• Les relations entre l'Église et la médecine furent longtemps conflictuelles. Au Moyen Age, l'impuissance de la médecine face aux maladies garantissait la suprématie du prêtre : la vie humaine, disait-il, est misérable, le corps me 'prisable, la mort inéluctable, et la douleur une bénédiction du ciel. Cette conception est progressivement remise en cause à partir de la Renaissance. Avec les avancées de la chirurgie et de la dissection, les médecins émettent des doutes sur l'existence d'un au-delà` et sur la conception dualiste de l'homme, corps et âme : l'homme ne serait-il pas un produit de la nature, une pure machine ? Au nom de ces idées, de nombreux médecins se révoltent contre la tutelle des prêtres, et deviennent, avec le courant scientiste qui apparait au XIXe siècle, le fer de lance de l'athéisme. Avec la vague bioéthique, le prêtre est récemment revenu dans le débat, autour de problèmes inédits - procréation artificielle, euthanasie, clones thérapeutiques, manipulations génétiques. La religion, qui a perdu le combat scientifique, entend gagner le combat moral. Mais sa morale, basée sur des écrits deux fois millénaires, est-elle encore adaptée aux réalités du XXIe siècle ?

  • Histoire de l'atheisme

    Georges Minois

    • Fayard
    • 23 Septembre 1998

    Dieu est mort au XIXe siècle, dit-on. Mais dès, le IV siècle avant notre ère, Théodore l'Athée proclamait qu'il n'existait pas. L'athéisme est aussi vieux que la pensée humaine. Depuis les origines de l'humanité, il est l'une des grandes façons de voir le monde, un monde où l'homme est seul face à lui-même et à la nature aux règles immuables. L'histoire de l'athéisme n'est donc pas le simple négatif de l'histoire des croyances religieuses : c'est celle de tous les hommes - sceptiques, libres-penseurs, libertins, déistes, agnostiques, matérialistes - qui ont cherché à donner un sens à leur vie en dehors de toute foi religieuse.
    A l'instar des religions, l'athéisme est pluriel : au fil des siècles, il a pris des formes différentes, successives et simultanées, parfois antagonistes :
    Athéisme de révolte contre l'existence du mal, contre les interdits moraux ou contre la limitation de la liberté humaine : athéisme spéculatif dans les périodes de crise de valeurs ; athéisme confiant de Hegel et de Marx ; athéisme volontaire de Nietzsche ; athéisme de notre époque où la frontière entre croyants et incroyants semble de plus en plus floue.

    Georges Minois, professeur d'histoire et historien des mentalités religieuses, a écrit de nombreux ouvrages sur la culture occidentale. Il est l'auteur, entre autres, de L'Eglise et la science, histoire d'un malentendu (2 tomes), L'Eglise et la guerre, Histoire du suicide.

  • Chaque société a les vieillards qu'elle mérite: l'histoire antique et médiévale le démontre amplement. Chaque société sécrète un modèle d'homme idéal, et c'est de ce modèle que dépend l'image de la vieillesse, sa dévaluation ou sa mise en valeur. La Grèce classique, tournée vers la beauté et la force, relègue les vieux à une place subalterne. Au Moyen Age, le vieillard joue son rôle tant qu'il peut tenir le goupillon, l'épée, la bêche ou le livre de comptes. La seule limite est l'incapacité physique. En fait, il n'y a pas de troisième âge:
    Il y a la vie et la mort. A partir du XIVe siècle, le poids des vieux s'accroît dans la société et entraîne un regain de critique contre les vieillards. La satire des mariages entre des hommes âgés et des jeunes femmes revient à la mode, comme elle l'était à l'âge de Plaute. Quant à la Renaissance, elle renoue avec les idéaux des Gréco-Romains. Ronsard recommande de cueillir " les roses de la vie ", mais dans le même temps, les vieillards actifs n'ont jamais été aussi nombreux: l'amiral Doria, septuagénaire, lutte contre l'octogénaire Barberousse, Michel Ange atteint 89 ans et Le Titien, 99...

    L'ambiguïté fondamentale de l'attitude envers la vieillesse se retrouve cependant tout au long des siècles, car si le vieillard se plaint de son grand âge, il en tire gloire et cherche à prolonger ses jours. La fontaine de jouvence n'a-t-elle pas toujours été le plus fol espoir de l'homme occidental?

    Né en 1946, agrégé, docteur en Histoire et docteur ès Lettres, Georges Minois est spécialisé dans l'histoire des mentalités religieuses du Moyen Age et de l'Ancien Régime. Il a consacré sa thèse d'Etat à la réforme catholique en Basse-Bretagne. Il enseigne actuellement à Saint-Brieuc.

