• « Tu es venu, sans me prévenir, c'est drôle comme il m'est plus facile de t'écrire, alors que, lorsque tu es là, près de moi, je suis incapable de te parler. [...] Je n'ai jamais descendu des escaliers aussi vite, je n'ai même pas fait attention à la façon dont j'étais vêtu, alors que ma belle-soeur était au dehors ; juste un caleçon court de coton blanc et un polo de la même couleur, même si octobre a déjà presque fini son parcours, il ne fait pas si froid ! Et tes bras m'ont tenu chaud, tout de suite, j'étais bien. »

  • « Voilà, je savais bien qu'il "en était" et je n'ai pas supporté qu'il préfère un autre que moi. Mais comment finalement n'aurait-il pas pu préférer un autre, vu qu'il ne me connaissait même pas ? C'est ça que j'aurais dû lui demander en premier : m'avait-il déjà remarqué ? Je n'ai même pas réfléchi à ça à ce moment-là. J'ai saisi une pierre dans le talus avec mes deux mains et l'ai frappé au crâne à plusieurs reprises, et je l'ai frappé, l'ai frappé et encore frappé puis... » Condamné à une lourde peine d'emprisonnement pour le meurtre d'un jeune homme qui s'est refusé à lui, Pascal, après quatorze années d'enfermement, voit son quotidien s'éclairer lorsque s'amorce entre lui et Clément, qui vit au-dehors, une correspondance. Un échange où ce dernier souffle initialement le chaud et le froid avant de laisser entrevoir des intentions inattendues au prisonnier qui commence à dessiner pour lui un avenir. Mais est-il encore maître de son destin ? Récit qui embrasse les codes du roman épistolaire et du thriller psychologique, « Pour l'amour de Blaise » est de ces oeuvres où la manipulation s'exerce avec brio, faisant miroiter seconde chance et pardon là où se trament des plans plus terribles. Un livre-piège et un roman par lettres où les liaisons se font inévitablement dangereuses, par un auteur qui dévoile un pan plus cynique de son imaginaire.

  • Mémoire trahie

    François-Xavier David

    « Quelque part, j'ai envie de me souvenir rapidement, je sens que je vais en apprendre plus avec Gwendal qu'avec Ethan. Par moments, je me demande pourquoi Gwendal s'est rapproché autant de moi en si peu de temps. Y a-t-il un intérêt derrière tout ça ? Dois-je me méfier de lui ? Dois-je me méfier d'Ethan ? Ne suis pas en train de devenir un peu paranoïaque ? » Le corps meurtri, la mémoire envolée : le réveil est pour le moins brutal pour Erwan. De son passé ne lui sont données que de maigres pièces : un frère jumeau, une femme qui le laisse indifférent, une ancienne connaissance qui se montre bienveillante... Quelques fils ténus pour découvrir qui il est, coïncider de nouveau avec lui-même. Toutefois, l'amnésie est-elle seule responsable de cette dépossession de soi ? Roman aux accents de thriller psychologiques, aux saveurs de vieux film noir, « Mémoire trahie » compose, sur les thèmes de l'identité et des faux-semblants, une intrigue aussi machiavélique que captivante.

  • « Le premier crime, celui de Marseille, était malheureusement passé comme presque tous les crimes. Un fait divers comme un autre. On ne parlait pas de crime homophobe. Pas encore, en tous les cas. Moi-même, je ne l'avais pas trop remarqué, si ce n'était cette étrange réaction qui m'avait conduit à l'hôpital. La seconde fois, ...

  • « - C'est vous alors "le cafre blanc" ? - "Le cafre blanc" ? Je ne sais pas, je ne me connaissais pas ce surnom ! - Des anciens parlent d'un homme blanc élevé par une cafrine, une esclave du maître qu'il avait achetée sur les côtes africaines, une Makua de la tribu des Bantu. Ils disaient qu'il avait été élevé avec du lait d'une Africaine, une cafrine comme on dit ici, mais qu'il était resté blanc quand même et avec leur mentalité ! - Des anciens ? - Ceux qui étaient ici avant nous et que le maître a fini par vendre. Ils revenaient parfois quand leur maître voulait rendre des outils à La Plantation, ou quand il venait voir votre père. Il venait souvent avec un ou deux esclaves qui parlaient avec nous tous, discrètement bien sûr. Ils disaient qu'un jour un cafre blanc viendrait pour seconder votre père et qu'avec deux maîtres, la vie serait encore plus un enfer qu'elle ne l'était déjà... » 1805, île de la Réunion. Le père de Benoni vient de mourir et laisse derrière lui tout un domaine et une poignée d'esclaves. Le « maître » était bien plus que respecté par ses disciples, il était craint. Violent et sans coeur, il battait ses sujets comme il battait sa femme. Les anciens parlent d'un cafre blanc qui viendrait lui succéder. S'agirait-il de Benoni ? Médecin homosexuel, celui-ci quitte sa Bretagne pour hériter de son esclavagiste de père. Sur place, c'est la stupeur : le tortionnaire laisse place à l'humaniste, démentant la prédiction... Et si les anciens avaient menti ? À travers la chronique d'une plantation réunionnaise sur une dizaine d'années, François-Xavier David livre une page d'histoire édifiante. N'hésitant pas à regarder l'horreur en face, son roman illustre à merveille les premiers pas difficiles d'un siècle vers davantage d'humanité.

