existence est  indécidable, ou encore affirmer leur inexistence. Cela définit trois positions différentes : le scepticisme, l´agnosticisme, l´athéisme. Ce qui les rapproche?? De n´être pas religieuses. À la question "?Croyez-vous en Dieu???", les partisans de l´un ou l´autre de ces trois courants peuvent en effet, en toute rigueur, apporter la même réponse : "?Non.?" C´est ce qui justifie que Georges Minois ait pu les rassembler dans un même et remarquable dictionnaire : tous sont des mécréants, si l´on entend par là, conformément à l´usage, quelqu´un qui ne croit pas en Dieu.  L´athéisme n´est pas une doctrine. On serait bien en peine  de trouver une seule thèse positive qui soit commune à tous ses partisans, ou même à la plupart d´entre eux. C´est qu´ils ne  s´accordent que sur ce qu´ils refusent. Ils n´ont en commun qu´une seule thèse, purement négative, que leur nom résume (athéos : "?sans Dieu?") et qui suffit à les définir : ils pensent que Dieu, ou les dieux, n´existent pas. Pourquoi?? Comment?? Avec quels arguments?? Contre quels adversaires?? C´est ce que ce monumental dictionnaire?-?d´autant plus impressionnant qu´il est l´oeuvre d´un seul auteur?-?permet d´explorer. C´est un travail considérable, qui vient à son heure. Il était urgent, face à ce qu´on appelle parfois le "?retour du religieux?" et qui prend trop souvent la forme d´une montée des fanatismes, de faire entendre d´autres voix, qui sont de liberté, de lucidité, de révolte et d´incroyance.?»  André Comte-Sponville   Georges Minois, né en 1946, historien français spécialiste notamment d´histoire religieuse, est l´auteur de l´Histoire du mal de vivre. De la mélancolie à la dépression (La Martinière, 2003), Les Origines du mal. Une histoire du péché originel (Fayard, 2002), Histoire de l´athéisme. Les incroyants dans le monde occidental des origines à nos jours (Fayard, 1998), Histoire de l'avenir. Des prophètes à la prospective (Fayard, 1996), Censure et culture sous l'Ancien Régime (Fayard, 1995), L'Église et la Science. Histoire d'un malentendu (2 vol., Fayard, 1990-1991)... Il a publié en 2009 chez Albin Michel une étude sur Le Traité des trois imposteurs : histoire d´un livre blasphématoire qui n´existait pas.

  • La dynastie des Stuarts (1603-1714) marque les débuts de l'Angleterre moderne. C'est à cette époque que se mettent en place les traits qui vont en faire un modèle pour l'Europe jusqu'au début du XXe siècle, du point de vue politique, économique et même culturel.

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