  • L'enfer est aussi vieux que le monde, ou plutt que la conscience du mal. De
    l'pope sumrienne de Gilgamesh Huis-Clos, l'homme n'a cess d'imaginer ce
    que peut tre ce lieu infernal, en quoi consiste les souffrances qu'on y
    endure. Hros, potes, moines visionnaires ont multipli les descentes aux
    enfers et en ont ramen des descriptions horribles qui traduisent chacune les
    fantasmes de leur poque.

    Lieu de survie sans chtiments, lieu de punition ternelle, lieu abstrait, leur
    diversit constitue l'un des volets de la longue histoire de l'humanit.

    La question de l'enfer dpasse de trs loin le dogme chrtien puisqu'il est
    quasi absent de l'enseignement de Jsus. L'enfer chrtien est cependant le plus
    durable, le plus complet des imaginaires infernaux. C'est sous la pression
    populaire que l'glise fixe peu peu sa doctrine officielle. Le Moyen ge
    connat un dlire d'inventions macabres, de supplices infernaux dont Dante nous
    offre la vision la plus illustre. L'enfer populaire apparat alors souvent
    comme la satisfaction, dans un rve collectif, d'un dsir de vengeance. Les
    thologiens du Grand Sicle vont rationnaliser cet enfer avec un rare
    raffinement. L'enfer devient une arme de dissuasion pour les prdicateurs qui
    voient en lui la preuve de l'existence d'une justice divine immuable. La fin du
    XIXe sicle marque l'apoge de l'enfer comme construction intellectuelle.

    Mais cet enfer, mticuleusement rgl, ne terrorise plus les fidles depuis
    longtemps. L'enfer traditionnel, qui sanctionnait l'individu mchant, a
    disparu. L'enfer se situe dsormais sur terre, prenant la couleur de la
    conscience moderne.


  • La solitude est un des paradoxes majeurs de notre monde d´hyper-communication : elle fait peur, au point d´être déclarée « grande cause nationale » en France en 2011, et en même temps elle fascine, comme en témoigne la recherche d´exploits solitaires et d´isolement, de retraites volontaires hors d´un monde surpeuplé. On la fuit et on la désire à la fois. Cette ambivalence prend aujourd´hui une dimension nouvelle : l´opposition entre grégarité et individualisme, convivialité et isolement, est accrue par le rôle des nouvelles technologies de communication et des réseaux sociaux. Mais ce phénomène n´est que l´aboutissement d´une longue histoire qui débute dans l´Antiquité, où les intellectuels avaient déjà posé les termes de l´alternative : l´homme animal social et l´amoureux des charmes bucoliques. « Il n´est pas bon que l´homme soit seul », dit la Bible, et pourtant le judéo-christianisme exalte la vie solitaire des ermites et des moines ; à l´époque classique, les « solitaires » de Port-Royal et les « promeneurs » rousseauistes s´opposent aux « honnêtes hommes » des salons ; au XIXe siècle, les romantiques exaltent le solitude et fuient les villes ; les « solos » du XXIe siècle vantent les avantages de leur indépendance, tandis que la solitude des plus âgés est perçue comme un fléau. Solitude physique et psychologique, solitude subie et volontaire, elle est simultanément refuge et malédiction. C´est l´histoire de ce grand paradoxe de la condition humaine que retrace ce livre.

  • Henri viii

    Georges Minois

    • Fayard
    • 6 Avril 1989

    Un roi qui eut six femmes et qui en fit décapiter deux: le cas est unique dans les monarchies occidentales. Mais le fait dépasse ici de loin l'anecdote, car les affaires matrimoniales du " Barbe-Bleue d'Hampton Court " sont à la source des réformes religieuses et politiques sur lesquelles vit encore l'Angleterre actuelle.

    " C'est un vieux renard " disait de lui l'ambassadeur du roi de France; " Seigneur Henri veut être Dieu et fait tout ce qui lui plaît ", renchérissait Luther. Ces jugements lapidaires cernent bien le personnage. Henri VIII fut un despote dans un pays qui n'accepta jamais l'absolutisme; il fut un pape pour des sujets qui rejetèrent toujours l'autorité de Rome.

    Dans une Angleterre en pleine mutation, qui sort de la guerre des Deux-Roses, Henri sut utiliser à ses fins le Parlement. En s'appuyant sur les représentants des classes moyennes, il jeta les bases d'une réforme religieuse, la réforme " henricienne ", dont sa fille Elisabeth allait faire l'anglicanisme. A l'extérieur, il mena une subtile politique de balance entre Charles Quint et François Ier, ses émules en matière de duplicité. Magnifiquement secondé par Wolsey puis Thomas Cromwell, il fut un prince de la Renaissance, véritable " père de la Royal Navy ", et le fondateur d'une bureaucratie efficace.

    L'homme qu'Holbein immortalisa était redoutable. Dans tous les domaines éclatait sa passion de dominer. L'exécution était pour lui une méthode de gouvernement. Sous son règne, la Tour de Londres vit sauter bien des têtes.
    Celles de Thomas More et d'Anne Boleyn ne sont que les plus illustres.

