• En écrivant Les Belles Infidèles il y a plus de soixante ans, Georges Mounin a voulu proposer, selon ses propres termes, « une défense et illustration de l'art de traduire ». II a su réaliser son projet avec une rigueur de démonstration peu commune, une documentation historique exemplaire et, par-dessus tout, une vision magistrale de la traduction. Non seulement cette vision envisage tous les aspects fondamentaux de la traduction, mais elle réussit à faire converger différents points de vue vers la solution des problèmes: celui du philologue, de l'historien et du linguiste, comme celui des traducteurs eux-memes et celui des théoriciens de la traduction. « Il ne s'agit pas de démontrer que la traduction soit facile, ni toujours à tout coup possible et parfaite du premier coup. Ce serait déjà beau d'avoir combattu cette maladie qui paralyse les traducteurs eux-mémes avant d'avoir commnencé leur tâche : la conviction séculaire qu'ils entreprennent une tâche théoriquement impossible », écrivait l'auteur. Cet ouvrage constitue une réédition d'un grand classique de la traductologie.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • En 1976, au moment de toutes les réflexions et de tous les débats sur la rénovation de l'enseignement de la langue française, il s'agit moins en linguistique de se recycler (tout le monde l'a fait peu ou prou) que de voir clair dans la masse de théories, de méthodes, de procédures, de techniques dont on ne voit pas toujours le pourquoi. Il s'agit donc d'appliquer de manière adéquate à la langue française ce qu'on sait en général et de manière abstraite. Ici le fil conducteur est la vieille idée très solide des grammairiens : la notion de fonction, car les structures - celles qui sont pertinentes - ne sont là que pour manifester des fonctions. On a donc essayé de jeter le pont nécessaire entre la grammaire traditionnelle - qui était fort loin d'être un tissu d'erreurs - et une linguistique à jour certes, mais toujours soucieuse de coller à la réalité du fonctionnement véritable de la langue.

  • La littérature, et les théories actuelles sur la littérature, dénoncent souvent notre type de société gouvernée par les technocrates, et dominée par les technologies de toutes sortes. Mais les écrivains vivent, tous, dans un bain d'idéologie nourrie du culte des modèles technologiques et technocratiques. À leur insu, ils sont donc profondément conditionnés. En réduisant la littérature à ses techniques - formalisme, structuralismes superficiels en tous genres, ils ne sentent pas qu'ils sont indélébilement d'époque. La fabrication des formes, qui est un moyen, ils l'érigent en fin. Ils oublient que la littérature vise à créer des objets qui produisent en nous des émotions. Le poète, dit René Char, a plus besoin d'être échauffé que d'être instruit. C'est vrai pour le lecteur aussi.

  • Avez-vous lu Char ? C'est la question qui domine la correspondance entretenue, de 1943 à 1988, entre le poète et son critique, Georges Mounin (de son vrai nom Louis Leboucher, 1910-1993). Question qui figure en couverture du célèbre essai que ce dernier lui consacre dès 1946 aux Éditions Gallimard, texte fondateur et représentatif de la reconnaissance exceptionnelle dont l'oeuvre de Char fait l'objet à la Libération.
    Le poète et le professeur se sont connus en 1938 à L'Isle-sur-Sorgue, où le jeune Leboucher, militant communiste, est nommé instituteur. Leur antinazisme puis le dégoût de Vichy les unissent. Ce n'est qu'en 1943 que s'ouvre leur conversation critique. Leboucher se décrit lui-même comme le ' correspondant inactuel ' de son ami poète, situant leur échange à l'écart des événements auxquels ils sont pourtant tous deux personnellement mêlés. Ce qu'est la poésie pour Char, les lettres de 1943 à 1947 l'expriment avec force, dans une quête commune de la vérité du langage poétique. René Char ne se substitue pas au travail patient d'élucidation que mène le professeur, mais il lui ouvre grand son atelier et le renseigne sur son ambition d'écrivain. Il apprécie et consacre la lucidité de son interlocuteur, ' lecteur toujours enchanté, toujours accordé '. Seule ombre au tableau : le communisme stalinien de Mounin, qui, dans le climat de l'après-guerre, devient insupportable à Char. À la belle complicité des débuts se substitue un dialogue de sourds, où se mêlent défiance et malentendus... jusqu'à la rupture, non sans retour, de 1957.
    Le critique se voit relégué par Char au rang des doctrinaires : grave déviance aux yeux du poète qui défend avant toute chose l'autonomie de la poésie créatrice à l'égard de toutes fins morales ou pratiques.
    La littérature, l'histoire et la vie des hommes sont au coeur de ce dialogue exigeant, dont les enjeux ne sont pas accessoires.

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