  • «?-?Chérie ! demanda-t-il à Isabelle, sa femme depuis quatre ans, tu connais une dénommée Andrea ? Ou... ou peut-être un certain... Charles, oui Charles, c'est bien ça ! dit-il en lisant une fois de plus le carton. Nous avons reçu, au courrier, un carton d'invitation pour la célébration de leur mariage ! -?Leur mariage, dis-tu ? répondit Isabelle étonnée, en essuyant son front en sueur d'un revers de la main gauche, son économe en céramique dans la main droite. Fais-moi voir ça, dit-elle en regardant à son tour le petit mot sur le bristol. Non, je ne connais pas, ni d'Andrea ni même de Charles d'ailleurs, toi non plus ? répondit-elle en regardant son époux. Mais Étienne, tu saignes !?» Rares sont les secrets qui restent enterrés. Étienne reconstruisait paisiblement sa vie avec Isabelle lorsque, après avoir reçu une invitation pour le mariage d'un couple qu'il prétend ne pas connaître, il fait un malaise. Les analyses médicales révèlent de nombreuses tumeurs cancéreuses, obstruant sa mémoire, alors que plusieurs zones d'ombre surgissent de son passé. Face à cette double tragédie qui la frappe, Isabelle doit mener l'enquête. Un drame familial doux et moderne.

  • « Je me prénomme Jan Cocheril et je suis né à Saint Briac, en Ille-et-Vilaine, en Bretagne, en 1771. À cette époque-là, sous l'autorité de l'église et de ses puissants représentants, la date de naissance n'avait que peu d'importance. [...] Maintenant, bien des années sont passées, mais je vais vous raconter les événements qui se sont déroulés en 1788 et en 1789, dans mon village, petit port de pêche et de constructions de navires à l'époque, et qui ont guidé mon choix d'être ce que je suis maintenant, à savoir, capitaine dans la gendarmerie. » Orphelin d'un père marin dès l'âge de 10 ans, Jan Cocheril grandit en soutenant sa fratrie et en aidant sa mère. Cette dernière, à jamais meurtrie par la disparition de son mari, ne souhaite pas que ses enfants envisagent leur futur professionnel en mer. Dans ce petit village breton, laboureur est le métier le plus répandu, mais il n'enthousiasme pas Jan qui, pourtant, ne veut pas accroître l'angoisse maternelle. Cependant, l'assassinat de la femme de l'aubergiste offrira au jeune homme une autre perspective d'avenir puisqu'il sera sollicité pour enquêter discrètement sur ce crime. Cette investigation secrète et réussie marquera le début de sa carrière... Une intrigue ingénieusement menée et relatée dans un style captivant.

  • Le Traité de Lisbonne (entré en vigueur le 1er déc. 2009) marque l'aboutissement d'un indispensable processus de révision des traités européens engagé dans les années quatre-vingt-dix. Il ne fait pas disparaître les traités en vigueur, mais se limite à les amender. Il a donc paru utile - pour bien en mesurer la portée - de réaliser un tableau comparatif des versions consolidées des traités européens. L'identification des sources de chacune des dispositions des nouveaux traités est, par ailleurs, indispensable aux praticiens du droit de l'Union, puisque la jurisprudence de la Cour de justice relative aux anciens traités reste applicable aux nouveaux.

    Cette quatrième édition, révisée et augmentée, comporte également les deux traités adoptés par certains Etats membres à la suite de la crise des dettes souveraines de la zone euro, à savoir le traité établissant le mécanisme européen de stabilité (MES) et le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire (TSCG), ainsi que le protocole relatif aux préoccupations du peuple irlandais, signé le 13 juin 2012. Elle tient compte de la modification de l'article 136 TFUE entrée en vigueur le 1er mai 2013, de celles résultant du traité d'adhésion de la Croatie, entré en vigueur le 1er juillet 2013 ainsi que du règlement du 16 décembre 2015 modifiant le protocole sur le statut de la Cour de justice de l'Union européenne et entré en vigueur le 25 décembre 2015.

  • Les héros d'hier ont cédé la place aux victimes d'aujourd'hui. La mémoire collective, hier uniquement dédiée aux vainqueurs, fait désormais une ample place aux vaincus. Des monuments leur rendent hommage, des cérémonies officielles, mais aussi de simples gestes privés rappellent leur mémoire. Ce qui peut sembler banal témoigne en fait d'un changement radical de vision du monde.
    Ce livre rassemble les meilleurs spécialistes pour étudier les manifestations de cette pratique à travers l'Europe : de l'Irlande à la Russie, de la Finlande à l'Espagne. Il tente aussi d'en comprendre les origines en réfléchissant sur un temps long. Des charniers de la Saint-Barthélémy à ceux de la Seconde Guerre mondiale, comment s'incarne donc cette mémoire victimaire, celle du sang des vaincus ?

    /> Textes de Annette BECKER, Mickaëi BERTRAND, Karine BIGAND, Florent BRAYARD, Maurice CARREZ, David EL KENZ, Claire GANTET, Alexandra GOUJON, Piot H. KOSICKI, Sophie LAMBROSCHINI, Jean-Clément MARTIN, Stéphane MICHONNEAU, François-Xavier NERARD, Ludolf PELIZAEUS, Kathy ROUSSELET, Youri SHAPOVAL, Taline Ter MINASSIAN, Jean VIGREUX.

  • Ce n'est pas par hasard si le compositeur John Zorn a choisi de nommer Tzadik, la maison de disques qu'il a fondée à New York en 1995 et qui arbore comme emblème la 18e lettre de l'alphabet hébraïque:

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