    Henri VIII, auteur d'un traité de théologie, jouteur impénitent, fondateur d'une religion, amateur de guerres et de fêtes, confiscateur des biens des monastères, est beaucoup plus que le roi aux six femmes.

    Georges Minois, agrégé d'histoire, docteur en histoire et docteur ès-lettres, est membre du GRECO n° 2 du CNRS et professeur à Saint-Brieuc. Il est l'auteur d'ouvrages d'histoire sociale et religieuse, dont l'Histoire de la vieillesse et le Confesseur du roi (Fayard).

  • "Le pape hait et craint les savants qui ne lui sont pas soumis par leur voeu." Cette pensée de Pascal, écrite peu après la condamnation de Galilée, exprime le déchirement d'un intellectuel chrétien désemparé par la rupture entre l'Eglise de son époque et la science moderne.
    Comment en est-on arrivé là?
    Après une longue période de méfiance due à l'origine païenne de la science, à partir de saint Augustin, l'Eglise finit par adopter la science comme auxiliaire de la théologie. En fait, la science recouvre alors un système du monde imposé par les théologiens. Les quelques tentatives de science indépendante (Jean Scot Erigène, l'école de Chartres) ne survivent pas aux censures. De même, les grands visionnaires des XVe et XVIe siècles, un moment tolérés, sont victimes de la réaction post-tridentine. Seules les mathématiques, contenant en elles-mêmes leurs principes, continuent leur chemin en dehors de tout soupçon. C'est pourtant par elles que va venir le scandale.
    Puisque c'est sur elles que s'appuient Copernic et la science mécaniste pour dire que la terre tourne.
    L'attitude de l'Eglise à l'égard de la science est aujourd'hui encore l'objet de nombreuses controverses. Depuis saint Paul, entre les deux voies d'accès à la vérité, la révélation et la science, l'entente fut maintes fois affirmée, jamais réalisée. Ce premier volume, qui nous conduit jusqu'au XVIIe siècle, retrace cet aspect essentiel de l'histoire des idées : comment l'Eglise a-t- elle accueilli la science?

    Georges Minois, agrégé d'histoire, docteur en histoire et docteur ès-Lettres, est membre du Centre international de recherches et d'études transdisciplinaires (CIRET). Spécialisé dans l'histoire sociale et des mentalités religieuses, il est l'auteur chez Fayard de plusieurs ouvrages largement traduits, tels que Histoire de la vieillesse, Le Confesseur du roi, Histoire des enfers, L'Eglise et la guerre et un second volume surL'Eglise et la science (De Galilée à Jean-Paul II).

  • Anne de bretagne

    Georges Minois

    • Fayard
    • 7 Avril 1999

    D'Anne de Bretagne, on ne retient souvent qu'un cliché régionaliste, celui de la petite duchesse qui, par ses mariages successifs avec Charles VIII puis Louis XII, a été la cause du rattachement de la Bretagne à la France.
    L'histoire personnelle d'Anne dépasse largement ce cadre politico-sentimental.
    Duchesse à onze ans, reine à quinze ans, mère à seize ans, veuve à vingt et un ans, elle se remarie l'année suivante et s'éteint à trente-sept ans après avoir vu mourir sept de ses neuf enfants. Pendant sa courte vie, elle a connu plus d'échecs que de succès, plus de tristesse que de joie. Mais si elle n'a pas changé le cours de l'histoire, elle a affronté son destin avec un courage certain.C'est à travers les mentalités et les crises de son époque que Georges Minois nous fait redécouvrir cette femme dure, autoritaire, égocentrique, qui, à l'aube de la Renaissance, a su utiliser les écrivains et son duché pour les mettre au service de sa passion, frustrée, du pouvoir. Tempérament énergique, fidèle aux valeurs médiévales, elle ne ressemble guère à l'image de la " bonne duchesse en sabots " forgée par ses biographes romantiques.

