• La lettre, lieu d'échange et de dialogue, traditionnellement définie depuis Cicéron comme une « conversation entre amis séparés », peut également offrir un espace privilégié à l'expression des antagonismes - malentendus, différends, âpres controverses. Croiser la notion d'épistolaire avec celle de conflit et de polémique amène alors à repenser avec une acuité particulière la signification de la lettre. Un premier aspect important concerne l'attitude de l'épistolier, son degré d'implication et l'image de soi qu'il cherche à construire (ethos) : si en cas d'affrontement direct la violence verbale est généralement évitée, quand le destinataire est seulement pris à témoin la lettre donne volontiers cours au langage des passions (indignation, moqueries), aux procédés de dévalorisation de l'adversaire ou tout au moins à l'ironie. Mais c'est aussi la fonction et la portée de la lettre qui est en jeu, qu'il s'agisse de clarifier sa pensée devant l'autre, de diffuser un débat, d'exacerber les tensions ou au contraire d'oeuvrer à l'apaisement. Telles sont les questions examinées à travers les trente contributions de ce volume, qui traitent de conflits personnels entre correspondants, de luttes politiques, de controverses religieuses et théologiques, de confrontations d'idées (philosophie et rhétorique), d'affrontements autour de la médecine, et enfin de rivalités entre érudits et de polémiques littéraires.

  • Patricia Gavoille commence son roman par la fin de Jeanne au mouroir dans lequel elle fait face à un cancer, soulignant la lucidité de ce personnage principal. Pas d´hommage, pas de compassion, l´auteur ne fera « rien » pour Jeanne ni pour les autres comme s´ils devaient se débrouiller seuls, se battre chacun sans espoir de médailles ni d´honneur. C´est toute la beauté de ce texte, de ces lignes que Patricia esquisse simplement, tracé qu´elle ne saurait imposer ni à Jeanne, ni à son entourage, mari, fils, soignants. Libre cours à la force et à la faiblesse qui se rejoignent sur cette route, pour eux souvent inconnue et hostile. Tous avancent maladroits, presque méfiants comme des enfants le premier jour de l´école. Là, Jeanne apprend à mourir comme peut-être elle avait appris à vivre et l´entourage apprend à « être ». Pas de place pour les « a-t-on été ? », « qu´a-t-on vécu ? ». Patricia met l´art d´écrire au service des âmes. Les personnages ne sont pas des héros... Encore que... Chacun d´entre eux appelle, réclame si fort qu´il apprivoise « le sourire aux larmes » grâce au talent unique de leur auteur qui s´est comme acharnée à les perdre, les semer. Un ouvrage tragique d´une rare beauté. Un roman d´émotions... d´une force rare. « Il m´a semblé qu´on dit le même genre de sottise aux petits-enfants qu´on amène pour la première fois à l´école maternelle, leur paire de chaussons sous le bras ; la maîtresse se colle un sourire en travers de la figure et dit : Tu peux les poser là, en dessous de ton portemanteau. Et le petit, le coeur étreint, hésite à se défaire de ses précieux chaussons pour les poser « là ». Parce que « là », ce n´est pas un lieu, c´est nulle part. Nulle part ! »

  • Marketing RH

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    • Dunod
    • 27 Septembre 2017

    Au moment où la guerre des talents fait rage, les entreprises doivent impérativement se démarquer par une politique RH attractive afin d'attirer les candidats et fidéliser les collaborateurs. C'est le positionnement des RH sur le marché du travail que l'on nomme "Marketing RH". Développé dans les années 80, le concept s'est approprié les techniques du marketing  : séduire les futurs collaborateurs en externe, les fidéliser en interne. Les RH disposent d'un vrai marketing-mix (4P)  : Produit (prestations RH, formation, intégration...)  ; Prix (coût de la prestation)  ; Politique de distribution (services RH, management...)  ; Publicité/Communication (recrutement, politique RH...). À l'heure de la digitalisation et de la remise en question des managers, le marketing RH permet aux organisations de résoudre des problématiques stratégiques et managériales à long terme en renforçant leur marque employeur et en fournissant des outils adaptés aux salariés, face à l'intensité de la concurrence et la mondialisation.


