• Henri de Malassise et le baron de Biron, authentiques négociateurs de la paix de Saint-Germain, qui fut signée en 1570, sont aux prises avec deux gentilhommes huguenots. Les feintes, les manoeuvres, les compromis auxquels ils recourent pour la possession de deux villes, Sancerre et Angoulême, constituent la matière de ce récit, beaucoup plus psychologique qu'historique. Une femme y paraît, assez énigmatiquement, noue une intrigue et disparaît lorsque le traité est conclu et que finit le livre.
    L'auteur s'est souvenu de diverses missions internationales qu'il a accomplies durant sa carrière. Souhaitant en tirer les leçons et la faire revivre, il a placé son expérience dans le cadre d'un traité historique. En fait, ce qu'il nous offre, c'est un "portrait du négociateur". Il montre ses finesses, ses roueries, ses astuces. Sous la prudence des personnages et la sobriété du récit, on entrevoit des passions immenses et féroces.

    Prix Goncourt 1958

  • Jacques Albert, baryton d'opéra, chante dans les salons parisiens de la fin du siècle dernier, souvent accompagné au piano par sa femme Martha. Jusqu'à ce que Cotter Morison, un Américain de passage, fasse lire à celle-ci un roman énigmatique par lequel il l'incite à tromper son mari. Une centaine d'années plus tard, son arrière-petit-fils, Joachim, rencontre un homme d'affaires qui n'est autre, lui, que l'arrière-petit-fils de Cotter Morison. Il en profite pour lui montrer ce roman de Paul Bourget qui, jadis, lia leurs deux familles. Devenus amis, ils partent ensuite pour Rome rejoindre Daphné, l'épouse de l'Américain, dont Joachim, à son tour, tombera malgré lui amoureux... Le hasard prend donc ici, sous la forme de l'éternel retour, la vraie figure du destin.

  • Cohabiter ou coexister ? - En l'espèce, toute la question est là. Pour la cohabitation, on n'a pas fait mieux que Louis XIII et Richelieu, attelés tous deux à la conduite de l'État dans-une entente aussi humaine que politique. Pour la coexistence, on n'a pas fait pis que Gaston d'Orléans et Richelieu, le premier n'ayant l'esprit occupé que du besoin d'assassiner le second. En contrebas de ces puissants personnages, et pour l'un et l'autre de ces deux modes de vie, on n'a pas fait mieux que Nicolas et Marie-Madeleine, lui gentilhomme de Gaston, elle nièce du cardinal. Le noeud d'une relation sociale ambiguë, à la fois lointaine et tenace, peut-être le trouve-t-on dans les mots du Père Caussin au siège de La Rochelle : C'est tout l'art de coexister que de ne pas aller jusqu'aux défauts.

  • Cendre et or

    Francis Walder

    Edna Dallombro et Clarisse Lebarrois, l'une aussi rusée et sournoise que l'autre est impudente et hardie, se mesurent dans une lutte acharnée dont l'enjeu est la fortune d'un homme riche, Lionel Cardan. Un jeune ingénieur, Raoul Beaumanoir, aime une jeune fille, Fanny
    Dallombro, et la puissance de l'argent contrarie étrangement cet amour, enlevant d'abord Fanny à Raoul, ensuite Raoul à Fanny. Gaston Lebarrois afIirme qu'il ne tient pas à la richesse, mais tout son comportement prouve qu'il n'en est rien. Saint-Albert, le narrateur, paraît assez supérieur au monde cupide qui l'entoure, jusqu'au moment où placé devant l'éventualité d'un préjudice financier possible, il se révèle assez semblable à ses compagnons.
    On ne peut observer les hommes sans découvrir à quel point l'intérêt matériel les domine. Ce
    livre montre, sous la variété de caractères dissemblables, la permanence d'un même complexe. Chaque personnage se trouve amené, par le jeu des circonstances, à choisir entre son intérêt immédiat et d'autres aspirations plus élevées de sa nature. Tous, on le déplore, suivent leur intérêt.
    Francis Walder, dans Cendre et Or, confirme les grandes qualilés de style, de concision et de puissance d'analyse que l'on avait admirées dans Saint-Germain ou la Négociation, prix Goncourt 1958.

  • Voiture, ce bel esprit du XVIIe, habitué de l'hôtel de Rambouillet, auteur de lettres et de poésies, est attaché à Gaston d'Orléans, qui a épousé, contre la volonté de Louis XIII et de Richelieu, une fille de la maison de Lorraine, Marguerite. Louis XIII étant sans enfants, le duc d'Orléans est l'héritier du trône, et le Cardinal et le Roi veulent annuler son mariage. Ils se servent de Voiture : si celui·ci n'arrive pas à convaincre son maître de renoncer à Marguerite, il sera arrêté et peut-être pendu.
    Voiture tente de convaincre Gaston d'Orléans de se séparer de sa jeune femme et d'épouser Mme de Combalet, nièce préférée de Richelieu. Mais l'apparition de la jeune duchesse qui a eu l'audace de rejoindre son mari en plein Paris, le décide à mourir s'il le faut pour préserver l'union d'un couple si bien assorti. Il rendra visite en pleine nuit au Père du Tremblay, confident et conseiller de Richelieu. Le Cardinal a-t-il le droit de défaire ce que Dieu a uni? Au cours d'une longue conversation riche en détours, le capucin reconnaît que le Cardinal n'en a pas le pouvoir. Voiture aura donc la vie sauve à condition de rendre compte de ce qui se dit et de ce qui se passe à l'hôtel de Rambouillet. Et il rentre chez lui et continue à écrire des lettres.
    On retrouve, dans ce récit historique des tribulations d'un poète pris dans une terrible affaire d'État, le style classique et plein d'aisance qui avait fait le succès de Saint-Germain ou la Négociation, prix Goncourt 1958.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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