  • Le rire est une vertu que Dieu a donnée aux hommes pour les consoler d'être intelligents, disait Marcel Pagnol. Une vertu qui a plus de deux mille ans, comme en témoignent les recueils d'histoires drôles dont Grecs et Romains étaient déjà friands. Mais peut-on rire de tout ? Oui, affirme Démocrite, dont le rire désabusé a des accents étonnement modernes. Oui, dit aussi Cicéron qui répertorie mille façons de faire rire. Non, proclament en revanche les pères de l'Eglise, car le rire est un phénomène diabolique, une insulte à la création divine, une manifestation d'orgueil. Leurs arguments ne sont cependant guère entendus au Moyen Age :les rois s'entourent de fous, les hommes jouent à se moquer les uns des autres lors des charivaris, et l'humour, qui n'est encore que parodie, se glisse même dans les sermons des prédicateurs.
    Avec Rabelais apparaît une autre façon de rire, un rire ambigu qui ébranle toutes les certitudes et se prolonge au-delà de la Renaissance, tour à tour picaresque, grotesque, burlesque. La monarchie absolue veut faire rentrer les rieurs dans le rang. Mais peut-on domestiquer le rire ? Déguisé en humour acide, il ronge peu à peu les fondements du pouvoir et de la société. C'est tout naturellement qu'au XIXe siècle il trouve son terrain de prédilection dans la satire politique, tandis que les philosophes dissèquent ses vertus, parfois pour les déplorer, et que Baudelaire recherche le "comique absolu". L'ironie devient un mode de relation entre l'homme et le monde. Elle protège contre l'angoisse et l'exprime en même temps. "Je ris avec le vieux machiniste Destin", écrit Victor Hugo qui fixe en des formules immortelles l'ambiguïté du rire. Avec les Zutistes, Fumistes et autres J'menfoutistes, le XIXe siècle s'achève sur une apothéose du rire insensé. Le monde désormais va tout tourner en dérision, ses dieux comme ses démons.

    Georges Minois, professeur d'histoire et historien des mentalités religieuses, est l'auteur de nombreuses synthèses sur le culture occidentale. Il est en particulier l'auteur de l'Histoire de l'athéisme.

  • Quel est le responsable des malheurs qui accablent l'humanité ? Après bien des hésitations, les premiers pères de l'Eglise sont allés chercher l'explication dans le vieux mythe biblique d'Adam et Eve. Les évêques du concile de Trente en ont fait un dogme, affirmant que la faute du premier homme a corrompu la nature humaine. Dès lors, la doctrine du péché originel a façonné la morale chrétienne et, plus largement, l'image de l'homme. Théologiens et moralistes y ont trouvé argument pour condamner la sexualité, mais aussi pour affirmer la supériorité de l'homme sur la femme et le caractère inéluctable de la souffrance, ou pour justifier l'injustice de l'ordre social. Le mythe de la faute primordiale a succombé au rationalisme des Lumières, mais il resurgit régulièrement sous d'autres formes. Depuis deux siècles, les sciences humaines s'efforcent de relativiser le bien et le mal. Toutefois l'homme se libère difficilement du sentiment de sa faute, et s'il ne se sent plus responsable de la faute commise par Adam, il commence à culpabiliser pour le futur. La biogénétique est-elle le nouvel arbre de la connaissance du bien et du mal ? C'est en mangeant la pomme qu'Adam s'est affirmé en tant qu'homme, c'est-à-dire en tant qu'être indépendant et libre. Croyant ou non, tout être humain passe sa vie à se heurter à ses limites. En ce sens, le mythe d'Adam gardera probablement longtemps sa valeur.

    Georges Minois, professeur d'histoire, est l'auteur de nombreux ouvrages de synthèse sur la culture occidentale. On lui doit en particulier une Histoire de l'athéisme (Fayard, 1998) et une Histoire du rire et de la dérision (Fayard, 2000).

  • «?Il y a plusieurs façons de ne croire en aucun dieu. On peut  douter de tous, juger que la question de leur existence est  indécidable, ou encore affirmer leur inexistence. Cela définit trois positions différentes : le scepticisme, l´agnosticisme, l´athéisme. Ce qui les rapproche?? De n´être pas religieuses. À la question "?Croyez-vous en Dieu???", les partisans de l´un ou l´autre de ces trois courants peuvent en effet, en toute rigueur, apporter la même réponse : "?Non.?" C´est ce qui justifie que Georges Minois ait pu les rassembler dans un même et remarquable dictionnaire : tous sont des mécréants, si l´on entend par là, conformément à l´usage, quelqu´un qui ne croit pas en Dieu.  L´athéisme n´est pas une doctrine. On serait bien en peine  de trouver une seule thèse positive qui soit commune à tous ses partisans, ou même à la plupart d´entre eux. C´est qu´ils ne  s´accordent que sur ce qu´ils refusent. Ils n´ont en commun qu´une seule thèse, purement négative, que leur nom résume (athéos : "?sans Dieu?") et qui suffit à les définir : ils pensent que Dieu, ou les dieux, n´existent pas. Pourquoi?? Comment?? Avec quels arguments?? Contre quels adversaires?? C´est ce que ce monumental dictionnaire?-?d´autant plus impressionnant qu´il est l´oeuvre d´un seul auteur?-?permet d´explorer. C´est un travail considérable, qui vient à son heure. Il était urgent, face à ce qu´on appelle parfois le "?retour du religieux?" et qui prend trop souvent la forme d´une montée des fanatismes, de faire entendre d´autres voix, qui sont de liberté, de lucidité, de révolte et d´incroyance.?»  André Comte-Sponville   Georges Minois, né en 1946, historien français spécialiste notamment d´histoire religieuse, est l´auteur de l´Histoire du mal de vivre. De la mélancolie à la dépression (La Martinière, 2003), Les Origines du mal. Une histoire du péché originel (Fayard, 2002), Histoire de l´athéisme. Les incroyants dans le monde occidental des origines à nos jours (Fayard, 1998), Histoire de l'avenir. Des prophètes à la prospective (Fayard, 1996), Censure et culture sous l'Ancien Régime (Fayard, 1995), L'Église et la Science. Histoire d'un malentendu (2 vol., Fayard, 1990-1991)... Il a publié en 2009 chez Albin Michel une étude sur Le Traité des trois imposteurs : histoire d´un livre blasphématoire qui n´existait pas.

