• Le colloque sur La France, l'Europe et l'aide au développement, des traités de Rome à nos jours, tenu à l'initiative de l'AFD et de l'IGPDE, présente sous la forme d'un dialogue entre des universitaires et des grands acteurs de terrain (Philippe de Fontaine Vive, Dieter Frisch, Omar Kabbaj, Bernard Petit, Dov Zerah, Tertius Zongo) un état des lieux de la coopération pour le développement de trois acteurs clefs : l'AFD et les gouvernements français, la Commission européenne, les États bénéficiaires de l'aide. L'aide publique française au développement tient, depuis 1945, à des raisons humanistes et morales, politiques évidemment et de défense des intérêts économiques français. Elle entre dans le dispositif de l'influence française dans les relations internationales. Quel sens donner désormais à l'aide française au développement alors qu'un nouvel acteur, la Commission européenne, intervient dans ce champ depuis 1958 ? Quelle politique les États membres de l'Union européenne et la Commission proposent-ils pour le développement ? Comment la France investit-elle la dimension européenne de l'aide ? L'aide a-t-elle encore un sens dans un espace économique libéralisé où l'initiative privée est prééminente ? Les réponses données manifestent que les sociétés européennes conçoivent les relations internationales autrement qu'en s'appuyant sur les rapports de force économiques ou de froide indifférence. Le colloque du 8 décembre 2011 a célébré les 70 ans de l'Agence Française de Développement, héritière de la Caisse centrale de la France libre créée à Londres par le général de Gaulle, le 2 décembre 1941.

  • Quelle ligne rouge suivent les gouvernements et présidents de la République française depuis 1919 en acceptant de construire des formes d'unité européenne ? 
    D'Étienne Clémentel à Briand, entre les deux guerres, des projets d'union douanière, de lien fédéral, ont été défendus par les gouvernements français. Un gouvernement issu de la défaite a donné son approbation à l'Europe hitlérienne, ternissant le rêve de Victor Hugo. Après la Libération, les gouvernements de la IVe République, avec Robert Schuman, Jean Monnet, René Pleven, Guy Mollet, ont inventé l'Europe supranationale, au nom de la sécurité et du rang de la France. Chaque président de la Ve République a dû affronter, comme de Gaulle, le processus d'unité, composer avec lui, tel Pompidou, l'apprivoiser comme Giscard d'Estaing, l'idéaliser comme Mitterrand, ou le bousculer, comme Chirac et Sarkozy. 
    Les gouvernements ont refusé l'isolement, parce que l'unité européenne servait les intérêts de la France. 
    Gérard BOSSUAT, chaire Jean Monnet ad personam, est professeur émérite d'histoire contemporaine à l'Université de Cergy-Pontoise (Val d'Oise). Il est membre du comité de rédaction de la Revue d'histoire de l'intégration européenne et associé à l'UMR IRICE (Paris-1, Paris-4, CNRS).

  • L'Europe des Français est un livre d'histoire permettant aux lecteurs de saisir en profondeur les raisons d'agir des gouvernements provisoires de la République française (GPRF) puis de la IVe République, des milieux économiques et politiques, des hauts fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères, de l'Économie et des Finances, du Commissariat général du plan. Dans le domaine de l'unité européenne. Il s'appuie sur un travail en archives aux États-Unis, en France et en Suisse. Cette IVe République, si critiquée pour ses institutions et pour ses guerres coloniales, a su néanmoins redonner un sens à la modernisation du pays et à sa politique étrangère en se lançant dans les constructions de l'Europe, de l'OECE au marché commun en passant par la CECA, l'UEO et la CED, ce qui signifie l'ouverture européenne, l'ouverture commerciale, la coopération contractualisée, le croisement des intérêts financiers, le développement d'une société d'abondance et de protection sociale, bref la paix ! Certains échecs, tel que la CED, montrent que les Français sont des Européens raisonnables à condition que l'unité de l'Europe soit en accord profond avec l'aspiration des Français à la sécurité économique, sociale, politique, au rayonnement traditionnel de la France en Europe et dans le monde en termes de langue, de culture, de modèle social, et à l'idéal de liberté et de fraternité entre les peuples. Ainsi la construction de l'Europe est-elle en définitive une aventure réussie de la IVe République en dépit de l'échec de la CED car elle a respecté, grâce au travail de Robert Schuman, de Jean Monnet, de Pierre Mendès France, de Guy Mollet, de Félix Gaillard et du général de Gaulle en définitive, l'aspiration des Français à la sécurité, au rang et à l'idéal. Les mobiles de l'unité européenne ainsi décrits sont probablement une tendance lourde du comportement de la société française. Il y a danger à les ignorer.

  • L'histoire des aides américaines à la France de 1938 à 1960 reflète l'état de la France au tournant du XXe siècle : une grande puissance européenne en déclin. De 1941 à 1951, la France a voulu des aides américaines pour vivre mieux et pour recréer un appareil productif digne de ce nom. Elle a ensuite réclamé une aide pour maintenir sa puissance en Indochine et en Afrique du Nord. Si ce constat de dépendance est éprouvant pour les Français, c'est une réalité dont les conséquences sont encore palpables aujourd'hui. Ne parle-t-on pas encore et toujours d'ingérence américaine, d'américanisation et, en réaction, d'exception française et d'identité européenne ? En définitive, quel rôle ont joué les aides américaines dans le rétablissement économique, social et militaire de la France après la seconde guerre mondiale et au-delà jusque dans les années 60 ? Réclamées en même temps qu'occultées tout au long de ces années par les acteurs de la vie politique française, les aides américaines méritaient une réflexion globale. Gérard Bossuat dans cet essai de synthèse nous propose son analyse.

  • Sous ce titre évocateur le lecteur trouvera des articles de chercheurs de l'institut Pierre Renouvin consacrés à l'unité et à l'identité européennes au XXe siècle. Des pistes de réflexion ont été ouvertes, des relectures ont été faites par des historiens à môme de développer des problématiques nouvelles parce qu'ils ont eu accès à des archives neuves. Il faut donc souligner l'apport conceptuel et documentaire de ces travaux. Les questions abordées concernent la géographie de l'Europe, un continent sur les atlas, en fait une série de compartiments ; l'Europe est diverse. Elles font apparaître une certaine pratique culturelle commune qui, universalisme oblige, prétend s'étendre au monde. L'Europe c'est l'arbitrage, la paix par le droit. L'unité économique a fait les débuts de l'Europe, mais peut-elle conforter le patriotisme européen ? Dans cette histoire tumultueuse les autres interviennent, l'Europe veut-elle être encore indépendante ? Il ne peut y avoir d'histoire de l'unité européenne sans trois grands États : la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France. L'avenir de l'Europe dépend de la réponse qu'ils donnent à cette question simple : construire l'Europe est-il de leur intérêt ? Les grands fondateurs de l'Europe sont évidemment mis en scène, de Monnet à de Gaulle en passant par Briand. Ce livre n'est pas un programme pour l'Europe de demain ; il est davantage ; il présente à la lumière de l'histoire, les vrais défis à relever pour que l'Europe continue d'exister.

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