  • Vic cherche de vieilles photos au grenier, tombe sur d'anciennes lettres de sa grand-mère Victorine destinées à son amie Amédine. Jamais envoyées. En compagnie d'Amédine, Vic découvre la vie, le calvaire de Victorine : elle attendait la guerre, une autre guerre, celle qui devait la libérer.
    Et Lucien, son époux est mobilisé en août 1914. Il est soldat dans l'âme, guerrier implacable... il revient honoré.
    Vic et Amédine comprennent alors bouleversées de quel côté traîne l'horreur et de quel côté bouge le diable déplaçant l'enfer.
    Avec Patricia Gavoille, l'auteur de cet ouvrage, c'est le talent qui oeuvre partout... Les émotions se nichent dans les moindres recoins. Le temps d'une virgule, un sourire essuie une larme, parce c'est beau le bien écrit.
    Et bien menée l'histoire et bien posée la question : comment une jeune femme peut-elle prier en 1914 pour « que la guerre vienne ! »
    On apprend le pourquoi de cette prière grâce à sa petite-fille et Mamie Amédine.
    Patricia Gavoille, l'auteur de « L'arbre dehors » précédent chef-d'oeuvre, incorrigible rebelle, ne peut s'empêcher de nous bousculer, mélanger les damnés et les victimes, raconter les oiseaux, les fleurs, la mort, les tranchées. Incorrigible romantique, nous faire pleurer, vibrer, batailler et... mais cela le désire-t-elle vraiment : pardonner ?
    On l'ignore mais c'est toujours l'inévitable issue que ses personnages veulent éclairer... incorrigible humaniste !

  • Un soir de novembre 1758, un certain Baptiste arrive chez son ancien ami Jean-Jacques, humble tisserand de la ville.
    Celui-ci vit un amour secret avec sa voisine Jeanne-Catherine, veuve depuis peu, qui subit régulièrement les affronts violents des habitants. Pourtant elle sera la seule femme parvenue à obtenir la confiance de Bigeol le maître tisserand qui n'hésitera pas à lui confier un métier.
    Que vient chercher Baptiste en demandant asile, envoyé précisément là par Voltaire en personne ? Et qui est Micard, le lieutenant de corporation, dont l'épouse vit cachée aux yeux du monde ?
    Habile, Patricia Gavoille nous lie coeur battant à ses personnages dès le premier tome de cette trilogie sur fond de querelles religieuses en plein siècle des Lumières.
    « Ecrivain talentueux, Patricia nous a conquis depuis longtemps, mais elle fait partie de ceux qui cherchent
    à toujours faire mieux. »

    L'auteur

    Originaire de l'est de la France, Patricia Gavoille cultive depuis l'enfance une parenté étroite avec les mots et avoue écrire depuis toujours. Passion récompensée par le prix des poètes de l'est à 19 ans, le prix Matenet l'année suivante pour des recueils de poésie .Après une formation littéraire, suivie d'un travail d'enseignante puis de psychologue, elle se consacre maintenant à temps plein à l'écriture. Doucement entourée de ses chats, Patricia Gavoille travaille plusieurs heures par jour et nous livre aujourd'hui après « l'arbre dehors », un deuxième roman, premier tome d'une trilogie.

  • Chers collègues, chers lecteurs,

    Avec le dernier numéro de la RIPME (31, 3/4) prenait fin la Chronique sur le métier de chercheur animée par Pierre Cossette. Cette chronique a permis de mettre en lumière différentes facettes du métier de chercheur. Y ont été abordés la production scientifique et le choix de la démarche méthodologique, la décision de travailler en collaboration, la mise en valeur des apports théoriques et managériaux de la recherche. La chronique a également traité plusieurs aspects de la diffusion scientifique : les exigences, la langue de publication, le cycle des conférences. Ont aussi été publiés plusieurs textes présentant des réflexions nouvelles et tout à fait d'actualité sur l'évolution du métier de chercheur et les enjeux que cela pose pour les prochaines générations, incluant la question de l'équilibre entre la recherche et l'enseignement. Les textes publiés depuis cinq ans ne laissent pas indifférents et nous montrent parfois la face cachée du métier ou encore le présentent sous des perspectives critiques. Ces chroniques, nous vous invitons à les lire et les relire, pour en saisir pleinement les subtilités, et « absorber » le contenu dérangeant, nous remettant parfois en question. Nous tenons à remercier sincèrement notre collègue Pierre Cossette pour la pertinence de cette chronique, le choix des thèmes, la qualité des travaux qu'il a pu obtenir des nombreux collaborateurs et la volonté de bousculer certains acquis par des propos lucides.