  • Eminence grise ou donneur d'absolution? Agent des persécutions religieuses ou simplement confident, ami intime? De Clovis à Louis XVI, quel est le rôle du confesseur du roi, cet ecclésiastique invisible et omniprésent, qui connaît les pensées les plus intimes du souverain, ses forces et ses faiblesses, ses combats intérieurs?

    Les Mérovingiens et les Carolingiens, monarques encore barbares et souvent peu instruits, acceptent d'être guidés par le clergé. C'est l'époque de la pénitence publique, la plus célèbre étant celle de Louis le Pieux. La politique et la religion sont alors intimement mêlées. La monarchie féodale institutionnalise la fonction tandis que se développe la "chapelle royale".
    Pendant un siècle et demi, le confesseur sera un dominicain. S'il est parfois suspecté de partialité au profit de son ordre, son entente avec le roi est souvent parfaite, comme en témoignent les relations de Geoffroy de Beaulieu et de Saint Louis.

    A l'époque des grands conflits religieux, une légende noire entoure les confesseurs des rois, et cette mauvaise réputation s'accroît à partir du XVIIe siècle, lorsque les jésuites monopolisent la charge: de la persécution des templiers à la destruction de Port-Royal, de la bigoterie de Henri III à la révocation de l'édit de Nantes, on croit voir planer leur ombre inquiétante. En réalité, ils sont presque toujours des éléments modérateurs, ainsi le célèbre père de La Chaize qui, contrairement à l'opinion courante, s'efforça de tempérer la politique religieuse de Louis XIV.

    En fait, la logique de la monarchie absolue aboutissait à rendre caduque la direction de conscience. A partir de Richelieu, le confesseur ne s'occupe plus de politique; il est désormais cantonné dans les affaires de la piété royale.
    Qu'il ne s'avise pas de s'élever contre les injustices sociales, qu'il n'aille pas affirmer que la guerre est opposée aux principes de l'Evangile. Pour ainsi dire muselé, il apparaît comme un "gadget" de la dévotion royale. Mme de Montespan ne parlait-elle pas de "La Chaize de commodité"?

    Né en 1946, docteur en Histoire et docteur ès Lettres, Georges Minois est spécialisé dans l'histoire des mentalités religieuses du Moyen Age et de l'Ancien Régime. Il est l'auteur de l'Histoire de la Vieillesse, de l'Antiquité à la Renaissance, Fayard, 1987.

  • La science moderne est née dans le premier tiers du XVIIe siècle. Galilée, qui en fut le principal initiateur, revendiquait l'autonomie de la science pour déchiffrer le livre de la nature. Sa condamnation, en 1633, par le tribunal du Saint-Office, est donc le point de départ du grand malentendu entre l'Eglise et la science. Le fantôme de Galilée va hanter la conscience catholique pendant trois siècles et demi: ce n'est qu'en 1982 que Jean-Paul II exprime les regrets de l'Eglise à propos de l'"affaire".
    Trois siècles et demi pendant lesquels l'Eglise perd peu à peu tout contrôle sur l'évolution des sciences car elle refuse de s'adapter aux nouvelles théories. Après avoir censuré les mouvements de la Terre, elle condamne la physique mécaniste de Descartes, l'atomisme, le darwinisme, les premiers résultats de la géologie et de la préhistoire qui contredisent la chronologie biblique et le déluge universel. La condamnation du modernisme, en 1907, marque l'apogée de l'immobilisme de l'Eglise.
    Au début du XXe siècle, le dialogue reprend timidement. Pie XII affirme sa sympathie pour les savants. Mais des obstacles subsistent, surtout à propos de l'origine de l'homme. Les vieilles méthodes n'ont pas disparu, comme l'illustre l'affaire Teilhard de Chardin.
    Aujourd'hui les progrès de la génétique et de la procréation artificielle renouvellent le débat. La mécanique quantique et le modèle inflatoire du big bang rapprochent les points de vue religieux et scientifiques. La visite de Jean-Paul II au CERN montre que les conditions d'une reprise du dialogue semblent réunies. Sommes-nous à la veille d'une deuxième grande synthèse ?
    L'histoire nous enseigne ici la prudence.

