• L'Histoire, celle qu'on dit grande, est truffée d'anecdotes surprenantes qui, souvent, expliquent à mots couverts le pourquoi et le comment des événements décisifs. Il est superflu de rappeler qu'au théâtre des Illustres Figures, les drames, comme les comédies, se jouent davantage en coulisse que sur scène. Les exemples ne manquent pas. Ainsi, sans l'inconstance de certaines belles endormies, la plupart de nos princes charmants n'auraient jamais cherché noise à leur entourage. De même sait-on qu'avant d'ensanglanter les champs de bataille, bien des guerres en dentelle furent déclarées au secret des alcôves royales. Mais les historiographes patentés ne sauraient se faire l'écho de ces turpitudes inavouables. Aux manigances d'antichambre, piteuses débandades et bassesses lamentables, ils préfèrent les hauts faits, les éclatantes victoires et les glorieuses postures. *Gérard Boutet*, lui, s'amuse des historiettes du temps jadis : elles l'invitent à musarder dans les siècles passés pour y chaparder, à la manière d'un voleur de pommes, quelques épisodes savoureux. Dans ce volume, le raconteur d'histoires prend un malin plaisir à croquer les fruits oubliés, plutôt qu'à ripailler au banquet de la galerie. Les protagonistes y perdent en munificence ce qu'ils gagnent en véridicité.

  • Durant l'été 1724, au pire des chaleurs orageuses, la dépouille d'un homme est déterrée, étripée, salée. Puis, en dépit des abominables relents de putréfaction qui s'en dégagent, on la traîne par les chemins de la paroisse, accrochée à l'arrière d'une charrette, avant de l'exposer devant l'auberge du village. Ainsi passe la justice du Roi. Elle supplicie la mémoire d'un vieil huguenot dont le crime, à l'article de la mort, fut de n'avoir point renié ses convictions religieuses. Ce châtiment effroyable est le dénouement de l'affaire Moïse Gréjon qui suscita, à l'époque, un vif émoi dans le pays. Gérard Boutet - qui descend à la fois du martyr posthume et d'un des délateurs - ressuscite ce « procès à cadavre » dont sa famille fut doublement marquée. Ces pages terribles reposent sur des faits authentiques. C'est l'intolérance de tous les temps, quels que soient les croyances et les prétextes, qui s'y trouvent mises en accusation. Au-delà de l'anecdote macabre, le livre renvoie à un fanatisme qu'on voudrait éteint à jamais.

  • Au printemps 1726, au début du règne de Louis XV, deux couples de paysans - les ancêtres de l'auteur - s'éloignaient de leur province, l'Orléanais, pour se rendre à Tournai, au-delà des frontières du Nord, dans le but de s'y marier selon leur religion. Ils étaient protestants. Pareil déplacement enfreignait la loi. Ils allaient en sabots, couchant ici sous une grange, là dans une maison sûre, mais toujours se cachant des délateurs et des argousins. Ils couvrirent, en vingt et un jours, deux cent vingt-cinq lieues, soit quotidiennement cinquante de nos kilomètres. À leur retour au pays, les tracasseries rancunières, constamment attisées par le curé du village, tournèrent vite au drame. Leur existence devint un enfer.

  • Gérard Boutet est un de ces glaneurs d'histoires qui font leur moisson auprès des vieux paysans nés dans l'autre siècle. Il les écoute, il note leurs témoignages, il enregistre leurs souvenirs. Et il remplit sa besace de mille anecdotes « qui ne s'inventent pas ». Il recollera plus tard ces précieuses bribes de mémoire ancestrale, patiemment, méticuleusement, pour que le puzzle devienne enfin un recueil de savoureux récits tirés de la tradition orale. Des conteurs du temps d'autrefois, Gérard Boutet a su hériter l'inspiration et la truculence, mais aussi ce petit ton de complicité qui force à la connivence. À le lire, ce sont les veillées de jadis qui reprennent vie. Le colporteur est là, près des chenets ; il tient en haleine la nichée entière qui, bouche bée et peureuse, se serre dans les ombres mouvantes de la cheminée crépitante...