  • La retirada

    Patricia Gavoille

    Patricia Gavoille relie à nouveau les hommes aux mots. Comme la Tramontane « qui lève des spirales de sable », Patricia Gavoille lève, elle, les coeurs. Ainsi, dans ce roman, La Retirada, elle raconte comment des républicains espagnols fuyant leur pays sous l'emprise de Franco ont trouvé « refuge », « accueillis » à Miellin, camp de concentration dans les Vosges saônoises en 1939. Pas revancharde ni justicière, l'auteur, avec ses mots à elle parlant de leur souffrance, ne veut pas trahir ce que ces gens possèdent de plus cher, la dignité, mais au contraire la leur restituer. Poings levés avec les coeurs, elle décrit, non, dénonce, comment après avoir été démantibulées, séparées par un garrot mortel, les familles exsangues mais fortes et courageuses vécurent séparées, femme et enfants d'un coté, les hommes de l'autre. Avec Patricia Gavoille, grâce à elle ou en dépit d'elle, on suit en enfer ces rails parallèles qu'elle nous fait prendre mais surtout grâce à elle une émotion intense ouvre aussi les vannes à des larmes de joie ! Car Patricia Gavoille sait réhabiliter la nature humaine !

    Extrait


    « Julia lui sourit. André murmure que ça va aller. Les deux mains de Rafa effectuent une sorte d'ellipse de reddition. Un court silence pendant qu'elle parcourt la grande feuille à en-tête qu'elle a étalée sur la nappe devant elle. Un court silence qui pèse des tonnes. Cette fois, les mains de Rafa tremblent. Enfin Julia parle et sa voix bouleversée rappelle le soleil du matin :
    - Ils sont tous vivants et tous ensemble ! »

  • Voltaire dont le talent aux multiples facettes est d'éveiller les capacités, l'inspiration, la curiosité, la générosité, qualités rassemblées sous la plume de Patricia Gavoille qui, n'oubliant personne, nous fait rejoindre Jeanne-Catherine et les siens.
    Nous prenons un immense plaisir à retrouver au fil des pages de ce tome 2 ces familles de tisserands en Héricourt et à Ferney auxquelles nous nous étions solidement attachés. Que deviennent donc les Sambin, les Bigeol et les Micard ? Qu'en est-il de leur courage, de leur ferveur ou de leur foi, de leur humanité, leurs malheurs et leurs bonheurs ? Ensemble, ils façonnent grâce à l'auteur un tissu de plus en plus chatoyant, trame d'audacieuses bravoures et d'aspirations tout juste nées des Lumières.
    Là-dedans, on aime les mains, celles de Marie Micard qui ressemblent à « des oiseaux maigres », celles de Bigeol le géant au coeur tendre, qui enveloppent, celles de Jean-Jacques qui oeuvrent et surtout celles de Jeanne-Catherine qui s'ouvrent comme son esprit.
    Gage que l'on s'entiche pour de bon de Patricia Gavoille et de tous ses personnages.
    «En attendant et puisque désormais je sais lire, je suis à découvrir les écrits de monsieur Voltaire. Jean-Louis Wagnière son secrétaire m'a prêté le livre qu'il a écrit en 1759, Candide ou l'optimisme, je l'ai lu jusqu'au dernier mot. Et je m'émerveille de ce que la vie fait de nous : cette année-là, tandis que son auteur l'écrivait, je n'étais qu'une humble tisserande pourchassée par ceux qui, au nom de la vertu, répandent que l'amour est un péché. Je ne savais rien du monde et m'étais résignée à penser que les livres sont affaires de riches. A mon grand soulagement, j'ai appris depuis qu'ils sont des messagers et qu'ils parlent au coeur de chacun.»