    Georges Minois, agrégé d'histoire, docteur en histoire et docteur ès lettres, est l'auteur de plusieurs ouvrages d'histoire sociale et religieuse, dont, chez Fayard, Histoire de la vieillesseetLe Confesseur du roi, ainsi que d'unHenri VIII.

  • Du guesclin

    Georges Minois

    • Fayard
    • 1 Septembre 1993

    Du Guesclin est l'une des figures les plus attachantes de la guerre médiévale.
    Prodigieusement laid et doué d'une force peu commune, il se distingue très tôt comme un redoutable combattant.

    La guerre de Succession de Bretagne et la guerre de Cent Ans vont fournir à ce petit noble breton des conditions idéales pour exercer ses talents de chevalier: pendant quarante ans, il chevauche et guerroie de Cherbourg à Séville et de Brest à Tarascon. Simple chef de partisans dans la forêt de Brocéliande, il connaît ensuite une ascension sociale spectaculaire, qui fait de lui un connétable de France, le familier des princes et des rois, l'ennemi personnel du Prince Noir et de Charles le Mauvais. Loyal, habile et courageux, mais aussi brutal et impitoyable, le connétable n'a qu'une passion: la guerre.

    Le rôle de Du Guesclin dans l'histoire militaire tient à sa capacité d'innover, d'inventer des ruses, de s'adapter aux circonstances pour surprendre l'ennemi.
    Il sait concilier les exigences de la guerre chevaleresque et le réalisme de la guerre de mercenaires. Cet infatigable soldat débarrasse ainsi la France des grandes compagnies, place Henri de Transtamare sur le trône de Castille, chasse les Anglais de France. Mais sa fidélité indéfectible envers Charles V le met dans une situation difficile face à ses compatriotes bretons, et c'est en Lozère qu'il mène ses derniers combats, plutôt que de guerroyer contre les siens.

    Agrégé d'histoire et docteur d'Etat, Georges Minois a consacré ses deux thèses à l'histoire bretonne et a publié une cinquantaine d'articles et plusieurs ouvrages sur la Bretagne, l'Eglise et la guerre au Moyen Age. Historien des mentalités, il est aussi l'auteur de synthèses d'histoire sociale et religieuse.

  • L'identité bretonne existe-t-elle encore en cette fin de XXe siècle? La Bretagne a-t-elle un avenir dans l'Europe unie qu'elle souhaite? La réponse à ces questions se trouve en grande partie dans le passé. Un passé que ce livre interroge à la lumière des préoccupations actuelles et des recherches les plus récentes. C'est pourquoi cette histoire de la Bretagne se dit " nouvelle ".

    Nouvelle par les perspectives. Loin d'être le cul-de-sac et le conservatoire d'archaïsmes trop souvent présentés, la Bretagne a été, depuis les temps préhistoriques, un lieu de passage, un carrefour, une porte de l'Europe.
    Largement ouverte sur la mer comme sur le continent, elle a subi des influences variées, accueilli des populations diverses qui ont fait la richesse de sa culture et préparé l'esprit européen.

    Nouvelle par les matériaux utilisés _ études universitaires et travaux érudits _ dont beaucoup restent manuscrits ou d'accès difficile. La vision de l'histoire bretonne en sort modifiée. Le vieux fonds celtique, sans cesse renouvelé et dynamisé par les influences extérieures, a façonné une population alliant conservatisme et audace.

    Devant la vague déferlante de l'uniformisation, il peut être salutaire de relire, hors des idéalisations et des rêves collectifs, ce que fut la dure réalité d'une histoire mouvementée.

    Georges Minois est professeur agrégé d'histoire à Saint-Brienc. Docteur d'Etat et membre de l'Institut culturel de Bretagne, il est spécialiste de l'histoire des mentalités, à laquelle il a consacré de nombreux ouvrages. Il travaille aussi depuis plus de vingt ans sur l'histoire de la Bretagne, sujet de ses deux thèses, de plusieurs livres et d'une cinquantaine d'articles.

  • La mort volontaire a presque toujours été l'objet de la réprobation sociale. Le Moyen Age l'assimilait au plus abominable des crimes, la considérant comme une insulte à Dieu, et réservait une macabre exécution à ceux qui se suicidaient.

    Au fil des siècles, la question de la liberté de chacun sur sa propre vie a pourtant resurgi chaque fois que les valeurs traditionnelles étaient remises en cause: de Montaigne à Bacon, les humanistes vivent une première révolution culturelle et s'interrogent prudemment sur l'interdit chrétien. La célèbre interrogation d'Hamlet (1600) traduit le malaise lié à la naissance de la modernité. Sous l'effet des crises de la conscience européenne, le débat s'amplifie et la question est bientôt posée publiquement. " Ce n'est pas aux gens aimables de se tuer ", affirme Voltaire, tandis que se multiplient les traités qui tentent de comprendre les causes du suicide.

