• La biographie référente de la plus grande souveraine de la Russie.
    Princesse allemande d'Anhalt-Zerbst, née à Stettin en 1729, la future Catherine II est envoyée en Russie à l'âge de 16 ans dans l'éventualité d'un mariage avec le grand-duc Pierre, fils de la tsarine en titre, Elisabeth, elle-même fille de Pierre le Grand. Elle sait séduire cette dernière, entre dans l'Eglise orthodoxe en troquant son prénom de Sophie pour celui de Catherine et finit par épouser Pierre en 1745. Celui-ci est peu populaire car, né en Allemagne, il a toujours rejeté la culture de son pays d'adoption. À l'inverse de son époux, Allemand d'inclination, Catherine parle parfaitement le russe et sait donner des gages à la haute aristocratie. Devenu tsar au décès d'Elisabeth en janvier 1762, Pierre III a tôt fait de comprendre que sa femme intrigue contre lui, laquelle le prend de vitesse et le fait déposer en juillet. Emprisonné, il mourra peu après dans des conditions mal élucidées, et on suspectera longtemps Catherine de l'avoir fait assassiner.
    De ce moment commence un règne de trente-quatre ans particulièrement brillant. D'une capacité de travail inépuisable, l'impératrice fait développer les voies fluviales et construire des canaux. Grâce à son époux morganatique, Grigori Potemkine, elle réussit à frayer un passage vers la mer Noire et ses Détroits, un rêve que chérissait déjà Pierre le Grand. Sous son long règne, le territoire de l'empire ne cesse de s'agrandir aux dépens de ses voisins, tandis que Catherine cherche à harmoniser l'administration selon des principes rationnels, puisés dans la philosophie occidentale, mais elle néglige les différences régionales, ethniques et religieuses. Elle développe le commerce avec l'étranger en multipliant les contrats économiques bilatéraux. Ses efforts pour créer une bourgeoisie urbaine se soldent par un échec et se révèlent profondément injustes envers les éternels laissés-pour-compte du régime : les serfs. S'en suivent d'incessantes révoltes paysannes, notamment celle de Pougatchev, et des insurrections des minorités sises en marge de l'empire. L'expansion vers le sud réussit grâce aux actions militaires ; les conquêtes, fixées par des traités, sont reconnues par la majorité des puissances occidentales. A l'ouest, les trois partages successifs de la Pologne profitent le mieux à la Russie. Au total - et ce n'est pas le moindre de ses paradoxes -, l'impératrice, portée aux nues par Voltaire, Diderot ou Grimm, avec lesquelles elle était en relations épistolaires suivies, aura marché sur les brisées de Pierre le Grand en mettant au plus haut le régime autocratique, régime en principe honni par les représentants des Lumières. À sa mort en 1796, celle qui fut très tôt appelée Catherine la Grande laissait un empire puissant et opulent comme jamais, qu'aucun pays, tant en Europe qu'en Asie, ne pouvait ignorer. Non sans de profondes fragilités toutefois, lesquelles se révéleront tout au long du XIXe siècle. Jusqu'à l'épilogue de la révolution d'Octobre.

  • De l'interdiction du port de la barbe la fondation de Saint-Ptersbourg, de la mise au pas de l'glise orthodoxe la rforme de l'administration, du renouvellement des lites traditionnelles au recrutement massif de ttes pensantes et de travailleurs manuels d'origine trangre, des trois voyages du souverain en Europe occidentale et des explorations lances vers l'Asie centrale et l'Extrme-Orient la cration d'une grande Acadmie des sciences, le tsar Pierre (1672-1725) n'a jamais cess de vouloir sortir la vieille Moscovie de son isolement. C'est bon droit qu'on peut le qualifier d'architecte de la Russie moderne. Il se voyait d'ailleurs en nouvel Alexandre le Grand et s'est fait proclamer, quatre ans avant sa mort, pre de la patrie , imperator et grand , ce qui donne la mesure de ses ambitions pour lui-mme et pour son pays. Le passif est pourtant loin d'tre ngligeable : les fragilits de l'homme - dbauche, alcoolisme, got immodr des mascarades - et l'usage courant de la violence avec les membres de sa famille comme avec ses adversaires politiques, le recours systmatique la guerre, une diplomatie incertaine et une fiscalit crasante ont constitu autant d'entraves la modernisation. Reste que ce rgne flamboyant et haletant demeure l'un des plus passionnants que la Russie ait connus. Mal connu en France, il fait ici, sous la plume de Francine-Dominique Liechtenhan, l'objet d'une vocation aussi riche de grande histoire que de petits faits vrais et significatifs.

  • Pierre Ier de Russie n'a pas bénéficié de l'éducation d'un prince. Autodidacte, il développe très jeune une passion pour les exercices militaires et la marine. Parvenu au sommet de l'État, il s'applique à construire une armée moderne qui est aussi le champ expérimental de ses réformes politiques, économiques et sociales. Fondateur d'une capitale, Saint-Pétersbourg, il impose son nouveau mode de vie progressiste, respectueux cependant de l'essence même de la civilisation russe avec le dogme orthodoxe. Créateur de la Russie moderne, Pierre Le Grand n'a cessé de susciter des jugements antagonistes, en particulier durant son séjour en France.

  • De la défaite de 40 à Mai 68, de la création de l'École des hautes études en sciences sociales aux métamorphoses de la Bibliothèque nationale de France, du lycée de Montpellier au Collège de France et à l'Institut, des prestigieuses universités américaines de la côte Est aux centres de recherche japonais, de l'Inquisition médiévale dans les Pyrénées à la cour de Louis XIV, de la famille bâloise des Platter aux effets des changements climatiques sur les sociétés humaines, Emmanuel Le Roy Ladurie demeure l'un de nos plus féconds et plus célèbres intellectuels. Né en 1929, il a été mêlé aux grands remous du xxe siècle et a voué sa vie à l'investigation sur le passé : à tous égards, l'histoire est pour lui comme une seconde nature.

    Élève, maître, ami ou rival des plus grands, les Braudel, les Furet, les Lévi-Strauss, les Bourdieu, les Chaunu et tant d'autres, il multiplie ici les portraits, les analyses et les anecdotes - souvent piquantes. C'est un témoignage infiniment vivant sur le prodigieux renouvellement de la discipline historique sous l'impulsion de l'« école des Annales ». S'il a naguère évoqué son itinéraire politique, il avait rarement parlé de sa vocation et de son métier. Les lecteurs, nombreux, de Montaillou, village occitan ou de l'État royal, de l'Histoire du climat depuis l'an mille ou du Siècle des Platter trouveront dans ce livre le récit d'une aventure passionnante.

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