  • De la préhistoire à nos jours, l'auteur fait revivre avec humour les personnages historiques célèbres ou locaux et explique les coutumes les plus anciennes.

  • 1657. Le soleil tarde à se lever sur le royaume de France et de Navarre. Louis-le-Quatorzième règne déjà mais le Mazarin gouverne encore. Les deux Frondes viennent d'être écrasées. Pourtant, une troisième « émotion » couve toujours au plus profond de certaines provinces : ce sera la révolte des gens de chaumière, une jacquerie désordonnée que la mémoire populaire retiendra sous le nom de « Guerre des sabotiers. » Jacquot-le-tonnelier et sa payse, qui n'ont rien des conspirateurs habituels, se trouvent entraînés dans le flot des gueux en colère. Bien malgré eux, il est vrai. Ils participeront aux premiers traquenards des émeutiers et subiront les derniers foulages des garnisaires. À travers leur aventure, c'est toute la pitoyable épopée des croquants d'alors qui nous est racontée...

  • Les Français aiment l'Histoire, surtout lorsqu'elle se confond aux histoires. Car, selon le mot d'Alexandre Dumas, il est pardonnable de fleureter en sa compagnie, à condition toutefois de lui faire des enfants ! Gérard Boutet, pour sa part, a toujours su raconter les historiettes des oubliés de cette Histoire de France, vieux paysans de « Ils étaient de leur village » ou anciens artisans des « Gagne-misère ». Avec cet ouvrage pourtant, il a choisi un tout autre registre : il s'est détourné des petites gens, en effet, pour ne regarder que les illustres personnages qui, lors d'un passage en nos contrées, daignèrent accomplir un exploit resté fameux dans les annales. En bien comme en mal. Tribulations insignifiantes ou événements d'importance, ces péripéties firent gâcher beaucoup d'encre aux chroniqueurs d'antan. Mais rien ne semble avoir vraiment évolué sous le soleil puisqu'à les lire, on pense aussitôt à certains faits divers de l'actualité. Les remous de naguère n'ont donc jamais empêché l'eau de couler sous les ponts du fleuve, et d'y produire les mêmes tourbillons. En tentant de réconcilier les historiens diplômés et les conteurs de veillée, Gérard Boutet réveille à nouveau le passé de ces pays ligériens, dont la mémoire s'enrichit et s'appauvrit jour après jour, au fil du temps qui court...

  • Au lendemain des troubles révolutionnaires, il se répandit une fort cruelle façon de régler leur compte aux citoyens que la rumeur enrichissait, à tort ou à raison. On leur flambait les pieds pour réchauffer leur mémoire.

  • Durant tout le XIXe siècle, les paisibles gens des campagnes furent bouleversés par de nombreux faits divers crapuleux. À en croire certains colporteurs, la province vivait à l'heure du crime. L'insécurité déjà ! Ce sont ces affaires étranges ou sanglantes qui défrayèrent la chronique de l'époque que nous relate sans fard Gérard Boutet. Et si les récits de Brigands et Sorciers nous font frissonner, ils nous montrent aussi que les malfaiteurs d'aujourd'hui sont moins nombreux que ceux d'hier, qu'ils sont aussi moins sauvages, et on comprend quel changement a apporté dans notre vie un siècle de progrès économique.

  • Rencontres avec des artisans d'aujourd'hui qui perpétuent un savoir d'autrefois : le souffleur de verre, la tisserande, le fondeur de soldats de plomb, le malletier, le tailleur de pierre.

  • Durant tout le XIXe siècle, les paisibles gens de l'Orléanais furent bouleversés par le récit de nombreux faits divers crapuleux, à croire que leur province vivait à l'heure du crime. À travers ces tourments et ces frayeurs populaires, Gérard Boutet nous fait découvrir plusieurs épisodes méconnus de l'histoire régionale.