    La Révolution dépénalise le suicide mais sans l'approuver: le citoyen doit conserver sa vie pour la patrie. Le XIXe et le XXe siècle ne se montreront guère plus ouverts, et le silence de l'Etat et l'Eglise contribueront à faire du " meurtre de soi-même " l'un des derniers sujets tabous de notre époque.

    Georges Minois, agrégé et docteur en histoire, docteur d'Etat, est membre du Centre international de recherches et d'études transdisciplinaires (CIRET).
    Historien des mentalités religieuses, il a publié de nombreuses études dans ce domaine.

  • Depuis la préhistoire, l'homme n'a cessé de vouloir connaître le futur et d'inventer des stratagèmes pour tenter de le maîtriser. N'était-ce pas déjà pour assurer la chasse du lendemain que nos lointains ancêtres représentaient des bisons percés de flèches sur les murs des cavernes ?

    Des procédés de divination inventés par les peuples de l'Antiquité aux méthodes " scientifiques " mises au point par les prospectivistes de notre fin de siècle, les moyens de prédire l'avenir ne se ressemblent guère. Mais chaque époque a eu le besoin de faire des rêves d'avenir, pour le meilleur et pour le pire: il y a eu les faux prophètes du Moyen Age, le astrologues de la cour de la Renaissance, ou encore les diseuses de bonne aventure du Grand Siècle. Et les philosophes des Lumières ont tenté, à leur manière, de percer les grandes lignes du futur. Sans réussir à tuer l'irrationnel: magnétisme, somnambulisme et autres formes de spiritisme ont connu un succès croisant au XIXe siècle, tandis que surgissaient de nouveaux prophètes annonçant un monde meilleur.

    Oracles, prophéties, prédictions, utopies, toutes les anticipations que les hommes ont élaborées au fil des siècles ne se sont guère réalisées, mais elles sont les reflets de leurs espoirs et de leurs craintes. L'homme de 1900 se croyait à l'aube d'un siècle radieux. Celui de l'an 2000 n'y croit plus guère et, si les futuristes ne prétendent plus faire " métier de prophète ", astrologues et voyants continuent à rassurer, à défaut de prédire l'avenir.

    Georges Minois est professeur d'histoire et membre du Centre international de recherches et d'études transdisciplinaires. Il a publié de nombreuses études sur l'histoire des mentalités religieuses.

  • Comment une religion fondée sur l'amour du prochain a-t-elle pu intégrer la guerre dans sa vision du monde? Depuis ses origines, l'Église catholique a répondu avec plus ou moins de bonheur à cette difficile coexistence.
    Privilégiant d'abord le combat spirituel et la " paix de Dieu ", elle s'est laissé entraîner dans l'aventure de la guerre sainte au temps de la chrétienté médiévale, puis dans celle de la " guerre juste " au temps des monarchies et des nations. L'ambiguïté de cette position éclata en 1914-1918, quand les clergés, rivalisant de zèle guerrier nationaliste, restèrent sourds aux appels du pape. Les tueries de la Première Guerre mondiale firent réagir les théologiens, mais la prise de conscience fut lente.

    L'âge atomique, qui est aussi celui du déchaînement des nationalités, pose à l'Eglise un nouveau défi. Son discours est cependant loin d'être unanime: si Jean-Paul II, au lendemain de la guerre du Golfe, neuf siècles après l'appel d'Urbain II à la croisade, a proclamé qu'il ne peut y avoir de guerre sainte, le Catéchisme de l'Eglise catholique continue à réaffirmer le principe de la guerre juste.

    Georges Minois est historien des mentalités religieuses et des rapports entre la pensée chrétienne, la culture et les pouvoirs, thèmes qu'il a traités dans de nombreux ouvrages comme l'Eglise et la science (2 vol.), Le Confesseur du roi, Histoire des Enfers, avant d'aborder le sujet de la guerre dans un Du Guesclin.

  • Voilà environ 2700 ans, Hésiode, évoquant un passé déjà lointain où l´humanité connaissait le bonheur, appelait cette époque " l´âge d´or ". Ce vieux mythe est l´équivalent séculier du paradis terrestre. Mais alors que celui-ci est définitivement perdu par décret divin, rien n´interdit à l´homme de rebâtir l´âge d´or, c´est-à-dire de rechercher le bonheur ici-bas, ou plutôt de le poursuivre. Car c´est bien d´une poursuite perpétuelle qu´il s´agit, alternant l´exaltation et le découragement, les pauses et les reprises, les erreurs et les repentirs.
    C´est l´histoire de cette poursuite du bonheur, jamais achevée, jamais abandonnée, que retrace ce livre. Chaque époque, en effet, a conçu l´âge d´or à sa façon, avec ses prophètes, ses spécialistes et ses charlatans, depuis le bonheur individuel du sage antique, épicurien ou stoïcien, jusqu´aux plans de bonheur collectif des idéologies du xxe siècle, en passant par les utopies de la Renaissance.
    Mais chaque fois que l´homme a cru l´atteindre, en soi-même ou au bout du monde, l´âge d´or s´est dérobé, et la poursuite a repris. Pour l´homme d´aujourd´hui, qui vit dans un âge de fer impitoyable et traverse une crise profonde, l´âge d´or est plus que jamais un mythe qui fait rêver, et les marchands de bonheur prolifèrent. Mais tous les chemins praticables semblent avoir été explorés.
    Reste la voie vertigineuse ouverte par la génétique. Pour atteindre l´âge d´or, faudra-t-il changer l´homme ?