  • Après « Jeanne-Catherine » et « Sylvine », voilà « Rebecca » le livre 3 des « Tisserands des Lumières ». Bien sûr Patricia Gavoille oeuvre toujours là dans cette lumière à laquelle elle nous a maintenant habitués, bien sûr avec elle on entre toujours accueillis dans les maisons car on a hâte de les revoir tous, Jeanne-Catherine, Marie, Jean-Jacques, le petit François-Marie, Baptiste, Sylvine ...
    C'est le tome 3, alors on lit un peu fébriles, c'est le dernier tome, alors une fin... Et puis on découvre Rebecca qui vit, court dans ces pages. Qui est-elle, qui va-t-elle enflammer, qui va-t-elle consoler, soigner, épauler, découvrir ? Car bien sûr elle va faire tout cela.
    Parce que le rideau tombe comme une nuit sombre et que Voltaire, Eveilleur éternel, s'éteint, Patricia Gavoille l'auteur de cette belle saga réussit à nous faire sourire à travers les larmes grâce à son méticuleux et acharné talent de « tisserande des Lumières » à n'oublier et n'accabler personne.
    «La tête inclinée sous la dentelle qui borde son bonnet, la crémière regroupe les achats sur un large papier gris étalé devant elle. Elle en replie habilement les bords en forme de cornet, pointu à la base, évasé ensuite, dont elle rabat solidement le dessus. Debout derrière son comptoir, elle se hâte, sourit, bavarde aimablement cependant que ses mains rondes s'affairent sans discontinuer. Ce matin, la boutique ne désemplit pas et elle a fort à faire. Derrière le petit garçon, la file ne cesse de s'allonger : d'abord trois femmes, l'une d'entre elles avec un nourrisson endormi dans les bras, puis une grand-mère, tremblante, courbée sur un solide bâton qui semble la tenir debout et, enfin, une toute jeune fille qui vient juste d'entrer, les joues rougies par la froidure du dehors...»

  • Voici enfin réunis en un seul livre les trois tomes de la célèbre trilogie des tisserands des Lumières de Patricia Gavoille. Plus de 1.000 pages d´aventure, plus de 1.000 pages pour nous emmener loin au temps des « Lumières » en compagnie de ces familles

  • Un vieil écrivain de grande renommée, Lucian Lucian, ayant décidé de vivre en ermite devient l'obsession de Lael, une jeune caissière paumée et solitaire dont la passion est de pirater les ordinateurs. Elle n'a qu'un rêve : le rencontrer.
    Improbable rendez-vous...
    Une fois encore, les mots de Patricia Gavoille animent les personnages, les articulent si bien qu'ils existent. Leur malheur, leur néant, leur douleur s'échappent du papier, le crèvent, le griffent. La complexité de ces deux êtres hors-normes déchire ce qu'il en reste.
    Grâce à Patricia Gavoille, leur vulnérabilité nous conquiert, nous amène au bord d'une compassion bouleversante, celle qui étripe avant de nous envahir pour ne plus nous quitter.

    Extrait


    « Vieux maniaque que je suis. J'aime toucher le linge. Ils seraient bien étonnés mes fervents admirateurs. Les femmes rêveraient de m'avoir pour époux. Je suis un vieillard parfait en somme. Une vieille dame ordonnée. Mon éducation de fille m'a à tout jamais conditionné. Ma mère n'a pas barguigné sur le sujet. Je fais la lessive, le ménage, la cuisine pour Basile et moi. »

  • La lettre, discours adressé à une personne ou à un ensemble de personnes, est souvent le lieu de suggestions, d'avertissements ou d'exhortations, quand l'épistolier écrit pour influer sur la pensée et le comportement de son correspondant, ou même assume le rôle de directeur de conscience. Cette fonction de l'écriture épistolaire - conseiller, diriger, prescrire - invite à examiner plus précisément la relation au destinataire, la figure d'autorité que construit la lettre pour inspirer confiance, les moyens déployés pour convaincre, l'adaptation à telle circonstance particulière, l'articulation entre perspective théorique et cas pratique. La lettre de conseil déborde d'autant mieux le cadre argumentatif de la délibération qu'elle sert parfois à conforter une opinion acquise (parénèse), recourt aux maximes et préceptes, aux exemples qui stimulent l'imitation, aux métaphores qui visent la sensibilité, avec une plasticité irréductible aux schémas rhétoriques. Tels sont les aspects étudiés à travers ces trente et une contributions qui, de l'Antiquité gréco-romaine au xxe siècle, explorent la signification et les enjeux du conseil par voie épistolaire, qu'il s'agisse d'avis politiques, de direction philosophique et spirituelle, d'éducation religieuse, de directives de spécialistes (philologie, médecine) ou de conseils personnels.

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