  • Durant tout le XIXe siècle, les paisibles gens de l'Orléanais furent bouleversés par le récit de nombreux faits divers crapuleux, à croire que leur province vivait à l'heure du crime. À travers ces tourments et ces frayeurs populaires, Gérard Boutet nous fait découvrir plusieurs épisodes méconnus de l'histoire régionale.

  • On imagine mal ce que pouvait être l'existence journalière des gens de naguère, bien avant que la machine ne vienne améliorer leur condition. Souvent on naissait sans être vraiment désiré ; on grandissait comme une mauvaise herbe et sitôt les dix ans, avec plus de force en bras que de jugeote en ciboulot, on se louait pour gagner sa croûte loin des jupes rassurantes d'une mère trop occupée à torcher les puînés. On apprenait le boulot sur le tas, en regardant faire les anciens qui n'étaient pas avares en coups de pied au cul. Ils ne sont plus légion, ceux qui peuvent encore évoquer ces duretés qu'ils ont endurées. Les années ont coulé. Ils sont partis les uns après les autres, sans bruit, le plus simplement du monde. Avec eux ont disparu les derniers témoins d'une époque à jamais révolue. Gérard BOUTET En quarante ans, de 1920 à 1960, la vie quotidienne dans nos campagnes a subi plus de transformations que pendant les vingt siècles qui ont précédé. Conscient de la disparition progressive d'un savoir-faire rural devant les assauts de l'urbanisation et de la mécanisation, Gérard Boutet a arpenté nos campagnes à la rencontre de ces gens de peu, les gagne-misère, et a rapporté sans nostalgie le récit de leur vie quotidienne avant qu'ils ne s'éteignent, et avec eux la mémoire de nos campagnes. Préface de l'auteur


  • Plus de 120 métiers des artisans de nos campagnes, d'aiguillier à zingueur, tels que nos ancêtres les exerçaient. Les coutumes, les expressions, les légendes, les récits... l'outillage, les gestes, le savoir-faire, tout ce qui fait l'histoire et la richesse de ce patrimoine.

    Jusqu'au milieu du XXe siècle, chaque village et bourg de France abritait une cohorte d'artisans qui participaient à la vie quotidienne d'une population encore très rurale et étaient indispensables à la bonne marche de la communauté. Puisant dans la somme encyclopédique de La France en héritage, Gérard Boutet a réalisé ce petit dictionnaire dans lequel on trouvera des métiers que l'on attend (maréchal-ferrant, charpentier, chaudronnier, sabotier, tonnelier...) et d'autres aujourd'hui insolites, tels que l'épinglier (qui fabriquait des épingles), le fleuristier (fabricant de fleurs artificielles pour les modistes ou les couronnes mortuaires), voire le patenôtrier (fabricant de chapelets et colifichets de piété) ou l'oribusier (fabricant de chandelles de résine). Chacun des 120 métiers, qu'il soit de petite industrie ou de petite main, est défini en prenant en compte les caractéristiques régionales, sans oublier les aspects historique et anecdotique.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Marianne, la petite bonne de ferme, Benjamin, le garçon meunier ou plus près de nous le jeune Jean-Claude vous entraînent dans le monde merveilleux du rêve.

  • Les gens d'un petit village de l'Orléanais racontent leur guerre. L'exode, les restrictions, le marché noir, les entourloupettes et les basses vengeances. Voici l'occupation en province. Le soldat allemand dérange parfois mais certains savent malgré tout en tirer parti. Les uns sabotent le pont de chemin de fer pendant que les autres règlent de vieilles rancunes. La nuit tous les chats sont gris... On se souvient de tout et de rien, en vrac, et les petits détails prennent autant d'importance que les grands événements. Et puis il y a ces paysans qui, décidément, ne mettront jamais leurs oeufs dans un même panier !

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