    Agrégé et docteur en histoire, Georges Minois s´est fait connaître comme un inlassable découvreur des sentiments, des idées et des comportements collectifs en Occident. Parmi de nombreux ouvrages, il est ainsi l´auteur de Histoire des enfers (1991), Histoire du suicide (1995), Histoire du rire et de la dérision (2000), Les Origines du mal : histoire du péché originel (2002), Le Traité des trois imposteurs (2009).

  • "Liberté!, que de crimes on commet en ton nom!" De Richard II, discrètement assassiné au fond d'un donjon en 1400, à Henri IV, la liste est longue des rois et des princes victimes de complots ou de meurtres isolés. Le poignard sanctionne le souverain qui n'est pas à la hauteur de sa mission, et tous les puissants redoutent le poison, arme invisible et donc plus dangereuse que l'épée. Pour justifier leur geste, les criminels invoquent l'exemple de Brutus, tandis que les théologiens, reprenant la question posée par saint Thomas d'Aquin, n'hésitent pas à légitimer le meurtre du tyran sous certaines conditions. Et c'est avec la bénédiction du pape que Machiavel, témoin des conjurations sans fin auxquelles se livrent les Borgia, se fait le théoricien du meurtre en politique.

    Le fanatisme des guerres de religion ne peut qu'encourager les tyrannicides.
    Les supplices horribles promis aux régicides ne les dissuadent pas d'accomplir ce qu'ils croient être la volonté divine. Ce n'est pas seulement en France que les attentats se multiplient, mais dans tous les pays. La mort d'Henri IV provoque cependant un tel choc dans l'opinion que le pape et les jésuites doivent condamner la doctrine du tyrannicide, désormais assimilé à un crime pur et simple.

    Le Siècle des lumières se donne l'illusion d'avoir éliminé ce vestige des temps barbares, selon la définition de Voltaire, et le geste de Damiens choque toute l'Europe civilisée. L'exécution de Louis XVI marque l'aboutissement extrême de la théorie du tyrannicide traditionnel selon laquelle tout sujet peut briser "le sceptre qui l'opprime". L'explosion de la machine infernale de la rue Saint-Nicaise, premier attentat à grand spectacle, préfigure une autre forme de violence, celle des attentats terroristes modernes.

    Georges Minois est professeur d'histoire et membre du Centre international de recherches et d'études transdisciplinaires. Il a publié de nombreuses études sur l'histoire des mentalités religieuses.

  • " Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur. " Les célèbres mots de Figaro, qui fondent la liberté de la presse, sont l'aboutissement de trois siècles de débats, dont cet ouvrage retrace les grandes étapes.

    De la création de l'Index romain au système de la permission tacite, la liberté d'expression a en effet une longue histoire. Elle commence dans la seconde moitié du XVe siècle lorsque se multiplient les voix contestataires de l'ordre établi. Mais les pouvoirs des censeurs - Sorbonne, Parlement, Conseil du roi, Assemblée du clergé - ont souvent des objectifs différents et leur rivalité favorise en fait un certain pluralisme de la pensée.

    Dans la France d'Ancien Régime, le contrôle culturel a une autre dimension:
    C'est la formation des esprits, par l'éducation, la prédication, la lecture, la propagande. L'Etat s'intéresse avant tout à la formation des élites et néglige la culture populaire, dont seule s'occupe l'Eglise. Paradoxalement, le pouvoir royal, en s'affirmant, a affaibli la censure en même temps qu'il a accru le fossé culturel entre une élite, de plus en plus ralliée aux vues profanes et terrestres de l'Etat, et des couches populaires entretenues dans des espoirs eschatologiques par l'Eglise.

    Georges Minois, agrégé et docteur en Histoire, docteur d'Etat, est membre du Centre international de recherches et études transdisciplinaires (CIRET).
    Historien des mentalités religieuses et des rapports Eglise-pouvoirs, il a publié de nombreuses études dans ce domaine, en particulier, chez Fayard, Le Confesseur du roi, L'Eglise et la science, l'Eglise et la guerre, Histoire des enfers.

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